L’épargne salariale atteint un encours record de 200 milliards d’euros en France

Publiée en 2025, l’enquête annuelle de l’Association française de la gestion financière montre qu’à fin 2024, l’épargne salariale a atteint en France un encours record de 200 milliards d’euros, confirmant la progression continue de ces dispositifs depuis plus de quinze ans.
Une dynamique de croissance ininterrompue depuis quinze ans
En 2024, les encours de l’épargne salariale et de l’épargne retraite collective d’entreprise ont progressé de 6,5 % sur un an. Cette hausse s’inscrit dans une tendance de long terme, avec une croissance moyenne supérieure à 6 % par an observée depuis une quinzaine d’années.
Près de 13 millions de salariés disposent désormais d’au moins un mécanisme de partage de la valeur au sein de leur entreprise. Environ 6 millions de salariés ont alimenté ces dispositifs en 2024, pour un versement moyen de 3 600 euros. Les flux issus de la participation et de l’intéressement se sont établis, en moyenne, à environ 1 900 euros chacun.
Les plans d’épargne entreprise concentrent l’essentiel des encours
Les plans d’épargne entreprise constituent le socle de l’épargne salariale en France. Leur encours s’est élevé à 166 milliards d’euros en 2024, en progression de 4,9 % sur un an. Ces montants se répartissent entre les fonds diversifiés, qui totalisent 96 milliards d’euros, et les fonds d’actionnariat salarié, qui atteignent 70 milliards d’euros.
Les fonds diversifiés poursuivent leur montée en puissance et représentent désormais 65 % des encours d’épargne salariale et retraite, avec un total de 130 milliards d’euros en hausse de 11,5 % sur un an. À l’inverse, les fonds d’actionnariat salarié ont enregistré un léger recul de 1,6 % en 2024, lié à des prises de bénéfices après plusieurs années de progression.
L’épargne retraite collective poursuit sa montée en puissance
L’épargne retraite collective d’entreprise affiche une croissance particulièrement soutenue. Les encours des PERCO et des plans d’épargne retraite d’entreprise collectifs ont dépassé 34 milliards d’euros à fin 2024, en hausse de 14,9 % sur un an.
Les PER d’entreprise collectifs s’imposent progressivement comme le dispositif de référence et représentent désormais environ 80 % des encours des produits d’épargne retraite collective en comptes-titres. La gestion pilotée continue de s’imposer comme le mode de gestion privilégié, choisie par 68 % des épargnants, pour un encours supérieur à 13 milliards d’euros, en progression de près de 19 % sur un an.
Une allocation de plus en plus orientée vers l’économie productive
L’évolution des allocations traduit un renforcement du rôle économique de l’épargne salariale. Au sein des fonds diversifiés, la part des supports monétaires poursuit son recul de long terme, tandis que la part des fonds actions progresse sensiblement.
Les portefeuilles d’épargne salariale restent largement investis dans l’économie productive, avec 62 % d’actions et 13 % d’obligations d’entreprises. Environ 75 % de l’épargne salariale finance directement les entreprises. Les investissements privilégient majoritairement les émetteurs français, qui représentent 56 % des encours globaux et 65 % des encours actions.
Des performances solides sur longue période
Sur les quinze dernières années, la gestion pilotée affiche des performances globalement robustes malgré des contextes de marché contrastés. La performance totale nette de frais varie de 38,4 % pour les profils prudents à plus de 111 % pour les profils dynamiques.
En rythme annualisé, les profils prudents enregistrent une performance de 2,2 % sur quinze ans, contre 3,7 % pour les profils équilibrés et 5,1 % pour les profils dynamiques. Ces résultats confirment la pertinence de l’épargne salariale et de l’épargne retraite collective comme outils de constitution d’un capital de long terme.
