Atlas et Sirius : deux stratégies alternatives aux profils complémentaires

Exposition nette, diversification, marchés émergents et choix sectoriels : Yann Louin, Senior Sales Manager chez Pictet Asset Management, revient sur les caractéristiques d'Atlas et de Sirius, deux fonds alternatifs conçus pour répondre à des objectifs de performance et de diversification différents. Avec Thomas d'Hauteville, fondateur de la Financière d'Hauteville et Paul Mary, CIF et conseiller chez Savinianne.
Voir la partie 1 de la Table Ronde de Pictet AM : Pictet AM s'appuie sur une exposition mondiale pour développer ses stratégies long/short
Sirius et Atlas, ce sont les deux stratégies alternatives phares du moment chez Pictet AM. De quoi s'agit-il et comment sont-elles gérées ces deux stratégies ? On est dans la deuxième partie de ce Face au Marché consacré à Pictet AM.
Atlas et Sirius reposent sur deux approches de gestion complémentaires
Thomas d'Hauteville : Pour entrer un peu plus dans le détail des stratégies, quelles sont les grandes lignes internes politiques de gestion, c'est-à-dire tout ce qui est exposition nette, exposition brute, même exposition géographique, même si on l'a déjà évoqué de ce sujet, pour ces deux stratégies ?
Yann Louin : Encore une fois, ce sont deux stratégies bien distinctes, très complémentaires dans leur composition. Atlas est une stratégie qui a un léger biais positif. Historiquement, la moyenne de l'exposition nette est d'environ 20 %, donc c'est un fonds qui est directionnel, dont l'exposition nette a évolué globalement entre 0 et 50 % depuis 2016. Et c'est une stratégie qui a un avantage tout particulier, c'est qu'elle n'a pas de contraintes d'exposition, que ce soit géographique, en termes de capitalisation ou alors en termes de secteur d'activité traité. Donc la stratégie peut s'exposer à tout type de secteur d'activité dans le monde entier, avec beaucoup de réactivité, de mobilité et de tacticité dans sa gestion. Et c'est le principal avantage d'Atlas. Concernant Sirius, on est sur une stratégie qui est complètement agnostique au risque. C'est-à-dire que c'est une stratégie market neutre, qui va travailler, comme je le disais à l'instant, sur trois composantes : le carry, puisque nous travaillons en devise locale, les spreads et la devise. Les trois composantes sont gérées indépendamment avec un bêta neutre pour chacune d'entre elles. Donc nous avons une stratégie qui, d'une part, est complètement décorrélée de l'ensemble des classes d'actifs et des principaux indices de marché, qu'ils soient actions, obligataires, émergents ou internationaux. Et puis nous avons un parcours de performance qui est complètement isolé du contexte de marché, qui est imperméable au bruit de marché. C'est tout l'avantage de cette stratégie-là : elle est parfaitement complémentaire à une autre stratégie comme Atlas.
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Les marchés émergents renforcent la diversification de Sirius
Paul Mary : En quoi la stratégie de Sirius est-elle différenciante par rapport à un fonds de portage obligataire plus traditionnel et pourquoi vous exposez-vous plus particulièrement sur les marchés émergents ?
Yann Louin : Les marchés émergents, globalement, sont corrélés au dollar. C'est-à-dire que lorsque le dollar baisse, les marchés émergents, en tout cas les actifs émergents, que ce soit sur la partie actions ou obligataire, ont tendance à progresser. Ça se vérifie dans la majorité des cas. C'était le cas en 2025, par exemple : recul du dollar, surperformance des stratégies émergentes. Ce n'est pas le cas des économies frontières parce qu'elles ne sont pas corrélées au dollar. Donc ça, c'est un premier levier de diversification, de décorrélation. C'est-à-dire que nous avons des pays qui ne sont pas corrélés au dollar, donc qui ont un parcours de performance un petit peu plus isolé du reste du marché. La deuxième chose, c'est que nous travaillons, comme je le disais, indépendamment le carry, les spreads et les devises. Nous sommes dans une situation aujourd'hui où les taux réels sont particulièrement élevés dans les pays émergents et frontières. C'est une situation qui est plutôt favorable. Et puis nous sommes également dans une situation où il y a énormément de réorganisations dans certains pays qui, d'une part, ont l'avantage d'être moins endettés. Lorsqu'on regarde les économies émergentes, globalement, en moyenne, on doit être entre 60 et 70 % de dette sur PIB. Les pays du G20, c'est environ 120 %. Et puis nous avons des pays qui, globalement, sont plutôt exportateurs de matières premières, donc qui ont moins souffert de la crise actuelle, qui sont sortis plus rapidement de la crise Covid, qui ont su gérer leur inflation, revoir leur politique budgétaire aussi. Et ce que nous regardons dans ces pays-là, c'est la capacité des économies à gérer leurs dépenses, à gérer leurs recettes fiscales et à profiter de ce moment pour améliorer leur notation et redéfinir leur politique budgétaire, ce qui est plutôt avantageux lorsqu'on est investisseur.
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Atlas accompagne l'élargissement de la dynamique boursière mondiale
Thomas d'Hauteville : Sur l'exposition actuelle nette d'Atlas, j'ai l'impression qu'on est autour de 20 % aujourd'hui. Et sur le type de valeurs qui est privilégié, quels types de secteurs en particulier sont mis en avant aujourd'hui par les gérants ?
Yann Louin : Depuis le début de l'année, nous sommes principalement exposés au secteur technologique, au secteur industriel et à quelques valeurs énergétiques. Ce sont les trois secteurs qui ont été privilégiés dans le portefeuille. Ça fonctionne bien. En tout cas, ce sont des secteurs qui ont eu tendance à plutôt bien progresser. Secteur technologique : nous avions pour habitude d'être investis sur les principaux acteurs que l'on connaît tous, les principaux acteurs américains. Nous avons commencé à nous déployer sur d'autres régions et sur d'autres acteurs peut-être moins en vogue ces dernières années. D'autres régions, je pense à la Corée notamment, avec le sujet des mémoires RAM. Vous savez qu'il y a un goulot d'étranglement sur les mémoires RAM aujourd'hui. C'est un vrai sujet pour le marché. D'ailleurs, c'est ce qui a permis à Micron de publier aussi bien la semaine dernière. Et donc des entreprises comme SK Hynix, comme Samsung, ont intégré le portefeuille. Nous avons également élargi le portefeuille à la Chine avec des valeurs comme Tencent, par exemple. Et puis à l'Europe aussi : ASML fait partie du top 10 aujourd'hui. Donc nous avons vraiment accompagné ce fameux broadening de marché, ce déploiement des performances au-delà des Sept Magnifiques et au-delà du continent américain.
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