« Défense : au-delà de l’effet de mode, un savoir-faire structuré »

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Jérôme Rusak
Henri Marcoux, Tikehau Capital, Lissa Wilms d'Angage Finance et Jérôme Rusak, Groupe Rayne

De nombreuses sociétés de gestion investissent sur le thème de la Défense, Tikehau Capital met en avant une expertise bâtie depuis plusieurs années. Avec plus de 2,5 milliards d’euros d’encours dédiés, 30 entreprises en portefeuille et un accompagnement actif des PME et ETI de la BITD, le groupe s’inscrit dans une logique industrielle et patrimoniale durable.  

Avec Henri Marcoux, Directeur Général adjoint de Tikehau Capital, Lissa Wilms, Directrice Générale d'Angage Finances et Jérôme Rusak, Président du Groupe Rayne.

Voir ou revoir la partie 1 de la table ronde : Souveraineté, Défense, investir face au retour des enjeux géopolitiques

Voir le "Face au Marché" complet : Investir au cœur de la souveraineté européenne

Un thème défense et sécurité très prisé par les sociétés de gestion

La Défense et la sécurité, thème très prisé des sociétés de gestion en ce moment. Expertise forte de Tikehau Capital. Avec quel dispositif et quel positionnement ?

Pourquoi investir dans la défense via Tikehau Capital

Jérôme Rusak : Il y a de nombreux gérants qui nous proposent d'investir sur le thème de la Défense. Pourquoi nos investisseurs, sur nos conseils, devraient investir via vos bons soins ?

Une antériorité et un dispositif structurant depuis 2018-2019

Henri Marcoux : Depuis le début de l'année 2025, de nombreux acteurs se sont intéressés au secteur de la Défense, ce qui est très bien pour l'écosystème. Après, ce que nous avons mis en place, nous, date aujourd'hui de 2018-2019. C'est-à-dire que dès 2020, nous avons mis en place un certain nombre de fonds à destination des institutionnels, traitant justement du secteur aéronautique civil et Défense, de cette fameuse dualité que nous avons évoquée précédemment. Et donc nous avons mis en place un schéma opérationnel. Ce sont plus de 30 professionnels aujourd'hui de l'investissement qui déploient du capital. Nous gérons un peu plus de 2,5 milliards d'encours. Nous avons investi 1 milliard dans les cinq dernières années. Nous avons en portefeuille 30 entreprises. C'est plus de 25 000 salariés. Des professionnels de l'investissement, également des accords qui ont été noués avec les quatre grands donneurs d'ordre de cette industrie, Airbus, Dassault, Thales, Safran notamment, et puis plus d'une vingtaine d'experts, soit d'anciens de cette industrie, l'ancien directeur des programmes A350 Didier Evrard, ou d'anciens militaires, d'anciens chefs d'état-major de l'OTAN, qui travaillent à nos côtés pour justement nous aider à naviguer dans ce système de Défense. On est un peu bilingues, c'est-à-dire qu'on fait le lien entre, d'un côté, cette industrie et toutes ses spécificités, parce qu'elles sont nombreuses, cette dualité, et puis, de l'autre côté, le monde de la finance.

Organisation des équipes et différenciation dans la gestion des fonds défense

Lissa Wilms : Justement, moi, j'aurais voulu en savoir un peu plus sur comment est-ce que gèrent vos équipes ces investissements dans le domaine de la Défense et de la sécurité et qu'est-ce qui distingue votre gestion, votre organisation des autres acteurs de la place et des autres fonds en conséquence.

Henri Marcoux : Le premier point, on l'a dit, je pense que c'est avant tout l'antériorité. C'est vrai qu'aujourd'hui, tout cet écosystème que nous avons mis en place, il date de 2020. Donc déjà, nous avons pu connaître un certain nombre de cycles et comprendre comment ces cycles fonctionnaient. Deuxième élément, c'est l'ensemble des équipes au sein de Tikehau, donc ces 30 professionnels de l'investissement qui déploient du capital. Le troisième élément, c'est ce partenariat que j'évoquais il y a un instant avec l'ensemble des grands donneurs d'ordre qui sont eux-mêmes investis dans nos fonds. C'est important de dire que ces quatre donneurs d'ordre aujourd'hui ont plus de 400 millions exposés dans l'ensemble des fonds. Partenariat également avec la BPI, la Caisse des dépôts, qui ont investi plus de 300 millions d'euros dans les fonds que nous gérons, et puis ces experts opérationnels qui viennent compléter justement ce savoir-faire. C'est vraiment important de comprendre, quand on intervient sur l'ensemble de ces secteurs, quelles sont les technologies sur lesquelles il faut se positionner, quels sont les programmes qui vont être mis en avant, là où il y a aussi des enjeux de changement de génération. Donc nous, notre rôle, l'ensemble de ces équipes sont là pour identifier quelles sont les bonnes technologies, les sachants. Donc typiquement, on est venu racheter il y a quatre ans une société qui s'appelle Elvia, qui fait les cartes électroniques du Rafale, sur lesquelles nous avons mis à disposition des moyens importants, plusieurs augmentations de capital, afin de leur permettre justement de doubler leur capacité de production. Donc c'est tout cet écosystème dans lequel nous naviguons, avec l'ensemble de ces équipes et de ces partenariats.

