Mouvements et thèmes marquants du marché : mars 2026 (Janus Henderson Investors)

Analyses de marchés

Un point mensuel sur les marchés présentant la performance des actions et des obligations mondiales, les tendances par secteur et par classe d’actifs, ainsi que les thèmes clés qui façonnent le paysage de l’investissement. 

Les marchés actions mondiaux ont fortement chuté en mars, enregistrant leur pire performance mensuelle depuis plusieurs années, alors que l’escalade du conflit au Moyen‑Orient, à la suite de frappes coordonnées américano‑israéliennes fin février, a déclenché un mouvement généralisé de repli sur le risque. L'MSCI World Index a chuté de 6,3 % en dollars américains, sa plus forte baisse mensuelle depuis 2022, les pertes les plus importantes ayant été enregistrées en Europe et en Asie après un bon début d'année. Les obligations d'État mondiales ont également reculé, la flambée des prix de l’énergie ayant renforcé les anticipations d’inflation et conduit les investisseurs à réévaluer les perspectives de taux d’intérêt. Les obligations d'entreprises mondiales ont elles aussi reculé, dans le sillage des marchés souverains, les spreads de crédit s’élargissant dans un contexte de confiance des investisseurs dégradée.

Les prix du pétrole ont grimpé en flèche suite aux perturbations de l'approvisionnement énergétique mondial, le Brent ayant augmenté de plus de 60 % et le WTI dépassant les 100 dollars le baril pour la première fois depuis 2022. L' indice du dollar américain s'est renforcé par rapport aux devises mondiales, soutenu par la demande de valeurs refuges et la dynamique du pétrodollar. L'or a effacé les fortes hausses de février, reculant sous l'effet de la hausse des taux qui a pesé sur les actifs non rémunérateurs.

Les marchés boursiers mondiaux ont fortement chuté en mars, notamment en dehors des États-Unis. L' MSCI World Index a connu son pire mois depuis 2022, l'Europe et l'Asie enregistrant les plus fortes baisses après un bon début d'année.

Thèmes clés qui ont compté pour les marchés

  • Le conflit iranien a dominé l’actualité des marchés : ll’escalade des tensions au Moyen‑Orient et la fermeture effective du détroit d'Ormuz – une artère vitale pour l'approvisionnement mondial en pétrole – ont provoqué un mouvement de repli vers l’aversion au risque, le mois de mars étant marqué par des marchés très sensibles aux flux d’actualité. Tantôt annonçant une désescalade, tantôt aggravant les menaces, le flux d'informations était incessant et souvent contradictoire. Le mois s’est toutefois achevé sur une note plus optimiste, après des déclarations du président Trump indiquant que les États‑Unis étaient prêts à mettre fin au conflit même sans réouverture complète du détroit d’Ormuz, tandis que le président iranien Pezeshkian a signalé sa disposition à cesser les hostilités en échange de garanties de sécurité.
  • Le pétrole, les rendements obligataires et le dollar américain ont progressé, tandis que (pratiquement) tout le reste a reculé : en mars, les investisseurs ont disposé de peu de valeurs refuges. Le secteur de l’énergie s’est distingué comme le seul point positif des marchés actions mondiaux, tandis que les obligations ont reculé, les rendements s’inscrivant en hausse face aux anticipations d’un durcissement des taux pour contenir les pressions inflationnistes liées au pétrole. L'or a enregistré sa pire performance mensuelle depuis 2008, tandis que le dollar américain s'est apprécié face à la plupart des principales devises, soutenu par les flux vers les valeurs refuges et la dynamique du pétrodollar.
  • Les craintes de stagflation ont refait surface : la flambée des prix du pétrole brut a suscité des inquiétudes quant à une reprise des pressions inflationnistes et à leurs répercussions sur l’activité économique en général, notamment pour les pays importateurs d’énergie. Alors que les responsables des banques centrales, y compris le président de la Réserve fédérale (Fed), Jerome Powell, se sont opposés à toute comparaison directe avec les années 1970, les marchés sont devenus de plus en plus sensibles aux risques posés par une perturbation énergétique prolongée.
  • Réévaluation restrictive des anticipations des banques centrales : les investisseurs ont rapidement débouclé leurs paris sur des baisses de taux en 2026 et, dans certains cas, ont basculé vers des anticipations de hausse. Les marchés ont anticipé des hausses de taux au Royaume-Uni et en Europe dans les mois à venir, tandis qu'un assouplissement de la politique monétaire de la Fed était déjà presque totalement intégré aux cours à la fin du mois. De leur côté, les responsables de banques centrales et les économistes ont largement temporisé, avertissant que les marchés pourraient être allés trop loin et mettant en avant des risques à double sens pour l’inflation comme pour la croissance.
  • Parmi les points positifs, la résilience des prévisions de bénéfices et la dynamique des fusions-acquisitions ont soutenu l'optimisme à long terme : malgré une incertitude macroéconomique accrue, les analystes ont globalement maintenu leurs perspectives, les estimations de l'indice S&P500® indiquant toujours une croissance des bénéfices à deux chiffres. L’activité de fusions-acquisitions est également restée soutenue en mars, avec des transactions de plusieurs milliards de dollars annoncées dans les secteurs pharmaceutique, des biens de consommation et des boissons, témoignant d’une confiance continue dans les fondamentaux à long terme.