Une collecte brute en hausse malgré des rachats plus élevés
En 2024, la collecte brute de l’épargne salariale s’est établie à 21,7 milliards d’euros, en progression de 1,5 milliard d’euros par rapport à 2023. Les flux vers les plans d’épargne entreprise ont atteint 17,5 milliards d’euros, tandis que ceux orientés vers l’épargne retraite collective se sont élevés à 4,2 milliards d’euros.
Les versements se répartissent entre la participation, l’intéressement, les versements volontaires et l’abondement. La prime de partage de la valeur, dont l’affectation à l’épargne salariale et retraite a été ouverte récemment, a également contribué aux flux.
Dans le même temps, les rachats ont progressé pour atteindre 19 milliards d’euros, portés notamment par des prises de bénéfices sur les fonds d’actionnariat salarié. Malgré cette hausse, la collecte nette demeure positive à 2,7 milliards d’euros, essentiellement portée par l’épargne retraite collective.
La montée en puissance des fonds durables et solidaires
L’investissement durable occupe désormais une place centrale dans l’épargne salariale. Les encours des fonds durables atteignent plus de 109 milliards d’euros et représentent 84 % des fonds diversifiés. Les fonds solidaires totalisent plus de 16 milliards d’euros, contribuant au financement de l’économie sociale et solidaire.
Les fonds labellisés ISR atteignent plus de 23 milliards d’euros d’encours, illustrant le rôle croissant de l’épargne salariale et de l’épargne retraite dans la diffusion de l’investissement responsable.
Une diffusion accrue dans les PME portée par la loi Pacte
Le nombre d’entreprises équipées d’un dispositif d’épargne salariale ou de retraite collective a atteint 416 000 en 2024, en hausse de près de 19 000 sur un an. Cette progression s’explique notamment par les mesures issues de la loi Pacte, dont la suppression du forfait social pour certaines entreprises selon leur taille.
La diffusion progresse particulièrement au sein des PME. Plus de 11 millions de salariés bénéficient désormais d’un dispositif d’épargne salariale et plus de 4 millions ont accès à un produit d’épargne retraite collective, confirmant l’ancrage durable de ces dispositifs dans les politiques de rémunération et de préparation de la retraite.
Sources : Cercle de l’Épargne, Association française de la gestion financière
En 2023, selon la DARES, 52,2 % des salariés du secteur privé non agricole, soit 10,2 millions de personnes, sont couverts par au moins un dispositif d’épargne salariale. Ce ratio diminue de 0,7 point par rapport à 2022.

Le PEE couvre 44,3 % des salariés, devant la participation (38,1 %), l’intéressement (34,6 %) et le Perco ou PER collectif (26,7 %).
Une fracture selon la taille des entreprises
18,1 % des salariés des entreprises de moins de 50 salariés bénéficient d’au moins un dispositif, contre 46,6 % dans les structures de 50 à 99 salariés, et 89,4 % dans celles de plus de 1 000 salariés. Le taux atteint 95,6 % dans les grandes entreprises au sens de la loi LME. La faible couverture des PME est liée à la complexité des dispositifs et à la création de nombreuses TPE.
Des écarts selon les secteurs d’activité
80,1 % des salariés de la finance et de l’assurance sont couverts, contre 23,4 % dans l’hébergement-restauration. Cette dichotomie s’explique par les marges disponibles, le degré de formalisation des pratiques RH et le pouvoir de négociation des salariés.
Une corrélation forte avec le niveau de revenu
Dans les entreprises où le salaire moyen dépasse le 7e décile (32 316 euros brut), la couverture atteint 68,4 %. Elle chute à 23,6 % dans celles situées sous le 3e décile (19 663 euros).
Le PER collectif en progression
En 2023, 31,5 % des salariés des entreprises de 10 salariés ou plus sont couverts par un plan d’épargne retraite (PER collectif ou Perco), soit +0,9 point. Le PER collectif couvre désormais 14,0 % des salariés (+3,1 points), tandis que la part des salariés n’ayant qu’un Perco recule à 12,7 % (-0,7 point), en raison des transferts vers le PER.
