Perspectives obligataires : privilégier le portage et la qualité (Amiral Gestion)

Analyses de marchés

• En 2026, le crédit européen reste une classe d’actifs porteuse dans un environnement de croissance modérée, d’inflation maîtrisée et de taux désormais “normalisés”.

• Les bilans restent solides en moyenne, mais le cycle est avancé et la marge d’erreur se réduit, en particulier sur les segments BBB- et B3/CCC.

• Après une année 2025 record, les volumes du marché primaire devraient rester importants et bien absorbés par des flux toujours conséquents attirés par des rendements qui restent élevés.

• L’essentiel de la performance viendra, selon nous, du portage : autour de 2–3% attendus sur l’Investment Grade euro et 4–5% sur le High Yield, sous réserve d’une sélection rigoureuse.

• Dans ce contexte, nous privilégions les stratégies à maturité fixe pour profiter des rendements toujours attractifs et les stratégies flexibles ayant une capacité d’adaptation dans l’hypothèse d’un scénario plus adverse.

Un contexte macro et monétaire globalement favorable

L’année 2026 se présente comme un atterrissage en douceur pour l’économie mondiale. Notre scenario central prévoit une croissance mondiale autour de 3% dont 1–2% pour les pays développés, sans récession globale.

L’inflation devrait se stabiliser autour de 2% en zone euro et rester légèrement au-dessus aux États-Unis, dans un régime de prix “proche de la cible” plutôt que de rupture. En 2024 et 2025, les banques centrales ont déjà effectué l’essentiel du cycle de baisse des taux et se rapprochent de niveaux de taux neutres, avec une politique plus patiente et dépendante des données. Les taux courts deviennent moins restrictifs tandis que les taux longs intègrent des primes de terme plus élevées, liées à des déficits publics durables et au retrait des bilans des banques centrales.

Des fondamentaux solides et des taux de défauts contenus

Avec un recours modéré au levier, des marge élevées, une couverture des intérêts confortable et profils d’échéances lissés, les émetteurs Investment Grade conservent des bilans solides. On observe ainsi des taux de défaut qui restent quasi nuls sur ce segment dans les scénarios centraux. La dynamique de notation est globalement positive, même si le segment BBB- reste à surveiller.

Sur le High Yield, le cycle est avancé mais encore fonctionnel : levier agrégé raisonnable, échéancier de maturités repoussé au-delà de 2027–2028 et coupons plus élevés désormais intégrés dans les business plans. Les défauts attendus pour 2026 se situent autour de 2–3 % et sont concentrés sur quelques secteurs et signatures fragiles plutôt que sur un choc systémique. L’univers High Yield est très hétérogène, avec un cœur de marché BB / haut B proche du crossover et un bas de spectre B3/CCC où la marge d’erreur est limitée. Avec un recours modéré au levier, des marge élevées, une couverture des intérêts confortable et profils d’échéances lissés, les émetteurs Investment Grade conservent des bilans solides. On observe ainsi des taux de défaut qui restent quasi nuls sur ce segment dans les scénarios centraux. La dynamique de notation est globalement positive, même si le segment BBB- reste à surveiller.

Sur le High Yield, le cycle est avancé mais encore fonctionnel : levier agrégé raisonnable, échéancier de maturités repoussé au-delà de 2027–2028 et coupons plus élevés désormais intégrés dans les business plans. Les défauts attendus pour 2026 se situent autour de 2–3 % et sont concentrés sur quelques secteurs et signatures fragiles plutôt que sur un choc systémique. L’univers High Yield est très hétérogène, avec un cœur de marché BB / haut B proche du crossover et un bas de spectre B3/CCC où la marge d’erreur est limitée.

Des rendements encore attractifs grâce à la composante taux

Les spreads Investment Grade en euro, situés sous 80 bps, reflètent un marché revenu en zone chère, avec une prime de crédit comprimée et un potentiel de resserrement supplémentaire limité. Ainsi, l’Investment Grade doit être appréhendé comme un actif de portage de qualité, avec rendement total attendu de l’ordre de 2–3 %, grâce aux taux sans risque qui tutoient les plus haut depuis 10 ans.

