Conflit au Moyen-Orient : état des lieux et impacts sur les marchés (Groupe La Française)

Analyses de marchés

LES POINTS À RETENIR :

Regain d’aversion au risque et de volatilité suite à l’offensive lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.

Pour les marchés financiers, la prudence reste de mise dans l’attente d’un regain de visibilité quant à l’intensité et la durée du conflit.

Quels impacts sur nos principales stratégies et allocations ?

L’offensive lancée ce week-end par les États-Unis et Israël a sensiblement accentué le regain d’aversion au risque en début de semaine. Les dernières heures témoignent en effet d’une poursuite du conflit dans la région, avec une posture ferme adoptée par Téhéran, qui rejette pour l’instant tout retour à la table des négociations avec Washington et met en place la succession du guide suprême Ali Khamenei.

Ceci provoque à court terme une hausse de la volatilité pour les actifs risqués, en particulier les indices actions européens, davantage exposés à la remontée des prix des hydrocarbures. À l’inverse, l’or continue de tirer son épingle du jeu au-delà des prises de profit de court terme afin de compenser les pertes enregistrées sur d’autres actifs financiers ces derniers jours, tandis que l’impact sur les taux souverains devrait être plus contenu, entre la hausse des anticipations d’inflation d’une part qui a porté les taux souverains depuis dimanche, et les craintes sur la croissance d’autre part.

Le Moyen-Orient à la croisée des chemins

Face à l’échec de la voie diplomatique pour négocier un accord avec l’Iran, D. Trump a décidé d’attaquer le pays samedi 28 février, avec l’appui d’Israël. Si cette offensive n’est pas une surprise en soi, elle a étonné par son ampleur et son intensité, tout comme la riposte de Téhéran qui cherche à régionaliser le conflit, avec des frappes en Arabie Saoudite, au Qatar ou encore au Koweït, sous prétexte de viser les sites militaires américains, afin d’alourdir le coût de la campagne américaine et d’essayer de désolidariser les monarchies pétrolières, sans succès jusqu’ici.

En parallèle, les mesures de représailles immédiates de l’Iran et de ses proxies, dont le Hezbollah, ont étendu le conflit à de nombreux pays voisins, tout en paralysant le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial. À ce stade, l’accalmie semble encore éloignée alors que l’Iran s’est aussi attaqué à des sites de production d’hydrocarbures depuis lundi. D. Trump est même allé jusqu’à évoquer une offensive de quatre à cinq semaines, voire davantage.

Une tentative de reprise de dialogue entre les dirigeants iraniens et américains a bien été évoquée par D. Trump, mais elle a été démentie par les représentants iraniens pour l’instant.

Les États-Unis et Israël sont passés à l’offensive contre l’Iran.

Compte tenu du caractère subjectif de certaines analyses, il convient de souligner que certains énoncés prévisionnels sont préparés sur la base de certaines hypothèses, qui pourront vraisemblablement différer soit partiellement, soit totalement de la réalité. Toute estimation hypothétique est par nature spéculative et il est envisageable que certaines, si ce n’est l’ensemble, des hypothèses relatives à ces illustrations hypothétiques ne se matérialisent pas ou différemment des déterminations actuelles.

À court terme, l’évolution de la situation est incertaine, mais nous estimons qu’une chute totale du régime en place et du Corps des gardiens de la révolution islamique, qui compte près de 200 000 hommes, est peu probable sans opération terrestre d’ampleur, ce que les États-Unis ne semblent pas prêts à lancer.

Il conviendra dès lors de suivre la capacité des deux camps à revenir autour de la table des négociations, une hypothèse dont le calendrier reste difficilement prévisible.

Les éléments suivants seront clés dans les jours ou semaines à venir : la capacité de circulation dans le détroit d’Ormuz, la volonté de négociation du nouveau gouvernement provisoire iranien, la position du peuple iranien qui pourrait saisir l’occasion pour reprendre la main, la réaction de la Chine dont la moitié des importations de brut transite par le détroit d’Ormuz, et enfin la position de D. Trump, également engagé dans la campagne pour les élections de mi-mandat et souhaitant éviter une envolée majeure et durable des prix de l’énergie.

Marchés financiers : vues et anticipation à plus long terme

Les implications économiques du conflit seront largement dépendantes de l’évolution du cours du pétrole, elle-même étroitement liée à l’opérabilité du détroit d’Ormuz. Ainsi, entre 10 et 15 millions de barils par jour de pétrole brut sont menacés, même si les effets à court terme peuvent être amortis par l’utilisation de routes parallèles, comme l’oléoduc saoudien Est-Ouest, ainsi que par l’utilisation de stocks constitués en amont.

Dans ce contexte, la sensibilité de l’inflation générale en Europe serait supérieure à 1 % pour une hausse de 10 dollars du prix du pétrole, tandis que l’impact sur le PIB réel européen serait proche de -0,3 %.

Nous estimons que la situation actuelle n’appelle pas de réaction spécifique des banques centrales à ce stade. Celles-ci resteront néanmoins attentives à la situation dans le détroit d’Ormuz mais également au risque de frappes iraniennes sur les actifs énergétiques stratégiques de la région, comme les oléoducs, les raffineries ou les dépôts. En cas de disruption majeure de l’offre, cela pourrait alimenter une hausse du baril au-delà de 100 dollars.

À court terme, la prudence reste donc de mise dans l’attente d’une meilleure visibilité quant à l’intensité et à la durée du conflit.

Dans une perspective plus longue, nous estimons toutefois que D. Trump refusera de s’enliser dans un conflit en Iran, celui-ci étant désavoué par une majorité d’Américains à l’approche des élections de mi-mandat en novembre prochain. La hausse du prix du baril met en effet à mal son combat contre les pressions inflationnistes et en faveur du pouvoir d’achat des ménages américains.

Par ailleurs, il ne faut pas sous-estimer la capacité de regain d’appétit pour le risque des investisseurs, souvent prompts à retrouver confiance lors des phases de chocs précédents et à faire rebondir les marchés actions et les actifs risqués dès que la situation se stabilise.

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Achevé de rédiger le 3 mars 2026.

Source : Groupe La Française, données au 03/03/2026. Les performances passées ne préjugent pas des performances à venir. Compte tenu du caractère subjectif de certaines analyses, il convient de souligner que certains énoncés prévisionnels sont préparés sur la base de certaines hypothèses, qui pourront vraisemblablement différer soit partiellement, soit totalement de la réalité. Toute estimation hypothétique est par nature spéculative et il est envisageable que certaines, si ce n'est l'ensemble, des hypothèses relatives à ces illustrations hypothétiques ne se matérialisent pas ou différemment des déterminations actuelles.

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