IA, besoins de capital : quelles stratégies d'investissement en 2026 ?

L’économie mondiale aborde le second semestre sur une note plus solide qu’attendu. Malgré les incertitudes géopolitiques et les débats autour du commerce international, plusieurs facteurs soutiennent l’activité. La réouverture du détroit d’Ormuz et le recul marqué des prix de l’énergie ont notamment dissipé un risque important pour la croissance. Dans le même temps, les investissements liés à l’intelligence artificielle (IA) continuent d’alimenter la dynamique industrielle et technologique à l’échelle mondiale.
Pour Vincent Chaigneau, Directeur de la Recherche de Generali Asset Management, l’enjeu majeur pour les investisseurs dépasse désormais la simple lecture du cycle économique. La révolution de l’IA et les besoins croissants des États créent une véritable concurrence pour l’accès au capital. Entre financement des infrastructures numériques, dépenses liées au vieillissement démographique, transition climatique, défense et protection sociale, les besoins s’accumulent. Cette bataille pour le capital modifie progressivement l’équilibre entre épargne et investissement et favorise un environnement de taux d’intérêt durablement plus élevés.
Croissance, inflation et banques centrales : quelles perspectives macroéconomiques pour 2026 ?
Sur le front macroéconomique, les perspectives demeurent résilientes. Les prévisions de croissance pour 2026 ont été révisées à la baisse, principalement en Europe, mais les États-Unis continuent d’afficher une dynamique robuste. Des conditions financières favorables, un marché du travail en amélioration et la baisse des coûts énergétiques soutiennent la consommation. Toutefois, l’inflation reste un sujet de vigilance. Si les prix de l’énergie se détendent, ceux de l’alimentation progressent encore et certaines composantes technologiques, notamment les puces mémoire, enregistrent de fortes hausses. Dans ce contexte, le retour à une inflation durablement alignée sur les objectifs des banques centrales pourrait prendre plus de temps qu’espéré.
Lire aussi : Les taux élevés et l’inflation persistante imposeront aux investisseurs davantage de sélectivité au S2 2026
Obligations : quelle stratégie sur les taux et la duration ?
Cette analyse conduit Generali Asset Management à adopter une approche mesurée sur les marchés obligataires. Aux États-Unis, les rendements réels élevés apparaissent cohérents avec une productivité en hausse, des déficits publics importants et des besoins de financement structurellement plus élevés. En zone euro, la société de gestion reste neutre sur la duration et anticipe une pentification de la courbe des taux.
Actions : comment investir dans le cycle d'investissement de l'intelligence artificielle ?
Concernant les actifs risqués, le scénario demeure constructif. Les actions bénéficient encore du potentiel du cycle d’investissement dans l’IA, susceptible de soutenir la productivité et les marges des entreprises.
Néanmoins, la hausse de la dispersion entre les titres renforce l’importance de la sélection. Les valorisations élevées du marché américain et la concentration des indices invitent également à la prudence.
Diversification : quels actifs privilégier face aux besoins mondiaux de capital ?
Dans cet environnement, la diversification apparaît comme un levier essentiel. Generali Asset Management privilégie une exposition complémentaire aux actifs offrant une meilleure protection contre l’inflation, aux marchés émergents, en particulier asiatiques, ainsi qu’aux actions européennes. Le crédit conserve également un attrait relatif grâce à des fondamentaux d’entreprise jugés solides. Pour les investisseurs, la clé pourrait donc résider moins dans la recherche de performance immédiate que dans la capacité à construire des portefeuilles équilibrés face à une demande mondiale de capital appelée à rester durablement élevée. Cette évolution devrait continuer à influencer les stratégies d’investissement au cours des prochaines années.
Voir l'analyse en video sur le site de Generali Investments
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Perspectives marchés : convictions entre IA, taux et crédit
Lire aussi l'analyse publiée le 9 juin 2026 de Generali Investments
Intelligence artificielle, énergie et croissance : les grandes tendances économiques de 2026
À mi 2026, les investisseurs doivent composer avec un environnement macroéconomique singulier, marqué par des dynamiques contradictoires. Entre chocs d’offre liés à l’énergie et expansion rapide des investissements dans l’intelligence artificielle, l’économie mondiale affiche une résilience inattendue, mais profondément hétérogène. Dans ce contexte, identifier les opportunités d’investissement exige une lecture fine des tendances sur les taux, le crédit et les marchés actions.
Première caractéristique de cet environnement : des contrastes marqués, tant sur le plan géographique que sectoriel. Les États Unis continuent de bénéficier de la vague d’investissements liée à l’IA, soutenant une croissance robuste. À l’inverse, la zone euro reste plus exposée aux tensions énergétiques, ce qui pèse sur sa dynamique économique. En Asie, la Chine montre des signes d’essoufflement après un début d’année solide.
Au niveau sectoriel, un autre clivage apparaît : les services ralentissent sous l’effet de la baisse du pouvoir d’achat, tandis que l’industrie, portée par les besoins technologiques, conserve un certain dynamisme.
Taux d’intérêt, obligations et crédit : où se situent les opportunités d’investissement ?
Sur le front obligataire, le potentiel de baisse des taux semble désormais limité. Malgré un apaisement partiel des tensions géopolitiques et un recul des prix de l’énergie, plusieurs facteurs continuent d’alimenter les pressions inflationnistes.
Le redémarrage progressif de l’offre pétrolière et la hausse des coûts liés à l’IA, notamment dans les semi conducteurs, entretiennent un niveau d’inflation sous-jacente toujours élevé. Dans ce contexte, les rendements obligataires offrent des opportunités ciblées, en particulier sur les maturités intermédiaires en zone euro. En revanche, la prudence reste de mise sur les taux longs.
Le crédit continue de présenter un profil attractif, bien que plus exigeant en matière de sélection. Les spreads Investment Grade atteignent des niveaux historiquement bas, limitant le potentiel de compression supplémentaire. Toutefois, des facteurs techniques solides, faible levier des entreprises, demande institutionnelle soutenue et flux de réinvestissement élevés, continuent de soutenir la classe d’actifs.
Dans cet environnement, les segments plus rémunérateurs, comme les instruments hybrides ou les obligations AT1, offrent encore un portage intéressant. Le High Yield conserve également un attrait relatif, dans un scénario où le risque de récession mondiale reste contenu.
Marchés actions, Europe et marchés émergents : quelles perspectives pour les investisseurs ?
Du côté des marchés actions, une phase de consolidation semble s’ouvrir à court terme. Le rebond rapide observé depuis le printemps, notamment sur les valeurs technologiques, invite à la prise de profits tactique.
Toutefois, les perspectives à horizon de quelques mois restent constructives. Le cycle d’investissement dans l’IA devrait continuer de soutenir les bénéfices, tandis qu’un apaisement des tensions géopolitiques pourrait favoriser un élargissement du rallye boursier.
Dans ce cadre, les marchés émergents apparaissent bien positionnés, tandis que l’Europe offre un potentiel de rattrapage à moyen terme.
Dans un environnement aussi contrasté, la clé reste la sélectivité et la diversification. Plus que jamais, la capacité à générer de l’alpha reposera sur une analyse rigoureuse des fondamentaux et une allocation flexible entre classes d’actifs.
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