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Analyses de marchés

Placement : quel bilan faire à la mi-année ? (Pictet AM)

6
Jun
2024
L’IA est toujours incontournable. L’Europe peut offrir d’intéressants rendements à court terme. Surtout, ne négligez pas le non-coté.

Les marchés des actions ont fortement augmenté depuis le début d’année sous l’effet de la vague IA-Nvidia. C’est désormais incontournable d’avoir ces valeurs en portefeuille. Mais il ne faut pas, pour autant, délaisser les autres marchés. L’Europe s’en sort plutôt bien tandis qu’investir directement dans les entreprises non cotées (le private equity) fait de plus en plus d’adeptes. Retour en arrière à la mi-année et pistes d’investissement pour les six prochains mois.


Hégémonie de l’IA


L’intelligence artificielle est toujours le moteur d’évolution des bourses. Les résultats des entreprises pour le premier trimestre ont montré qu’il y a essentiellement deux axes de développement immédiats :
Les infrastructures IA. C’est le segment le plus porteur. Meta (ex-Facebook) a annoncé une hausse de ses dépenses d’investissement de 40 milliards de dollars dans le domaine cette année. Même chose pour Amazon qui mise sur les centres de données.
L’IA générative. C’est une IA qui est en mesure de créer du texte, des images et de la musique (ChatGPT, Midjourney etc.). Tous les épargnants ont essayé de dénicher la pépite boursière qui pourrait capturer au mieux cette innovation technologique. Il ne fallait pas chercher bien loin. C’est au niveau de la publicité numérique qu’il y a les applications les plus concrètes et monétisables de l’IA générative (Google, par exemple).
Parmi toutes les entreprises cotées en bourse et positionnées sur l’IA, la société américaine Nvidia est celle qui se démarque le plus. Il y a moins de quinze jours, elle a annoncé de solides résultats trimestriels qui, une fois n’est pas coutume, ont dépassé les attentes des analystes. Elle est incontournable, en particulier sur le segment des infrastructures IA. Cela faisait longtemps que l’économie mondiale n’avait pas été aussi dépendante d’une seule entreprise. Son importance est certainement comparable à celle de la Compagnie des Indes orientales au XVIIème siècle. Voici quelques chiffres pour appréhender au mieux le phénomène Nvidia :

L’entreprise a représenté 11% du la performance du S&P 500 au cours des douze derniers mois. Elle a représenté respectivement 42% et 37% de la croissance des bénéfices par action du S&P 500 au T3 et au T4 2023. Depuis octobre 2022, l’action de Nvidia a augmenté de 750%.

Évidemment, une telle hégémonie pose question à long terme. Mais à court terme, ce n’est pas rare d’avoir une entreprise ou une poignée d’entre elles qui exerce une domination sur le marché dans les phases d’amorçage d’une révolution industrielle. C’est justement ce à quoi nous assistons actuellement avec l’intelligence artificielle. Dans l’immédiat, nous ne voyons pas quel acteur pourrait fragiliser l’assise de Nvidia, surtout après son récent partenariat avec Dell Technologies qui devrait permettre au groupe de passer à la deuxième phase de la révolution de l’IA, celle de la démocratisation. L’accord va permettre aux entreprises de toutes les tailles d’avoir accès à une seule solution IA de bout en bout, de la périphérie jusqu’au cœur du cloud, à un prix abordable. Ce n’est qu’une question de temps avant que ce soit commercialisable à grande échelle.  


L’Europe en embuscade


En Europe, difficile de trouver des entreprises cotées positionnées sur l’IA. Ce n’est pas pour autant qu’il faut délaisser les actions de cette zone géographique. D’ailleurs, les investisseurs institutionnels reviennent. Selon la dernière enquête sur les gérants de fonds de Bank of America, on observe une rotation des flux de capitaux des États-Unis vers l’Europe. C’est amener à s’intensifier pour deux raisons principales :
La valorisation des actions européennes est nettement inférieure à celle des actions américaines et se situe à des niveaux historiquement bas. C’est le cas des secteurs bancaires et automobiles qui se négocient à leurs plus bas depuis la crise de la dette souveraine de la zone euro, par exemple.
Les actions européennes ont souvent été négligées à tort ces dernières années. L’incroyable performance boursière d’UniCredit qui rivalise presque avec celle de Nvidia depuis le changement de PDG (15 avril 2021) prouve que les rendements peuvent être au rendez-vous, à condition d’être sélectif évidemment.
Est-ce que le retour des investisseurs est durable ? Nous pensons qu’il s’agit d’un positionnement tactique (donc à court terme) à l’inverse de l’IA qui est un thème d’investissement à long terme.


Le private equity : kesako ?


Un dernier angle d’investissement pour les épargnants qui se développe est le non-coté (ou private equity). Cela consiste à investir dans des entreprises – PME, ETI, startups – qui ne sont pas cotées en bourse. Pendant des décennies, ce type d’investissement était réservé aux initiés – institutionnels et épargnants les plus aisés. L’investissement de départ était, en moyenne, supérieur à plusieurs millions d’euros (au bas mot). Heureusement, de nouveaux acteurs sont apparus depuis quelques années pour démocratiser et évangéliser. Désormais, avec un capital de départ compris entre 10 000 et 100 000 euros, il est possible d’investir dans le private equity…avec potentiellement des gains importants à la clé !

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