États-Unis

Les actions américaines ont reculé en mars, la hausse des rendements obligataires, les prix élevés de l’énergie et la faiblesse des indicateurs économiques pesant sur le sentiment des investisseurs.. Les pertes ont été généralisées, tous styles et toutes capitalisations boursières confondus. Le secteur de l’énergie a été le seul à progresser, porté par la flambée des prix du pétrole, tandis que plusieurs des secteurs les moins performants du mois figuraient parmi ceux qui avaient le plus progressé en début d’année. Un rebond en fin de mois a contribué à accentuer la surperformance des actions américaines par rapport aux marchés internationaux, après des informations de dernière minute ayant ravivé l’optimisme quant à une issue prochaine du conflit iranien.

  • L’indice S&P 500 a reculé de 5,0 %, un mouvement partiellement atténué par un rebond de près de 3 % lors de la dernière séance de mars.
  • L'indice S&P 500 à pondération égale a reculé de 6,0 %, passant sous la barre de l'indice de référence officiel pondéré par la capitalisation pour la première fois depuis octobre.
  • L'indice composite Nasdaq a chuté de 4,7 %, s'ajoutant aux pertes de février et enregistrant son plus fort recul mensuel depuis mars 2025.
  • L'indice Russell 2000 a reculé de 5,0 %, mais est resté légèrement en hausse sur l'année après que les petites capitalisations ont surperformé les grandes capitalisations au cours des deux mois précédents.
  • La croissance a été inférieure à la valeur pour un cinquième mois consécutif, le Russell 1000 Growth Index chutant de 5,2 % contre un recul de 4,8 % pour son homologue de valeur. Depuis le début de l’année, l’indice de référence des grandes capitalisations affiche une hausse de plus de 2 % à fin mars, tandis que l’indice growth des grandes capitalisations a reculé de près de 10 % sur la période.

Le secteur de l'énergie a poursuivi sa forte progression depuis le début de l'année, tandis que les autres secteurs ont reculé.

Les données économiques américaines suggéraient un ralentissement de la croissance, tandis que le conflit iranien compliquait les perspectives de politique économique :