Sans être à leur plus bas historique, les spreads High Yield peuvent quant à eux être qualifiés de serrés mais cohérents avec la duration courte du gisement et le faible taux de perte potentiel (taux de défauts bas et taux de recouvrement élevés). La performance attendue (4–5 %) devrait ainsi provenir essentiellement du portage, plus que d’un resserrement additionnel des spreads.

Un marché primaire pléthorique qui devrait être absorbé par des flux toujours conséquents

Cette année, l’Investment Grade fera face à une marée d’émissions : refinancements, capex IA, transition énergétique, défense, reverse Yankees. Et cela se fera sans le soutien de la BCE, qui n’est plus un acheteur majeur. En net, l’augmentation des encours devrait rester contenue, grâce à des coupons élevés et à des remboursements importants. La base d’acheteurs d’obligation Investment Grade reste solide mais pourrait être plus sélective sur la qualité, la duration et les concessions primaires.

En High Yield, 2026 sera certainement comme 2025, une année de plein régime de refinancement : le primaire sert principalement à rembourser les maturités 2026–2028 à des niveaux de rendement proches des coupons moyens. Le marché devrait rester ouvert pour les bons dossiers, toutefois, les opérations qui augmentent le levier devront offrir des primes de risque plus généreuses, le tout dans un contexte de flux plus exigeants.

Quelques risques à surveiller

Le risque numéro un d’écartement des spreads, c’est un coup de frein plus fort de la croissance américaine ou européenne. Dans ce cas, les investisseurs demanderaient davantage de rémunération pour le risque, surtout pour les émetteurs BBB- et High Yield.

En parallèle, un cycle de releveraging plus agressif via des investissements massifs dans l’IA, du M&A ou encore politiques pro-actionnaires financées par la dette, pourrait éroder progressivement les bilans des émetteurs et augmenter le nombre de fallen angels. Les effets de la hausse des taux se font sentir progressivement. Avec les entreprises les plus fragiles du segment High Yield et quelques secteurs en difficulté, cela pourrait entraîner une augmentation des défauts — pas un choc majeur, mais un contexte plus tendu qui dure.

Enfin, sur les taux, le principal risque serait une inflation plus persistante que prévu, combinée à des déficits publics durables. Cela pourrait entraîner une hausse pérenne des primes de terme et des primes souveraines, au-delà de ce que les courbes intègrent aujourd’hui, ce qui pénaliserait particulièrement l’Investment Grade de longue maturité.

Les actualités d'Amiral Gestion

Les analyses de marché obligataire

Découvrez d'autres contenus du même partenaire

Contributeurs

Les indispensables de votre veille professionnelle
Graph du jour

Chaque jour, nous sélectionnons pour vous, professionnels de la gestion d'actifs, une actualité chiffrée précieuse à vos analyses de marchés.
Statistiques marchés, baromètres, enquêtes, classements, résumés en un graphique ou une infographie dans divers domaines : épargne, immobilier, économie, finances, etc. Ne manquez pas l'info visuelle quotidienne !

Les graphs commentés les plus consultés :

Le top 25 des SCPI en 2025

Croissance 2025 : l’Europe à plusieurs vitesses selon Bruxelles

Le cacao à prix d’or : pourquoi le chocolat coûte (beaucoup) plus cher

Voir tous nos graphs
Agenda

Un outil pratique mis à votre disposition pour découvrir et vous inscrire aux prochains événements de nos partenaires : webinars, roadshow, formations, etc.

Voir notre agenda
Challenges & Club Patrimoine
Lire une sélection d'articles publiés dans le numéro spécial 2025 Gestion de Patrimoine "Le nouveau paradigme".
Découvrir
Et retrouvez également une sélection d'articles du numéro 2024
Les fonds de nos partenaires
Les performances en direct des fonds par univers d'investissement