“Iran : le risque d’enlisement inquiète” Léonard Cohen, Ginjer AM


La guerre en Iran, la nouveauté cette semaine, c'est la perception des marchés que le conflit peut durer plus longtemps.
Une perception de marché marquée par la crainte d’un conflit prolongé
C'est le moins qu'on puisse dire. On va dire que la «résistance iranienne» telle qu'elle est présente à nos yeux montre que ça peut durer plus longtemps, en tout cas dans l'esprit des investisseurs, et donc la peur d'un enlisement crée des perturbations nouvelles. Et du coup, on en revient aux raisons de la guerre, quels étaient les réels objectifs, et pour essayer de déterminer l'horizon, un horizon de temps connu, les perspectives. On voit bien qu'il y a de l'incertitude un peu partout, mais surtout puisque c'est la zone qui produit le plus de pétrole, que le transport maritime est impossible, il y a des inquiétudes sur de nombreux points. Et bien évidemment, plus ça dure, plus ça inquiète. Les premiers touchés, ce sont les cours du pétrole et les prix du gaz.
Est-ce que c'est des prix sur lesquels on peut se projeter à moyen terme ?
Des marchés de l’énergie sous tension mais des mouvements à relativiser
Dans l'esprit collectif, ça donne toujours une tendance et ça agite le chiffon rouge. Il faut se souvenir qu'en 2020, au moment du Covid, l'impossibilité d'avoir, suite à des productions très importantes, des zones de stockage a amené à ce que le pétrole a atteint un prix négatif. Vous vous souvenez de cela ? C'était un prix négatif. Le moindre investisseur qui eut pris ce niveau comme une donnée pour le long terme, il aurait été pris à son propre jeu et il ne s'en est jamais remis. Ce n'est pas du tout comme ça qu'il faut envisager les choses. On est face à des réactions épidermiques. Regardez d'ailleurs le pétrole, ce qui se passe en deux jours, ça monte très fort et tout le monde s'inquiète. Ça revient et les marchés boursiers ne reviennent pas. Par contre, ça exprime une nervosité, une tendance bien sûr. Et la nouveauté, c'est bien sûr l'attaque des unités de production et donc le sentiment que ça peut être, par ces coupures d'approvisionnement, durable. Voilà pourquoi ça inquiète. Après, utiliser le prix en tant que tel pour fixer un scénario moyen terme. Là pour le coup, si c'est ça, regardez le prix du gaz, il a monté beaucoup, mais regardez ce qui se passait en 2021, 2022 déjà, et bien sûr pendant tous les événements en Ukraine qui ont suivi, il était 5, 6, 7 fois plus élevé ce prix du gaz, donc il y a beaucoup de choses à relativiser.
On a eu des premiers signes "d'objectifs accomplis" de certaines des parties. Est-ce que cette guerre pourrait s'interrompre aussi vite qu'elle a démarré ?
Un scénario de sortie rapide toujours possible malgré les tensions
Ça reste une possibilité. On peut avoir beaucoup de surprises. Hier soir, le Premier ministre israélien a évoqué le fait que les objectifs militaires initiaux, les premiers, étaient atteints. Il a évoqué le fait très directement hier que ces objectifs étaient atteints. Du jour au lendemain, les acteurs que sont les Américains et les Israéliens pourraient décider de façon unilatérale que, de leur côté, c'est terminé. Ce serait bizarre, ce serait étonnant par rapport à la situation, mais ça pourrait très bien arriver. De notre côté, en tout cas, nous ne nous affolons pas, c'est-à-dire qu'il n'y a pas eu de dislocation suffisante, entre guillemets, pour déclencher l'idée qu'on est parti pour quelque chose qui transforme les scénarios de très long terme. On a des chocs à court terme, on en a eu beaucoup, ça en est éteint à nouveau, mais il faut rester pour l'instant très calme et j'espère qu'on aura de bonnes raisons de voir les choses un peu mieux dans quelques jours.
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