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Analyses de marchés

2024 : presque le meilleur des mondes possible… (Richelieu Gestion)

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30
Nov
2023
La croissance mondiale dépasse les prévisions de 2023, les banques centrales ont une approche prudente, alors que les USA connaissent un ralentissement.
2024 : presque le meilleur des mondes possible… (Richelieu Gestion)

La croissance du PIB en 2023 devrait surpasser les prévisions précédentes d'un point à l'échelle mondiale et de deux points aux États-Unis. L'inflation de base est passée de 6 % en 2022 à 3 % dans les économies touchées par la flambée des prix post-COVID. Notre scénario central prévoit un atterrissage en douceur de l'économie mondiale en 2024. Des élections auront lieu dans plusieurs pays l'année prochaine, avec une montée du populisme et de la polarisation, pouvant entraîner des surprises négatives.

Nous anticipons une bonne visibilité en termes d'inflation et de politique monétaire pour les premiers mois de l'année. Les banques centrales demeureront vigilantes et hésiteront à entamer un cycle de baisse des taux. Un atterrissage en douceur de l'économie américaine et mondiale, associé à la baisse de l'inflation, devrait être bénéfique. Cependant, étant donné le fonctionnement variable et retardé de la politique monétaire, il serait prématuré de déclarer une victoire totale sur l'inflation.

Nous anticipons plusieurs facteurs favorables à la croissance mondiale en 2024, incluant une augmentation significative des revenus réels des ménages, une diminution de la pression liée au resserrement monétaire et budgétaire, ainsi qu'une reprise de l'activité manufacturière.Bien que la croissance reste variable d'une région à l'autre, l'inflation devrait être plus uniforme. La plupart des pays connaissent une désinflation progressive, résultant de la dissipation des chocs d'offre et d'un resserrement des conditions financières.

Les conditions de liquidité varient toujours : les États-Unis et l'Europe sont en phase de resserrement, tandis que le Japon va dans le sens inverse ; la Chine maintient des mesures de stimulation. La croissance du PIB devrait persister en 2024, mais restera modérée et inférieure à celle de 2023. Nous projetons une récession aux États-Unis vers le milieu de l'année 2024, mais de courte durée et peu profonde.

Les principaux indicateurs d'une croissance mondiale modérée comprennent un taux de chômage élevé, des taux d'intérêt accrus et une politique budgétaire moins stimulante. La baisse de l'inflation soutiendra la croissance économique en rétablissant le pouvoir d'achat réel, ainsi qu'une épargne excédentaire des ménages. Les marchés du travail, bien que tendus, devraient maintenir une croissance salariale solide, bien que plus lente.

L'effet désinflationniste causé par l'énergie diminue rapidement, tandis que la décélération des prix des denrées alimentaires se poursuit. Les pressions salariales demeurent élevées, entravant la désinflation de base. Bien que la plupart des grandes banques centrales des pays développés aient probablement terminé leur cycle de hausses de taux, nous ne prévoyons pas de baisses de taux avant le second semestre de 2024 (T4 aux États-Unis, 2025 en zone euro), selon notre scénario de référence d'une économie mondiale robuste.

Dans de nombreux pays émergents, les taux des banques centrales sont déjà en baisse, mais nous anticipons une action prudente des banques centrales des économies avancées, sensibles aux risques inflationnistes et n'agissant que encas de risque systémique. Nous devons rester vigilants pour détecter les signaux faibles qui pourraient conduire à un scénario plus complexe.

L'économie américaine ralentit

En 2024, l'économie des États-Unis devrait marquer un ralentissement, avec une croissance du PIB réel prévue à 1,2 %, en baisse par rapport aux 2,5 % précédents. L'inflation devrait se maintenir entre 2,5 % et 3%, légèrement au-dessus de l'objectif fixé par la Fed. Le taux de chômage devrait également augmenter, atteignant environ 4,5 % d'ici la fin de l'année, comparé à 3,4 % en 2023.

Selon notre scénario principal, l'économie américaine devrait connaître un atterrissage en douceur. Bien qu'une croissance positive, mais inférieure au potentiel, soit prévue, l'inflation a été particulièrement impactée par la résilience de la demande des consommateurs aux États-Unis. Ce phénomène a entraîné une modération économique ayant un effet désinflationniste. Par exemple, l'inflation des loyers, représentant 44% de l'indice, a ralenti, passant de plus de 16% début 2022 à seulement 3% en septembre 2023.

Cette dynamique de croissance, combinée à une désinflation progressive et à un ralentissement de l'emploi, pourrait inciter la Fed à envisager une baisse des taux d'intérêt de 25 points de base au second semestre, avec un taux final atteignant 3,5 % en 2026. La Fed semble naviguer avec succès vers cet atterrissage en douceur, où le taux de chômage augmente marginalement, tandis que les tensions sur le marché du travail se dissipent avec la diminution de la demande de main-d'œuvre.

L'économie américaine a surpris positivement en dépassant les prévisions initiales d'une récession, grâce à la résilience de la consommation, à une impulsion budgétaire forte et à des investissements dynamiques soutenus par des politiques favorables. Cette performance contraste avec la situation dans la zone euro et en Chine, où la confiance des consommateurs et des entreprises est nettement plus faible. Malgré cela, les moteurs de la consommation aux États-Unis demeurent robustes, soutenus par un marché du travail solide et une croissance continue du revenu disponible.

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