  • La Fed a maintenu sa politique monétaire inchangée, comme prévu. Alors que les autorités ont maintenu une baisse des taux prévue pour plus tard cette année, les marchés ont revu à la baisse leurs attentes en matière d'assouplissement des politiques monétaires face à la flambée des prix du pétrole.
  • Les données du marché du travail se sont dégradées. Les créations d'emplois non agricoles en février ont diminué de manière inattendue de 92 000, tandis que le taux de chômage a légèrement augmenté, passant de 4,3 % à 4,4 %.
  • Les données relatives à l'inflation étaient mitigées. L'indice des prix à la consommation (IPC) de février est resté stable à 2,4 % en glissement annuel, conformément aux attentes, même si les données ne reflétaient pas encore la flambée des prix du pétrole liée au conflit au Moyen-Orient. En revanche, l'indice des prix à la production (IPP) a surpris positivement, progressant de 0,7 % d'un mois à l'autre, s'accélérant par rapport à la hausse de 0,5 % enregistrée en janvier.
  • Les indicateurs de croissance ont continué de perdre de leur élan. La croissance du PIB américain au quatrième trimestre a été révisée à la baisse à 0,7 % (contre une estimation initiale de 1,4 %), et les données préliminaires du PMI de mars ont signalé un nouveau ralentissement de l’activité, la flambée des prix pesant sur la demande.

Europe

Les actions de la zone euro ont fortement chuté en mars, les marchés ayant absorbé les conséquences économiques de la hausse des prix de l'énergie. L'indice MSCI Europe hors Royaume-Uni a chuté de 8,2 % en euros et de 10,3 % en dollars américains. Le moral des investisseurs s'est dégradé, le choc énergétique et la hausse des taux d'intérêt ayant suscité des inquiétudes quant à la croissance dans toute la région.

  • La BCE a maintenu ses taux directeurs inchangés, comme prévu, mais a souligné l'incertitude accrue liée au conflit au Moyen-Orient. Alors que les décideurs politiques conservaient un ton prudent, les marchés intégraient de plus en plus le risque qu'une inflation persistante, alimentée par l'énergie, puisse forcer un nouveau resserrement des mesures.
  • Les pressions inflationnistes se font de nouveau sentir : l'IPC de la zone euro a progressé de 1,9 % en glissement annuel en février, tandis que l'estimation rapide d'Eurostat a montré que l'inflation a bondi de 2,5 % en mars, sous l'effet de la hausse des coûts de l'énergie.
  • La dynamique de croissance s'est ralentie. La croissance du PIB de la zone euro pour le quatrième trimestre a été révisée à la baisse à 0,2 % (contre une estimation initiale de +0,3 %), tandis que les indicateurs de confiance se sont détériorés, la hausse des prix de l'énergie pesant sur le moral des ménages.
  • Alors que les indices PMI de la zone euro de février indiquaient une expansion modeste, l'indice PMI composite flash de mars a reculé de 51,9 à 50,5, son niveau le plus bas en 10 mois. Le ralentissement de la croissance, conjugué à la forte hausse des coûts des intrants, a accentué les craintes de stagflation.

Les actions britanniques ont également reculé, pénalisées par la hausse des rendements obligataires, le ralentissement de la dynamique économique et une réévaluation marquée des anticipations de politique monétaire de la Banque d’Angleterre (BoE). L'indice MSCI United Kingdom Index a chuté de 5,9 % en livres sterling et de 7,6 % en dollars américains, le billet vert s'étant renforcé face à la livre. L'indice FTSE All-Share a reculé de 6,7 % en monnaie locale et de 8,4 % en dollars américains.

  • La Banque d'Angleterre a maintenu ses taux directeurs inchangés, comme prévu, même si cette décision unanime a été perçue comme plus restrictive que ce qu'anticipaient les marchés. Les décideurs politiques ont insisté sur la vigilance face aux risques d'inflation, incitant les investisseurs à anticiper une plus grande probabilité de hausses de taux cette année.
  • Alors que le taux de chômage au Royaume‑Uni est resté stable à 5,2 %, la croissance des salaires a fortement ralenti au cours des trois mois précédant janvier, apportant un certain soulagement aux pressions inflationnistes domestiques, malgré une intensification des risques inflationnistes globaux.
  • La dynamique de croissance s'est enrayée. Le PIB britannique est resté stable en janvier, un résultat inférieur aux prévisions de croissance de 0,2 %, ce qui renforce les craintes que l'économie ne dispose que de peu de marge de manœuvre face au choc énergétique déclenché plus tard dans le trimestre.
  • L'indice PMI composite flash britannique de mars a chuté à 51,0 contre 53,7 en février, les entreprises faisant état d'une forte hausse des coûts des intrants liée à la hausse des prix de l'énergie et à un net ralentissement de l'activité.
  • Les rendements obligataires britanniques ont fortement progressé, le Gilt à 10 ans atteignant son plus haut niveau depuis 2008, les marchés réévaluant les perspectives d’inflation.

es actions européennes ont reculé en mars, l'Allemagne et la France affichant les plus mauvaises performances.

