“La Fed sous pression politique, Jerome Powell sort de sa réserve” Eric Lafrenière, Sunny AM
Commençons par le récap de la semaine dernière. Qu'est-ce qu'il fallait retenir ?
Les marchés actions ont entamé la nouvelle année sur une dynamique très positive. La semaine dernière, les trois grands indices américains ont progressé de plus de 1,5 %. Avec un Dow Jones particulièrement en forme, en hausse de 2,3 %, signant son troisième record de clôture depuis le début de l'année. Un signal encourageant pour les investisseurs qui abordent 2026 avec un optimisme prudent, mais bien réel.
Inflation américaine et indicateurs avancés au cœur de l’agenda
On va maintenant passer au point macro cette semaine. Quels sont les points d'attention ?
Aujourd'hui, le rendez-vous clé sera la publication de l'inflation américaine pour le mois de décembre. L'indice des prix à la consommation est attendu en hausse de 2,7 % sur un an, un niveau inchangé par rapport à novembre, tandis que l'inflation sous-jacente pourrait légèrement accélérer. Les investisseurs regarderont également l'indice de confiance des petites entreprises attendu à 99,5 % ainsi que les ventes de logements neufs pour septembre et octobre. Mercredi, l'attention se portera sur les prix à la production avec une progression annuelle attendue là aussi à 2,7 %. Pour le mois de novembre, les ventes de détail seront également publiées et sont anticipées en hausse de 0,4 % sur un mois, confirmant une consommation américaine toujours résiliente. Enfin, mercredi, l'indice de confiance des promoteurs immobiliers, qui est attendu stable à 39, toujours inférieur au seuil de 50, traduit un climat encore fragile dans l'immobilier résidentiel.
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Côté micro, on est encore au début de la période des résultats, mais on va voir les premières publications, notamment des financières.
La semaine en cours va marquer le véritable coup d'envoi de la saison des résultats aux États-Unis. Les grandes banques vont ouvrir le bal, mais l'exercice s'annonce exigeant. Un nombre de valeurs financières évolue déjà à proximité de leur plus haut historique, laissant peu de place à la déception. Les publications commencent aujourd'hui avec Bank of New York Mellon et JP Morgan Chase. Mercredi, ce sera au tour de Bank of America, Citigroup et Wells Fargo de publier leurs chiffres. Jeudi, nous aurons BlackRock, Goldman Sachs et Morgan Stanley. Et enfin, vendredi, M&T Bank, PNC Financial Services, Regions Financial et State Street viendront clôturer la semaine.
Plafonnement des taux de cartes de crédit : un risque accru pour le secteur financier
On va maintenant passer au premier sujet de la semaine. Vous avez voulu mettre en avant le plafonnement des taux d'intérêt sur les cartes de crédit. Quel est l'impact de cette mesure ?
Vendredi, Donald Trump a surpris en appelant les sociétés de cartes de crédit à plafonner les taux facturés aux consommateurs. Dans un message publié sur Truth Social, il a évoqué un plafonnement à 10 % à compter du 20 janvier 2026 pour une durée d'un an. Les modalités restent floues, mais une telle mesure aurait un impact direct sur la rentabilité du secteur. À titre de comparaison, le taux moyen de carte de crédit aux États-Unis est aujourd'hui proche de 20 % et dépasse 30 % pour certaines cartes de magasins. Le niveau évoqué serait donc historiquement bas. Une proposition similaire avait déjà été formulée en 2025 sans succès. Les émetteurs de cartes génèrent pourtant des montants considérables d'intérêts et de frais, tandis que l'endettement moyen des ménages reste élevé. Il est annoncé pour être bien accueilli par les consommateurs, notamment dans un contexte de taux de défaut toujours élevé chez les emprunteurs les plus fragiles. Ce type de plafonnement pourrait n'être qu'un remède temporaire. L'expérience montre que lorsque les prêteurs ne peuvent plus ajuster leur taux au risque, l'accès au crédit se restreint, en particulier pour les ménages les plus modestes. Sur le marché, les valeurs exposées aux cartes de crédit ont été fortement pénalisées hier et la volatilité autour de ce secteur pourrait continuer dans les semaines à venir au fur et à mesure de la visibilité sur ces mesures.
Indépendance de la Fed : un nouveau facteur de volatilité pour les marchés
On va finir avec l'intervention de Jerome Powell la semaine dernière, qui est sorti de sa réserve pour se défendre contre les pressions politiques sur la Réserve fédérale. C'est assez rare de le voir dans cette posture.
Jérôme Powell a alerté ce week-end sur une situation inédite. La Fed pourrait faire face à des poursuites judiciaires après avoir refusé de céder aux pressions politiques sur les taux d'intérêt. Selon lui, une convocation du ministère de la Justice liée à une audition passée s'inscrit dans un climat de pression visant à influencer la politique monétaire alors que l'inflation reste au-delà de la cible de 2 %. Jérôme Powell dénonce un prétexte juridique et défend l'indépendance de la Fed, affirmant agir uniquement dans l'intérêt général. De son côté, Donald Trump nie toute implication directe, tout en critiquant le niveau de taux et accusant la Fed de dérive budgétaire, des accusations qui ont été maintes fois démenties par la banque centrale. Avec un mandat qui arrive à échéance en mai prochain, l'incertitude grandit autour de la gouvernance de la Fed. Certains élus républicains estiment même que le poste de président pourrait rester vacant tant que les questions juridiques ne seront pas tranchées, ajoutant une nouvelle source de volatilité potentielle pour les marchés. Fait important à noter, un certain nombre de personnalités aux États-Unis se sont manifestées en soutien à Jerome Powell et à la Fed hier.
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