Des cotisations en légère hausse
Le montant total des primes versées atteint 26,7 milliards d’euros brut en 2023, soit +0,4 milliard malgré le contexte conjoncturel. 8,9 millions de salariés (45,2 % du secteur privé) ont perçu une prime ou un abondement, contre 46,3 % en 2022. Parmi les salariés couverts, 86,7 % ont effectivement reçu un versement.
Une ventilation précise des montants versés
Les primes de participation concernent 5,8 millions de bénéficiaires pour un total de 11,5 milliards d’euros, soit 4,7 % de leur masse salariale. L’intéressement touche 5,6 millions de salariés pour 11,6 milliards d’euros, soit 4,8 % de leur masse salariale. Les employeurs versent 2 milliards d’euros d’abondements sur les PEE et 0,8 milliard sur les Perco. En moyenne, les sommes atteignent 3 039 euros brut par bénéficiaire (contre 2 920 euros en 2022), représentant 7,2 % de la masse salariale des bénéficiaires.
L’arbitrage entre perception immédiate et capitalisation
En 2023, 4,1 milliards d’euros nets ont été perçus immédiatement au titre de la participation et 6,2 milliards ont été placés. Pour l’intéressement, les montants sont également de 4,1 milliards perçus et 6,4 milliards épargnés. La capitalisation s’explique par l’optimisation fiscale liée au blocage de cinq ans, ainsi que par une acculturation progressive à la logique de retraite par capitalisation individuelle.
Une dynamique soutenue des versements
Les versements sur les PEE atteignent 13,4 milliards d’euros nets (+10,4 % par rapport à 2022), dont plus de 72 % proviennent de primes. Les Perco reçoivent 2,9 milliards d’euros (+9 %), malgré leur remplacement progressif par le PER collectif. La part des versements volontaires reste minoritaire (18,1 % sur les Perco).
Un outil de fidélisation encore inégalement diffusé
L’épargne salariale est un instrument de fidélisation et de partage de la valeur. Les déséquilibres persistent : les salariés des TPE, des bas salaires et des secteurs à faible productivité sont peu couverts. Le montant global de l’épargne salariale, autour de 200 milliards d’euros, reste modeste en comparaison avec l’assurance vie (2 000 milliards d’euros) ou l’épargne réglementée (800 milliards d’euros).
Des pistes envisagées pour renforcer la diffusion
Pour élargir la couverture, plusieurs solutions sont évoquées : renforcement des incitations fiscales en faveur des PME, simplification des procédures, encouragement à la mutualisation sectorielle, intégration automatique dans les négociations annuelles obligatoires, ou obligation d’un plan d’épargne retraite collectif pour tous les salariés.
L'épargne salariale a presque doublé en dix ans (+79,8 %)

Entre 2013 et 2023, l’épargne salariale en France a connu une forte croissance, avec un encours total passant de 104,4 milliards d’euros à 187,8 milliards d’euros, soit une augmentation de près de 80 % en dix ans. Cette progression reflète un intérêt croissant des salariés pour ces dispositifs, soutenu par des incitations fiscales et une meilleure sensibilisation à l’investissement financier.
Parallèlement, la répartition des actifs a évolué, marquant une diversification progressive des placements. L’actionnariat salarié, bien que toujours dominant, a légèrement reculé (de 41 % à 38 %), tandis que les actions classiques ont gagné en attractivité (de 10 % à 16 %). Les fonds diversifiés ont également progressé (de 19 % à 21 %), illustrant une volonté de mieux équilibrer les risques. À l’inverse, les placements monétaires, historiquement privilégiés pour leur sécurité, ont chuté de 21 % à 15 %, signe d’un désintérêt pour ces supports à faible rendement. Les obligations, quant à elles, ont enregistré une légère hausse (de 9 % à 11 %), bénéficiant du retournement des taux d’intérêt.
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