Sur l'ensemble de l'indice STOXX 600 – qui regroupe des entreprises de 17 pays d'Europe développée, dont le Royaume-Uni – la performance sectorielle a été globalement négative, l'énergie étant le seul secteur à avoir tiré son épingle du jeu.

  • L'énergie (+14,8 % en euros) s'est distinguée comme la seule gagnante au milieu de la flambée des prix du pétrole brut, tandis que les produits chimiques (-2,4 %) ont mieux résisté que la plupart des autres secteurs, en partie grâce à une dynamique d'offre plus resserrée due à la fermeture du détroit d'Ormuz. Les secteurs défensifs tels que les services publics (-3,3 %) et les télécommunications (-3,4 %) ont également connu des baisses plus modestes, aidés par l’électrification et les tendances en matière d’infrastructures de centres de données.
  • Les services financiers (-6,0 %) et les banques (9,6 %) ont accentué les baisses de février. Le secteur de la santé a chuté (-7,1 %), tandis que celui des ressources de base (-8,2 %) a effacé les gains importants du mois précédent. Les médias (-9,0 %) et la technologie (-9,5 %) ont également subi des pressions.
  • Consommation (-14,1%) ont enregistré les baisses les plus importantes, suivies par les soins personnels, les produits pharmaceutiques et l'épicerie (-13,9 %). Immobilier (-13,8%), Pièces automobiles (-12,7%), Construction et matériaux (-12,1%), Prix de détail (-12,0 %) et produits industriels (-11,6 %).

Asie Pacifique

Les actions japonaises ont fortement chuté en mars, la hausse des prix de l’énergie et des rendements ayant effacé l’optimisme initial lié à un environnement de politique intérieure accommodant.. L'indice TOPIX a reculé de 10,4 % en yens et de 12,0 % en dollars américains, tandis que le Nikkei 225 a chuté de 12,7 % en yens et de 14,3 % en dollars. Les deux indices de référence sont restés légèrement en hausse sur un an après avoir établi de nouveaux records en février.

  • La Banque du Japon a maintenu sa politique monétaire inchangée lors de sa réunion de mars, comme prévu. Tout en identifiant le conflit iranien comme un risque majeur pour les perspectives économiques, les responsables ont maintenu la possibilité d’une hausse des taux en avril.
  • Les données révisées ont montré que l'économie japonaise a entamé l'année avec une dynamique modeste. Les prévisions de croissance du PIB au quatrième trimestre ont été revues à la hausse, à un rythme annualisé de 1,3 %, ce qui soutient la position de normalisation progressive de la Banque du Japon malgré la hausse des risques externes.
  • L'inflation sous-jacente à Tokyo a ralenti à 1,7 % en mars, en dessous de l'objectif de 2 % de la Banque du Japon pour un deuxième mois consécutif, en partie grâce aux subventions gouvernementales sur les carburants et à la suppression de la surtaxe sur l'essence à Tokyo.

