La production pétrolière du Venezuela au cœur des ambitions de Donald Trump

La production pétrolière du Venezuela, aujourd’hui marginale au regard de son potentiel, s’impose comme un enjeu stratégique majeur pour l’administration Trump. À la suite de la capture de Nicolas Maduro par les États-Unis, le président américain a affirmé vouloir replacer l’exploitation de l’or noir vénézuélien au centre d’un projet de transition politique et économique, misant sur un redémarrage rapide du secteur énergétique.
Donald Trump a déclaré que les États-Unis allaient assurer la gestion du pays durant une période transitoire, en s’appuyant sur les ressources naturelles pour financer les opérations engagées. Selon lui, les investissements nécessaires ne coûteraient rien aux contribuables américains, car ils seraient compensés par « l’argent qui sort du sol », en référence directe au pétrole.
Des réserves pétrolières parmi les plus importantes au monde
Le Venezuela dispose des réserves pétrolières les plus importantes de la planète, estimées à plus de 300 milliards de barils. Ce volume, bien que non audité, est jugé crédible par plusieurs sources américaines et représenterait environ un cinquième des réserves mondiales techniquement récupérables dans les conditions économiques actuelles. Ces chiffres placent le pays devant l’Arabie saoudite et l’Iran, en intégrant toutefois une large part de pétrole lourd nécessitant un raffinage complexe. Malgré cet atout, la production reste extrêmement faible. En novembre, le pays ne produisait qu’environ 860 000 barils par jour, soit moins de 1 % de l’offre mondiale. Ce niveau est près de quatre fois inférieur à celui observé à la fin des années 1990, période qui correspondait au pic de production vénézuélienne, avant l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez.
Une production pétrolière effondrée depuis 15 ans
La chute de la production pétrolière s’explique par un manque chronique d’entretien des infrastructures, l’absence de nouveaux investissements et la mise à l’écart progressive de l’expertise technique. Entre 2015 et 2020, la production a été presque divisée par 5, tombant à environ 545 000 barils par jour en 2020, son niveau le plus bas. Les analystes citent la négligence des installations, la médiocrité des infrastructures, le sous-investissement et la corruption comme facteurs déterminants de cet effondrement. À cela s’ajoutent les sanctions américaines successives, dont l’embargo sur le pétrole instauré en 2019, qui ont limité les capacités d’exportation et contribué à l’accumulation de stocks invendus.

PDVSA, un groupe pétrolier public lourdement endetté
La compagnie nationale PDVSA illustre les difficultés structurelles du secteur. Renforcé par des expropriations sans indemnisation des majors occidentales, le contrôle étatique s’est accompagné d’un exode massif du personnel qualifié. PDVSA est aujourd’hui l’une des compagnies pétrolières les plus endettées au monde, avec plus de 35 milliards de dollars de dettes, et a été déclarée en défaut de paiement à plusieurs reprises. Utilisée comme source de financement des politiques sociales et internationales du régime, PDVSA a réduit ses investissements au strict minimum, ce qui a accéléré la dégradation des installations et limité toute perspective de hausse durable de la production.
Les compagnies américaines comme levier de redémarrage
Chevron demeure la seule grande compagnie pétrolière américaine encore présente au Venezuela, grâce à une exemption de sanctions accordée par Washington. Elle produit moins de 200 000 barils par jour dans le cadre de joint-ventures avec des sociétés d’État. Donald Trump a indiqué vouloir élargir l’accès du secteur aux entreprises américaines, évoquant des investissements de plusieurs milliards de dollars pour réparer les infrastructures et relancer la production.
Selon plusieurs analystes, une partie des puits existants pourrait être remise en exploitation relativement rapidement, grâce à des dépenses d’exploitation ciblées, sans nécessiter de lourds investissements initiaux, à condition que le climat des affaires évolue et que les risques d’expropriation disparaissent.
Un impact potentiel sur les marchés pétroliers mondiaux
Une remontée rapide de la production pétrolière vénézuélienne pourrait avoir des conséquences sur l’équilibre du marché mondial. Aujourd’hui, près de 80 % des exportations de pétrole du pays sont destinées à la Chine, le reste contribuant notamment à soutenir Cuba. Un réalignement sur Washington permettrait aux États-Unis d’influencer les flux d’exportation. Donald Trump a récemment affirmé que le Venezuela allait remettre entre 30 et 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis, un volume significatif au regard de la production annuelle actuelle. Une telle évolution pourrait exercer une pression à la baisse sur les prix du pétrole, un scénario peu favorable aux autres grands pays exportateurs, notamment la Russie.
Sources : Les Echos ,Les Echos ,Franceinfo
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