Fiscalité du capital en 2026 : quelles stratégies après la hausse du PFU ?

Fiscalité
Aurélie Gherardi
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À compter du 1er janvier 2026, la hausse de la Contribution Sociale Généralisée (CSG) portera les prélèvements sociaux à 18,6 %, entraînant mécaniquement un relèvement du Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) à 31,4 %. Une évolution en apparence marginale, mais qui modifie sensiblement les stratégies patrimoniales, notamment pour les chefs d’entreprise percevant des dividendes ou investissant un capital post-cession.
La réforme n’a rien de spectaculaire. Elle ne bouleverse pas les régimes existants. Pourtant, elle en modifie l’équilibre.
Passer de 30 % à 31,4 % de PFU représente 1,4 point supplémentaire. Sur des flux significatifs, l’impact devient concret. Un dirigeant percevant 300 000 euros de dividendes verra sa fiscalité annuelle progresser de 4 200 euros. Sur dix ans, l’écart dépasse 40 000 euros.
Ce n’est pas une rupture. C’est un signal.

Un ajustement technique aux conséquences patrimoniales réelles

L’augmentation des prélèvements sociaux invite à reconsidérer un modèle encore largement utilisé : celui d’un capital investi dont on distribue chaque année les revenus pour maintenir son niveau de vie.
Depuis plusieurs années, de nombreux dirigeants – via leur société d’exploitation ou une holding – ont structuré leur stratégie autour d’un objectif simple : remplacer le revenu d’activité par des dividendes.
Ce schéma reste cohérent. Mais il doit aujourd’hui être affiné.

Distribution automatique ou revenu piloté : un arbitrage stratégique

La hausse des prélèvements sociaux renforce l’intérêt des stratégies de capitalisation et de différé de revenu.
Distribuer mécaniquement l’intégralité des produits générés n’est plus nécessairement optimal. La question devient temporelle : à quel moment déclencher l’imposition ? Faut-il percevoir immédiatement les revenus ou les laisser capitaliser ?
Dans un environnement fiscal plus exigeant, la gestion du timing devient un levier stratégique à part entière.

L’assurance-vie : l’enveloppe et le calendrier des flux

L’assurance-vie conserve un avantage relatif, puisque les prélèvements sociaux demeurent fixés à 17,2 %.
Sur un capital d’un million d’euros produisant 4 % de rendement annuel (40 000 euros), l’écart fiscal avec un compte-titres soumis au PFU à 31,4 % dépasse 5 600 euros par an. Sur la durée, la capitalisation amplifie mécaniquement cette différence.
Mais l’intérêt ne se limite pas à l’écart de taux.

L’assurance-vie permet d’organiser le rythme des rachats, de fractionner les retraits, d’ajuster la quote-part imposable en fonction des besoins réels du dirigeant et de son foyer fiscal. Elle introduit une souplesse essentielle : le revenu devient choisi, non subi.

Autre levier souvent sous-exploité dans les stratégies post-cession : l’avance sur contrat. En permettant d’obtenir des liquidités sans générer d’imposition immédiate, l’avance offre une solution efficace pour financer un projet ou un besoin ponctuel tout en maintenant la logique de capitalisation.
Dans un contexte de hausse du PFU, cette capacité à dissocier liquidité et fiscalité devient particulièrement pertinente.

Le PEA et le PER dans une approche globale de fiscalité patrimoniale

Le PEA conserve son exonération d’impôt sur le revenu après cinq ans, mais les plus-values restent soumises aux prélèvements sociaux. L’impact de la hausse peut sembler limité, mais il s’additionne dans le temps.

Concernant le PER, l’avantage fiscal à l’entrée demeure attractif pour les dirigeants fortement imposés. En revanche, la sortie devra désormais intégrer ces nouveaux prélèvements sociaux sur la part d’intérêts.

Ces outils conservent toute leur pertinence, à condition d’être intégrés dans une vision consolidée. L’approche ne peut plus être segmentée produit par produit. Elle doit articuler fiscalité à l’entrée, fiscalité en phase de capitalisation et fiscalité à la sortie.

Post-cession : changer de logique de revenus patrimoniaux

Lorsqu’un chef d’entreprise cède sa société, il change de posture. Il passe d’une logique de création de valeur à une logique de gestion de capital. Son patrimoine devient sa principale source de revenus.

Dans ce contexte, la hausse du PFU agit comme un révélateur : le revenu patrimonial ne peut plus être automatique, il doit être piloté.
Il devient pertinent d’alterner phases de capitalisation et phases de retrait, d’optimiser le calendrier des rachats, de rechercher des stratégies de différé de revenu voire de combiner dividendes, rachats partiels et avances sur contrat.

La question n’est plus uniquement « combien puis-je percevoir ? » mais « quand et sous quelle forme dois-je percevoir ? ».

Modéliser l’impôt global : une exigence renforcée pour le conseil patrimonial

La hausse de la CSG renforce une nécessité méthodologique : modéliser l’impôt total du client.
Il ne suffit plus d’analyser la fiscalité du capital isolément. Il faut intégrer la fiscalité des revenus professionnels ou de remplacement, celle des dividendes et plus-values, l’impact des enveloppes utilisées et la projection dans le temps.

Le rendement pertinent n’est plus le rendement brut, ni même le rendement net ponctuel. C’est le rendement net après impôt réel, apprécié dans la durée et dans une stratégie cohérente.

Pour les conseillers en gestion de patrimoine, cela implique d’adopter une approche consolidée et prospective, en tenant compte des interactions entre fiscalité du capital et fiscalité des revenus.

Ajuster la trajectoire patrimoniale plutôt que subir la réforme

La hausse de la CSG et le passage du PFU à 31,4 % ne constituent pas une révolution fiscale. Ils s’inscrivent dans une dynamique de sollicitation accrue du capital.

Pour les chefs d’entreprise, l’enjeu n’est pas de modifier radicalement leur stratégie, mais d’en ajuster les paramètres : rythme des distributions, arbitrage entre enveloppes, stratégies de différé de revenu, gestion du calendrier des retraits.

Anticiper plutôt que subir.
Piloter plutôt que distribuer systématiquement.
Structurer plutôt qu’empiler.

Dans cet environnement, la valeur ajoutée du conseil réside dans la capacité à orchestrer l’ensemble du patrimoine autour d’un objectif clair : préserver, optimiser et transmettre un capital net dans la durée.

Par Aurélie Gherardi, CTRL_A Finance

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