Les marchés actions de la région Asie-Pacifique hors Japon ont enregistré certaines des pertes les plus importantes au monde, la dépendance aux importations d'énergie, la faiblesse des devises et les perturbations des chaînes d'approvisionnement ayant fortement pesé sur la région. L’indice MSCI AC Asia Pacific ex Japan a chuté de 13,2 % en dollars américains. La Corée du Sud a subi de fortes pressions, effaçant le gain de plus de 20 % enregistré en février, tout en restant en hausse d’environ 10 % sur les six derniers mois. L'indice australien ASX 200 a chuté de 9,9 % en dollars américains et de 6,9 % en monnaie locale. La Banque de réserve d'Australie (RBA) a relevé ses taux de 25 points de base (bps) pour une deuxième réunion consécutive. L'activité économique s'est détériorée, l'indice PMI composite flash australien pour mars chutant à 47,0 (contre 52,4 en février), marquant sa première contraction en 18 mois alors que les pressions sur les coûts s'intensifiaient. L' indice MSCI Chine a reculé de 7,7 % en dollars américains. La Chine a mieux résisté que ses pairs régionaux, les données PMI du pays montrant une expansion en mars, tandis que la constitution de stocks stratégiques de pétrole en prévision du conflit iranien a contribué à protéger l'économie du choc énergétique immédiat.

Marchés émergents

Les actions des marchés émergents ont terminé le mois de mars en nette baisse, le conflit iranien ayant mis en évidence des vulnérabilités liées à la dépendance aux importations d'énergie, à la dépréciation des monnaies et à la hausse des pressions inflationnistes dans les pays en développement. L' MSCI Emerging Markets Index a chuté de 13,0 % en dollars américains, effaçant les gains enregistrés depuis le début de l'année et marquant son plus fort repli mensuel depuis le début de la pandémie en mars 2020. Performance présentées ci-dessous sont exprimées en dollars américains, conformément aux indices de référence MSCI par pays.

  • Marchés axés sur la technologie : Corée du Sud (-24,6 %) et Taïwan (-12,8 %) ont effacé les fortes hausses enregistrées en février, tout en restant nettement en hausse sur l’année.
  • Les marchés actions latino-américains ont affiché des performances mitigées, l'indice MSCI EM Latin America reculant de 4,3 % en dollars américains. Le statut de la région en tant qu'exportateur net d'énergie et de matières premières lui a procuré un avantage structurel, la flambée des prix du pétrole ayant profité à des producteurs comme le Brésil (-1,8 %) et la Colombie (+8,5 %). Argentine (+14,1%) ont surperformé après avoir été à la traîne le mois dernier, tandis que le Mexique a été à la traîne (-8,3 %).
  • Dans la zone EMEA, l'Afrique du Sud (-18,0 %) a fortement chuté, la forte baisse des prix de l'or et de l'argent ayant pesé sur les mineurs de métaux précieux, tandis que le conflit iranien a suscité des inquiétudes quant à une potentielle crise énergétique.
  • Inde (-14,5%) les résultats ont été décevants, les baisses étant exacerbées par la forte dépendance du pays aux importations d'énergie. La flambée des prix du pétrole a fait chuter la roupie à des niveaux records et a intensifié l'examen de la dynamique des comptes courants dans un contexte de pressions inflationnistes croissantes.

Obligations

Les obligations d'État mondiales ont subi une forte baisse en mars, les inquiétudes liées aux pressions inflationnistes alimentées par le pétrole ayant forcé une réévaluation de la politique monétaire mondiale. Les rendements obligataires souverains ont fortement augmenté dans les principales économies, en particulier en Europe, les marchés intégrant la possibilité de hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE) dès avril. Les rendements des gilts britanniques ont connu la plus forte hausse, les anticipations de deux baisses de taux de la Banque d’Angleterre en 2026 ayant cédé la place à des marchés intégrant désormais plus de 50 points de base de hausses de taux cette année.

  • L' indice Bloomberg Global Treasury a reculé de 1,9 % en dollars américains, les rendements ayant progressé aux États-Unis, en Europe et au Royaume-Uni.
  • The U.S. Treasury curve bear flattened as yields moved higher across maturities. The spread between 10-year and 2-year yields narrowed from 59 bps at the start of the month to 51 bps by the month’s end.
  • Le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans a augmenté de 33 points de base, pour s’établir à 4,3 % en fin de mois.
  • En Europe, les obligations souveraines britanniques ont sous‑performé. Le rendement du gilt britannique à 10 ans a augmenté de 68 points de base, dépassant à un moment donné les 5,0 % pour la première fois depuis 2008. Le rendement du gilt britannique à 2 ans a bondi de près de 90 points de base sur le mois.

