"BCE : trouveront-ils le bon dosage ?"


Comme tous les lundis, le podcast de Christian Bito "L'humeur hebdo" . Cette semaine, la remontée des taux obligataires et la résurgence des tensions inflationnistes liées aux prix à la production ravivent les inquiétudes des investisseurs, sur fond de ralentissement de la consommation américaine.
L'inflation dite PCE américaine est ressortie à 3,8 %. Enfin, l'inflation PCE et celle dite CPI convergent sur le même chiffre. Rappelons que l'inflation PCE est calculée sur un panier pondéré en fonction du poids dans le PIB des composantes du panier. L'indice CPI est proche, mais ses composantes sont fixes. L'inflation PCE a en conséquence 15 jours de retard car il faut d'abord connaître le PIB. Le 12 mai, nous connaissions le CPI d'avril à 3,8 %, et enfin le 28, le PCE d'avril également à 3,8 %. Cette hausse n'est donc pas une surprise et n'a pas provoqué une nouvelle tension sur les taux longs. Ces derniers poursuivent leur tassement vers 4,44 %.
Ce mouvement est principalement porté par l'optimisme du marché sur l'avancée des négociations avec l'Iran. Le pétrole est d'ailleurs revenu vers 91 $. Attention tout de même, nous ne connaissons pas la réalité des discussions diplomatiques et l'impact du blocage du détroit d'Ormuz s'amplifie avec le temps qui passe. Les commandes de biens durables aux États-Unis, chiffre sorti jeudi dernier, sont en forte hausse sur avril à +7,9 %. C'est une des rares bonnes nouvelles sur le plan macroéconomique de ces derniers jours qui a participé au rebond des marchés actions.
Le S&P500 termine à nouveau à son plus haut historique. Les prévisions de bénéfices pour les grandes entreprises américaines, comme en Europe, sont toujours positives et revues vers la hausse, maintenant à plus de 18 % pour 2026. Les valeurs de la tech, de l'énergie et de la défense mènent ce mouvement.
Pourquoi les déclarations de la BCE n'ont pas inquiété les investisseurs
Les déclarations de la chef économiste de la BCE, mettant en garde contre une hausse à venir des taux directeurs, n'ont même pas affolé les marchés, plutôt rassurés par une approche rigoureuse de l'institution. Un peu d'inflation, donc un peu de hausse de taux, tout sera une question de dosage pour la BCE, comme pour la Fed, afin d'éviter 2022, où les taux étaient passés de presque 0 % à 4 % en quelques mois.
L'inflation CPI US de mai sortira le 10 juin et permettra de savoir si cet optimisme est bien fondé. Le VIX est toujours vers 15 %, assez bas, pourvu que cela ne change pas.
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