Pictet AM s'appuie sur une exposition mondiale pour développer ses stratégies long/short
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Avec 25 Md€ d’encours en gestion alternative et près de 70 gérants et analystes mobilisés, Pictet Asset Management s’appuie sur un réseau international pour développer ses stratégies long/short. Dans des marchés plus fragmentés, la société de gestion revendique une approche mondiale et des expertises différenciantes sur les actions comme sur les marchés obligataires.
Yann Louin, Senior Sales Manager chez Pictet Asset Management, Thomas d'Hauteville, fondateur de la Financière d'Hauteville et Paul Mary, CIF et conseiller chez Savinianne
Avant toute chose, un mot de présentation de Pictet Asset Management. Qu'est-ce que ça représente aujourd'hui ?
Yann Louin : Pictet AM est une filiale du groupe Pictet, qui a été fondé en 1805, qui a encore l'avantage d'être indépendant. Pictet est à la fois détenu et dirigé par un collège de sept associés, dont l'associé senior est Marc Pictet. C'est donc un groupe familial international, suisse à l'origine, qui pilote aujourd'hui environ 790 milliards d'euros d'actifs. Il exerce quatre grandes activités : la gestion de fortune, qui est le métier historique de Pictet depuis un peu plus de 200 ans ; la gestion de fonds d'investissement, avec une spécialité notamment sur la gestion thématique et la gestion alternative ; puis deux activités un peu moins connues du groupe Pictet : l'activité de dépôt d'actifs et l'activité de gestion non cotée de private assets, qui est en fort déploiement ces dernières années.
Quelles stratégies alternatives Pictet AM met-il en avant ?
Paul Mary : Ma première question concerne l'univers alternatif dans son ensemble, qui est assez large. Quelles sont les stratégies disponibles sur le marché et quelles sont celles que vous mettez en avant en ce moment ?
Yann Louin : La gestion alternative chez Pictet, c'est une histoire qui remonte à 2004. Nous avons déployé des stratégies pour alimenter notre réservoir de solutions d'investissement. Nous avons notamment déployé des stratégies alternatives long/short. Il existe tout un panel de stratégies : event-driven, CTA, long/short. Nous avons notamment déployé des stratégies long/short. Au travers d'une première stratégie qui s'appelle Atlas, qui est une stratégie assez simple dans sa composition : une stratégie long/short actions internationales. L'idée est de profiter de l'exposition mondiale du groupe et de cette expertise en matière de stock-picking pour proposer aussi une alternative à la gestion thématique, qui est long only, avec des niveaux de volatilité un peu plus élevés. Puis nous avons progressivement élargi cette expertise sur des zones géographiques spécifiques avec Mandarin, qui est une stratégie long/short exposée au marché chinois, avec des stratégies un peu plus spécifiques dans leur organisation. Nous avons déployé Lotus, qui est une stratégie event-driven Asie-Pacifique. Puis, plus récemment, nous avons repositionné une stratégie qui s'appelle Sirius, exposée aux taux et devises des pays émergents, avec un focus tout particulier sur les économies frontières. L'idée a toujours été de proposer des stratégies complémentaires qui apportent de la différenciation dans les allocations.
Comment Pictet AM se différencie-t-il sur la gestion alternative ?
Thomas d'Hauteville : Par rapport à ces différentes stratégies alternatives, on comprend que ce n'est pas une mode chez vous, cela existe depuis de nombreuses années. Qu'est-ce que cela représente en termes d'encours, d'équipes de gestion, par rapport justement à la fameuse gestion thématique ?
Yann Louin : En termes d'encours, cela représente environ 25 milliards d'actifs gérés aujourd'hui chez Pictet. En termes d'équipes de gestion, si on prend une vision large, c'est environ 70 gérants et analystes qui sont mobilisés, puisque les équipes de gestion s'appuient sur des relais à l'international. Quand on évoque l'équipe Mandarin, basée à Hong Kong, elle s'appuie aussi sur des analystes qui travaillent pour des équipes long only sur les marchés asiatiques. Philippe Petit, qui pilote la stratégie Sirius, s'appuie également sur des relais locaux puisque nous sommes présents dans 31 pays à travers le monde. Nous avons donc cette capacité à disposer d'un réseau opérationnel mondial et à avoir des relais à la fois chez Pictet mais aussi en dehors de Pictet, avec des collèges d'experts, des partenariats et différentes associations que nous avons mises en place.
Paul Mary :
Pourquoi la dispersion des marchés favorise-t-elle les stratégies long/short ?
Yann Louin : Nous sommes dans un contexte de marché assez particulier, avec des marchés très fragmentés. Il existe énormément de dispersion dans les performances, à la fois entre les secteurs, entre les régions, mais également à l'intérieur même des secteurs. Il y a parfois des écarts de performance très importants entre deux concurrents d'un même secteur d'activité. C'est donc un terrain de jeu particulièrement favorable pour la gestion long/short, notamment la gestion long/short actions. Nous le constatons depuis la fin du Covid : il y a énormément de dispersion, de fragmentation de marché et de surréactions. On l'a encore vu récemment avec la publication de Broadcom. Broadcom publie d'excellents résultats mais perd 15 % dans la foulée. Son concurrent Marvell gagne 20 %, puis l'inverse se produit le lendemain. Il y a donc énormément de mouvements de court terme qui s'expliquent aussi par des prises de position avec des effets de levier importants, créant ces surréactions de marché qui constituent autant d'opportunités pour les gestions long/short.
Comment Pictet AM se différencie-t-il sur la gestion alternative ?
Thomas d'Hauteville : Dans ce contexte particulièrement incertain, comment vous différenciez-vous de vos principaux concurrents, que ce soit sur la partie actions ou obligataire ?
Yann Louin : Nous nous différencions d'abord par l'univers d'investissement traité. Généralement, les solutions long/short déployées sur le marché français sont des solutions françaises ou européennes. Chez Pictet, nous avons l'avantage de pouvoir investir dans le monde entier. Nous avons ainsi une solution mondiale avec Atlas. Concernant Sirius, nous proposons une stratégie unique, exposée aux taux et devises des marchés émergents avec un focus particulier sur les économies frontières. Il n'existe aujourd'hui aucun concurrent identifié sur ce type de stratégie, avec en plus la capacité d'être market neutral et de travailler sur les trois composantes de la performance : le carry, les spreads et les devises.
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