Les rendements des gilts britanniques ont fortement augmenté en mars ; le rendement à 10 ans a atteint son plus haut niveau depuis 2008.

  • Les obligations souveraines allemandes étaient globalement plus faibles. Le rendement du Bund allemand à 10 ans a augmenté d’environ 36 points de base en mars.
  • Les obligations du gouvernement japonais (JGB) étaient également plus faibles. Le rendement du JGB à 10 ans a augmenté de 23 points de base sur le mois.

Les secteurs à spread ont enregistré des rendements majoritairement négatifs, les spreads ajustés aux options (OAS) s'élargissant dans un contexte d'escalade du conflit iranien et d'incertitude macroéconomique accrue. Parmi les entreprises, les spreads de crédit des obligations à haut rendement se sont davantage élargis que ceux de l’Investment Grade, tant sur les marchés américains qu’internationaux.

  • L’indice Bloomberg Global Aggregate Corporate a chuté de 2,9 % en dollars américains, tandis que l’indice Bloomberg Global High Yield a reculé de 2,5 %.
  • Les spreads Investment Grade mondiaux se sont élargis d’environ 8 points de base, tandis que les spreads high yield se sont élargis d’environ 35 points de base.
  • Les spreads des obligations d'entreprises américaines Investment Grade se sont élargis d'environ 5 points de base, s'ajoutant à l'élargissement d'environ 11 points de base observé en février. Les spreads de crédit des obligations américaines à haut rendement se sont élargis d’environ 26 points de base.
  • Sur les marchés titrisés, les spreads des titres adossés à des actifs (ABS) et des titres adossés à des créances hypothécaires (MBS) se sont élargis d'environ 4 points de base.

Surveillance de la Banque centrale

La plupart des grandes banques centrales ont choisi de maintenir leurs taux inchangés en mars, tout en soulignant l'incertitude accrue liée au conflit iranien. Les décideurs ont globalement averti que la hausse des prix du pétrole pourrait accroître les risques inflationnistes tout en pesant sur la croissance économique, compliquant ainsi les perspectives de politique monétaire. Les marchés ont réagi par une interprétation plus restrictive, les investisseurs revoyant à la baisse leurs anticipations de baisses de taux en 2026 et intégrant une plus grande probabilité de hausses de taux.

