Multi-asset : un repositionnement des allocations après le choc pétrolier (Schroders)

Analyses de marchés
allocations actifs mars 2026

Nous abordions le conflit en Iran avec un positionnement fondé sur un environnement cyclique favorable, avec un biais vers les risques inflationnistes, dans un contexte de relance budgétaire attendue et de résilience accrue des chaînes d’approvisionnement dans un monde marqué par la déglobalisation et les tensions géopolitiques. Cette combinaison nous a conduits à une surpondération des actions et des matières premières, et à une sous-pondération des obligations.

Des prises de profits sur les matières premières et une volatilité persistante

Nous n’avons pas d’avantage particulier pour anticiper l’évolution du conflit au Moyen-Orient. Nous avons décidé de prendre des profits sur notre position large en matières premières car, après la hausse des prix du pétrole, les perspectives apparaissent désormais plus équilibrées. Cela ne signifie pas pour autant que la volatilité est terminée, les investisseurs devant désormais évaluer la réaction des banques centrales face à ce choc stagflationniste.

Nous ne pensons pas que la situation soit aussi extrême qu’en 2022, le niveau initial des taux d’intérêt étant plus élevé et celui de l’inflation plus faible. Néanmoins, nous anticipons une poursuite de la hausse des rendements obligataires, avec un taux à 10 ans américain attendu à 4,5 %. Nous anticipons également un potentiel de hausse du dollar américain, les États-Unis étant moins exposés au choc énergétique.

Nous adoptons par ailleurs une position négative sur le crédit investment grade américain, les spreads actuels offrant peu de protection face aux risques stagflationnistes et à l’augmentation des émissions.

Une préférence maintenue pour les actions, avec des ajustements

Nous maintenons une surpondération des actions mais avons décidé de réduire l’exposition aux valeurs internationales décotées, les financières restant sensibles aux taux et les États-Unis apparaissant plus résilients en cas de hausse prolongée des prix de l’énergie.

Nous restons exposés à l’or malgré la volatilité récente, soutenus par une demande structurelle des banques centrales des marchés émergents et par son rôle de diversification face aux risques budgétaires et géopolitiques. Nous conservons également une exposition à la dette émergente en devise locale, portée par des rendements réels attractifs et des fondamentaux en amélioration.

Des perspectives positives pour les actions malgré les risques

Nous estimons que les actions conservent un potentiel de hausse, avec un risque de récession jugé faible. Toutefois, le risque de perturbations prolongées de l’offre énergétique conduit à réduire la cyclicité de l’exposition actions et à renforcer l’exposition au dollar américain.

Les positions de couverture via les matières premières ont été réduites, tandis que la sous-pondération obligataire est maintenue en raison du niveau des rendements, considéré comme un risque de valorisation pour les actions.

Les grandes classes d’actifs : entre conviction actions et prudence obligataire

Nous conservons une opinion positive sur les actions, les fondamentaux restant solides malgré des risques géopolitiques à court terme et une volatilité potentiellement élevée.

Nous restons négatifs sur les obligations d’État, les marchés sous-estimant selon nous les risques inflationnistes liés à un conflit prolongé au Moyen-Orient.

Après avoir pris des profits, nous adoptons une position neutre sur les matières premières, le risque évoluant d’un choc aigu vers une situation plus durable.

Nous dégradons notre vision du crédit, les spreads étant jugés trop faibles au regard des risques actuels.

Lire aussi : Pétrole, inflation et résultats d’entreprises : les marchés entre tensions géopolitiques et fondamentaux toujours solides

Focus géographique : des États-Unis plus résilients

Nous restons positifs sur les actions américaines, soutenues par la croissance des bénéfices et la solidité du consommateur.

Nous adoptons une position neutre sur les marchés européens et britanniques, pénalisés par la sensibilité aux prix de l’énergie et des incertitudes politiques.

Nous relevons notre opinion sur les actions émergentes, en particulier en Asie, bénéficiant des dynamiques liées à la technologie et à l’intelligence artificielle.

Obligations et crédit : des risques toujours présents

Nous restons négatifs sur les obligations américaines, avec des rendements susceptibles de progresser davantage. Les obligations européennes et britanniques sont jugées neutres, dans un contexte de sensibilité accrue aux prix de l’énergie.

Sur le crédit, la prudence domine, avec une vision négative sur les segments américain et high yield, en raison de valorisations élevées et de risques de marché.

Lire aussi : Taux d’intérêt : les marchés anticipent moins de baisses en 2026

Matières premières et devises : arbitrages après le choc énergétique

Sur les matières premières, nous restons positifs sur l’or, soutenu par la demande des banques centrales, tandis que l’énergie revient à une position neutre après la forte hausse récente.

Côté devises, nous relevons notre opinion sur le dollar américain, considéré comme mieux protégé face au choc énergétique. À l’inverse, l’euro est dégradé, en raison de la sensibilité de la zone aux prix de l’énergie.

Par Schroders, Patrick Brenner, Chief Investment Officer, traduit de l'anglais Multi-Asset, Multi asset investiment views: March 2026

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