Besoins de financement dans la supply chain de la défense et de l’aéronautique

Jérôme Rusak : Très concrètement, de quel type d'investissement ont besoin les entreprises de ce secteur ? Et du coup, comment vous y répondez ?

Henri Marcoux : Ce secteur, et c'est ce qu'on appelle toute la supply chain, toute la chaîne de valeur des secteurs de l'aéronautique civile qu'on évoquait, du secteur militaire, toutes ces entreprises aujourd'hui font face à des besoins énormes. C'est-à-dire que les fondamentaux qu'on a évoqués se traduisent par des carnets de commandes très importants sur le civil, plus de 15 000 avions en commande entre Airbus et Boeing. Sur le militaire, on peut citer le Rafale. Plus de 240 avions en commande. On n'en a produit que 21 l'an dernier. Et par conséquent, on fait face aujourd'hui à de gros besoins sur toute la chaîne de valeur, sur cette fameuse BITD. Vous en entendez souvent parler. C'est 4 000, 4 500, 5 000 entreprises. Et donc toutes ces entreprises, aujourd'hui, elles font face justement à des montées de cadence. Elles ont besoin de capitaux propres. Ces entreprises sont souvent familiales, elles font face à des enjeux de transition générationnelle, elles doivent se structurer, et donc toutes nos équipes sont là pour leur apporter non seulement des capitaux, mais également un véritable savoir-faire. C'est-à-dire que, généralement, nous travaillons avec elles pour renouveler un certain nombre d'équipes quand c'est nécessaire, direction commerciale, direction technique, direction financière, pour les aider à mieux appréhender ces enjeux justement de montée en cadence, mais également ces enjeux auxquels elles peuvent faire face de transition générationnelle, de nouveautés dans des programmes.

Création de valeur au-delà du capital investi

Lissa Wilms : Justement, pour continuer sur les enjeux de supply chain, les experts qui sont à vos côtés sur la Défense et la sécurité viennent vous aider, au-delà de l'apport de capitaux, à structurer tout ça, à apporter de la valeur au-delà du capital ?

Henri Marcoux : Exactement. Alors nous, en tant qu'investisseurs, notre rôle, il est multiple. Il est d'abord d'identifier de bons investissements. Ça, c'est tout ce qu'on va faire en amont en termes de due diligence, de connaissance du secteur. Mais une fois que nous devenons actionnaires d'une entreprise, je le disais tout à l'heure, on a un peu plus d'une trentaine d'entreprises en portefeuille, il faut les aider à travailler. Donc l'ensemble du setup que j'évoquais, les 30 professionnels de l'investissement, les 20 experts opérationnels, vont travailler au quotidien sur l'ensemble des problématiques, que ce soit des problématiques de développement du chiffre d'affaires, des problématiques de coûts quand il y en a, des problématiques de croissance un peu à l'international, c'est tous ces travaux qui vont être effectués.

Défense : risque de bulle ou fondamentaux structurels ?

Jérôme Rusak : On voit une forme d'emballement quand même sur la Défense, il n'y a pas un risque de bulle si tout ça s'aplanit finalement ?

Henri Marcoux : Moi, je ne pense pas, parce que quand on regarde d'un œil extérieur, on se dit qu'est-ce qui se passe ? Des fondamentaux qui sont très bons, du coup des carnets de commandes qui sont remplis, je le disais sur l'aéronautique civile, plus de 12 ans de production, similaire sur le militaire. Donc aujourd'hui, les besoins sont là. Clairement, les besoins sont là et c'est structurel, ce n'est pas conjoncturel. Et donc il y a de véritables enjeux autour justement de déployer du capital sur ces besoins.

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