  • Banque de réserve d'Australie (17 mars) : La RBA a procédé à sa deuxième hausse de taux consécutive, relevant son objectif de taux directeur (« cash rate ») de 25 points de base à 4,10 %, à l’issue d’un vote serré de 5 voix contre 4. Les décideurs politiques ont pointé du doigt les pressions inflationnistes persistantes et l'incertitude mondiale accrue comme principaux facteurs. Malgré un vote serré en mars, le gouverneur de la RBA, Bullock, a souligné que « la trajectoire est claire » et qu’« une série de hausses de taux sera nécessaire », ce qui a conduit les marchés à intégrer des probabilités à peu près équivalentes d’une nouvelle hausse de taux en mai.
  • Banque du Canada (18 mars) : La BdC a maintenu son taux directeur inchangé à 2,25 %, comme prévu. Le gouverneur Macklem a indiqué que le conflit au Moyen‑Orient avait élargi l’éventail des scénarios possibles, les risques pesant sur la croissance étant désormais orientés à la baisse, tandis que les risques inflationnistes se sont accrus.
  • Réserve fédérale américaine (18 mars) : Le FOMC a voté à 11 voix contre 1 pour maintenir le taux des fonds fédéraux inchangé dans une fourchette de 3,5 % à 3,75 %, comme prévu. Lors de la conférence de presse, le président Powell a adopté un ton plus restrictif , insistant sur les risques de hausse de l'inflation et notant que moins de membres du FOMC s'attendent à plus d'une baisse de taux cette année. Les anticipations de marché se sont légèrement durcies à la suite de la réunion et ont continué d’évoluer dans ce sens au cours du mois.
  • Banque du Japon (19 mars) : La Banque du Japon a laissé le taux directeur à 0,75 %, comme prévu. Les responsables ont réaffirmé leur approche prudente en matière de normalisation de la politique monétaire, le gouverneur Ueda notant que les membres du conseil d'administration avaient débattu des implications géopolitiques, tout en laissant entendre qu’ils étaient disposés à faire abstraction des effets à court terme, laissant ainsi la possibilité d’une hausse des taux en avril.
  • Banque d'Angleterre (19 mars) : La Banque d'Angleterre a voté à l'unanimité, 9-0, pour maintenir le taux directeur inchangé à 3,75 %, surprenant les marchés qui s'attendaient à une décision plus partagée. La banque centrale a également relevé ses prévisions d’inflation, confortant les anticipations d’un biais de resserrement de la politique monétaire, même si le gouverneur Bailey a contesté les anticipations agressives du marché tablant sur de multiples hausses de taux cette année.
  • Banque centrale européenne (19 mars) : La BCE a maintenu son taux de dépôt à 2,0 %, comme prévu. La présidente Lagarde a déclaré que les risques d'inflation penchent à la hausse, reconnaissant que la guerre en Iran engendre des risques d'inflation à la hausse et des risques de ralentissement de la croissance. Suite à cette décision, les responsables de la BCE ont indiqué être prêts à relever les taux dès la réunion d'avril si le choc énergétique fait grimper l'inflation bien au-delà de l'objectif.
  • Autres banques centrales : Ailleurs, les décideurs politiques ont globalement maintenu le statu quo. La Banque nationale suisse et la Riksbank suédoise ont maintenu leur politique inchangée, comme prévu. La banque centrale norvégienne a maintenu son taux directeur à 4,0 % pour la troisième réunion consécutive, mais a indiqué que les pressions inflationnistes à la hausse nécessiteraient probablement des taux plus élevés dans les mois à venir. Sur les marchés émergents, le Brésil a entamé un cycle d'assouplissement tant attendu avec une baisse prudente de son taux directeur de 25 points de base, le ramenant à 14,75 %. La Banque de Russie a abaissé son taux directeur de 50 points de base à 15,0 %, prolongeant ainsi son cycle d'assouplissement monétaire. La Banquepopulairede Chine a maintenu ses taux préférentiels de prêt à un an et à cinq ans inchangés pour un dixième mois consécutif. La Banque du Mexique a abaissé son taux directeur de 25 points de base à 6,75 % lors d'un vote serré (3 voix contre 2) et a déclaré qu'elle évaluerait la pertinence et le moment opportun d'une nouvelle baisse de taux.

Événements clés au programme en avril

  • 1er avril – Indices PMI mondiaux de l'activité manufacturière (mars, données définitives)
  • 3 avril – Créations d’emplois non agricoles et taux de chômage aux États-Unis (mars)
  • 3, 6 et 7 avril – Services mondiaux et indices PMI composites (mars, définitifs)
  • 9 avril – Produit intérieur brut des États-Unis (T4, troisième et dernière estimation)
  • 10 avril – Indice des prix à la consommation aux États-Unis (mars)
  • 16 avril – Indice des prix à la consommation de la zone euro (mars, définitif)
  • 19 avril – Décision de la Banque populaire de Chine (PBOC) concernant les taux d'intérêt
  • 21 avril – Taux de chômage au Royaume-Uni (décembre à février)
  • 23 avril – Indices PMI mondiaux (avril, estimation flash)
  • 28 avril – Décision de la Banque du Japon (BoJ) concernant les taux d'intérêt
  • 29 avril – Décision de la Banque du Canada (BdC) concernant les taux directeurs
  • 29 avril – Décision du FOMC (Fed) sur les taux d'intérêt
  • 30 avril – Décision de la Banque d'Angleterre (BoE) concernant les taux d'intérêt
  • 30 avril – Décision de la Banque centrale européenne (BCE) concernant les taux d'intérêt
  • 30 avril – Produit intérieur brut de la zone euro (T1, estimation flash)
  • 30 avril – Produit intérieur brut des États-Unis (T1, première estimation)

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