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Analyses de marchés

Investir dans les infrastructures cotées pour répondre aux défis de demain. Alexis Audurier (Russell Investments)

30
May
2024
Les objectifs climatiques nécessitent des investissements massifs, et les États ont besoin de financements privés pour accompagner cette transition.

Alexis Audurier, Responsable des Ventes France de Russell Investments, nous explique comment la société de gestion investit dans cette opportunité au travers du fonds Global Listed Infrastructure depuis une quinzaine d’années.

Qu'est-ce qui différencie Russell Investments sur le marché de la gestion d'actifs ?

Alexis Audurier : La particularité de Russell Investments, c'est de gérer des fonds de mandat. Nous avons 40 analystes répartis dans le monde, chargés de sélectionner ce qu'ils considèrent être les meilleurs gérants en fonction des stratégies et des classes d'actifs. Ce qui nous distingue des fonds de fonds, c'est que nous allons traiter nous-mêmes les titres sélectionnés par ces gérants et les intégrer dans nos portefeuilles. Cela a plusieurs avantages. Le premier, c'est une plus grande transparence puisque nous avons une vue directe sur ces titres. Le deuxième, c'est une structure de coût plus attractive puisque nous ne rémunérons les gérants que pour leur génération d'idées. Et enfin, nous avons cette capacité à pouvoir sélectionner des gérants dans le monde entier en fonction de leur expertise, même s'ils ne sont pas commercialisés en Europe et a fortiori en France.

Qu'est-ce qui plaide en faveur des infrastructures cotées ?

AA : Les infrastructures sont une opportunité de croissance de long terme, tout le monde en conviendra. Mais ce que tout le monde n'a pas forcément en tête aujourd'hui, c'est l'ampleur des investissements nécessaires pour relever les défis futurs. Si nous prenons l'exemple de l'objectif des Nations Unies de zéro émission nette de gaz à effet de serre d'ici à 2050, cela implique 9200 Mds $ d'investissements par an, à l'échelle mondiale. Donc les États ne pourront pas financer à eux seuls ces investissements, ils auront besoin d'acteurs spécialisés. Ainsi, nous avons distingué quatre axes d'investissement majeurs, qui sont le changement climatique et la décarbonation, la digitalisation des économies, les transports et la logistique, et enfin la sécurité d'approvisionnement énergétique.

Quelles solutions proposez-vous ?

AA : Russell a une conviction de longue date dans les infrastructures puisque nous gérons le fonds Global Listed Infrastructure depuis maintenant plus de 15 ans. Et nous avons décliné également cette stratégie sur le non-coté via un fonds Evergreen récemment. Mais pourquoi aujourd'hui investir sur les actions d'infrastructure ? Plusieurs arguments. Le premier, c'est que vous avez des acteurs qui opèrent dans un univers consolidé. Cela leur permet d'afficher des résultats réguliers et surtout de distribuer des dividendes généreux avec un rendement de l'ordre de 4% voire plus. Vous avez ensuite une diversification dans ce secteur très forte aussi bien sectorielle que géographique et c'est là où l'expertise de Russell prend tout son sens puisque nous pouvons sélectionner des gérants spécialisés tels que Cohen & Steers, Nuveen ou First Sentier Investors. Ensuite vous avez une protection contre l'inflation, c'est une vertu redécouverte récemment. Et enfin, vous avez un aspect défensif dans ce secteur, et qui permet de protéger dans les phases de baisse, comme notamment en 2022, où pratiquement toutes les classes d'actifs étaient orientées à la baisse.

Quelles performances pour votre fonds ?

AA : Les infrastructures, et plus particulièrement notre fonds, avaient affiché une performance de plus de 3,6 %.

Est-ce un bon point d'entrée actuellement ?

AA : Cette corrélation, c'est souvent un reproche fait aux infrastructures. Mais il faut bien avoir en tête que cette corrélation négative s'avère assez ponctuelle dans le temps et elle tend à s'estomper sur le long terme. Par exemple, 2022. Les taux rebondissent fortement. Ça n'a pas empêché les infrastructures d'afficher des performances positives. Nous avons constaté que c'est à l'approche d'un pic de taux que le timing d'investissement est le plus favorable. Avec la BCE qui va baisser ses taux à priori au mois de juin et la Réserve fédérale à priori d'ici la fin de l'année, nous estimons le timing très favorable. Vous ajoutez à cela des fondamentaux et des valorisations très attractifs, vous avez de multiples raisons aujourd'hui d'investir et de vous exposer aux infrastructures.

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