"Rentrée…du cash !"


Comme tous les lundis, le podcast de Christian Bito"L'humeur hebdo". Cette semaine : entre pression sur les taux, inflation toujours élevée, tensions sur le pétrole et résultats d’entreprises solides, plusieurs facteurs expliquent pourquoi les marchés résistent à l’approche de la rentrée.
La demande de capitaux maintient la pression sur les taux
Rentrée du cash, c'est le mot d'ordre de cette rentrée des classes. Besoin énorme de trouver des liquidités, c'est la préoccupation des marchés. Néanmoins, ils tiennent relativement bien. Voyons pourquoi. La demande de capitaux est croissante, c'est un fait. Les investissements dans l'IA, pour la défense, la cybersécurité et les déficits budgétaires qui n'ont pas diminué. Même l'Allemagne devrait atteindre cette année un déficit de 3,1 % du PIB. Le Japon, 3,7 %, les USA, 5,8 %, la France, environ 5,2 % de son PIB pour 2026. Ah, qu'il est loin le critère de Maastricht à 3 % ! Pourtant, la sanction d'une telle demande de dette devrait être une hausse importante des taux. Et bien qu'ils aient récemment augmenté, ce n'est pas dans une proportion comparable au krach de 2022. Le 10 ans américain flirte avec son plus haut de 2008 à 4,73 %, comme le français à 4,11 %, le japonais à 2,92 % ou l'allemand à 3,28 %.
Inflation américaine : la Fed reste prudente après Jackson Hole
Plusieurs facteurs tempèrent les tensions à la hausse des taux cette semaine. L'indice PCE d'inflation aux États-Unis reste étal, 3,7 %, tout comme l'indice PCE core, hors prix de l'énergie, à 3,3 %. Cela a un peu déçu car l'inflation CPI baissait légèrement, elle, en juillet. Au moins, elle ne monte pas.
À Jackson Hole, Kevin Warsh cite ces chiffres mais se déclare toujours préoccupé qu'ils soient loin de l'objectif à 2 %, nous préparant probablement à 0,25 % de hausse des taux directeurs de la Fed.
Pétrole et Iran : les tensions se calment sur les marchés
Ensuite, la flambée des cours du pétrole Brent au-dessus de 90 dollars s'est un peu calmée. L'or noir termine tout de même vendredi vers 88. Ce n'est pas terminé. Les mesures annoncées par Scott Bessent, le patron du Trésor, à l'encontre de l'Iran sont plutôt modérées. Les investisseurs peuvent donc penser que les États-Unis cherchent toujours une issue négociée. Et surtout, du cash, il y en a. Les taux d'épargne ne diminuent pas dans le contexte actuel. Aux USA, il passe de 2,6 à 3 %. Et les marchés d'actions restent portés par de la croissance. Les derniers indicateurs sont encore positifs, comme l'IFO allemand qui remonte à son plus haut depuis un an.
Les résultats des entreprises ont été exceptionnels. NVIDIA, la plus grosse société cotée, clôture les publications avec un chiffre d'affaires qui a doublé, tout comme son bénéfice. Le match croissance contre taux d'intérêt nous réserve des moments intenses. Passionnant pour cette rentrée des actifs. Et comme à l'école, les premières notes tombent avec un A+ maintenu pour la France chez Fitch. Les taux 10 ans français sont déjà environ 0,85 de plus que les allemands.
Voir aussi : Croissance contre dette, ce qu’il faut retenir de l'été sur les marchés
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