Souveraineté européenne : le conseil patrimonial à l’heure des choix

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Dans un monde plus instable et plus fragmenté, la souveraineté européenne s’impose désormais comme une nécessité stratégique. La défense en constitue l’expression la plus visible, mais la thématique embrasse aussi l’énergie, les matières premières, la santé, l’alimentation, les technologies, les infrastructures. Dans tous ces domaines, l’Europe doit renforcer son autonomie, sécuriser ses capacités d’action et mieux orienter l’épargne.

L’intégration de la souveraineté dans les allocations d’actifs

Pour les professionnels de la gestion de patrimoine, l’essor de la souveraineté européenne ouvre un nouveau champ de réflexion. Sous réserve d’en mesurer les implications dans les allocations d’actifs, en cohérence avec les besoins des clients, dans un environnement financier et géopolitique particulièrement mouvant. « La meilleure allocation financière n’est pas forcément la plus respectueuse des décisions politiques, prévient Pascale Gloser, présidente de la CNCEF Patrimoine. Certains événements militaires peuvent déjà être anticipés par les marchés, certaines déclarations peuvent les influencer. » Dans un tel environnement, la capacité du conseiller à mettre en perspective ses propositions d’investissement devient essentielle. « Grâce à une connaissance fine de ses clients, le CGP peut orienter avec précision leur épargne vers des thématiques et déclinaisons sectorielles en ligne avec leurs attentes », fait valoir Yves Mazin, président de la CNCGP.

La nouvelle dynamique autour de la souveraineté européenne se traduit dans les échanges de terrain. « Nos membres nous font remonter un réel intérêt de leurs clients pour cette thématique, apparemment plus marqué que pour l’investissement responsable, rapporte David Charlet, président de l’ANACOFI. L’offre restant limitée, il est néanmoins trop tôt pour en tirer des conclusions. » Son intégration dans les allocations peut soulever des arbitrages très concrets. « Les clients sont souvent contraints de choisir entre souveraineté européenne et investissement durable, constate Pascale Gloser. Ce second critère recule désormais dans leurs priorités, d’autant que l’industrie de la gestion d’actifs reste partiellement préparée. » Mais un frein persiste. « Porter la souveraineté dans les allocations suppose des solutions compatibles avec tous les profils de risque. Or, l’offre reste trop concentrée sur des actifs risqués, notamment non cotés », soulève Yves Mazin.

Le rôle structurant des associations professionnelles de CGP

Face à ce nouvel enjeu, les associations professionnelles de la gestion de patrimoine réaffirment leur rôle central. « Nous occupons une place singulière en Europe, souligne David Charlet. Agréées par l’AMF et l’ACPR, nos associations assurent des missions d’information, de formation et d’accompagnement de nos membres, quand, ailleurs, celles-ci relèvent d’instances centrales ou des régulateurs. À cela s’ajoute une dimension de “club”, qui renforce la cohésion de la profession dans un environnement toujours plus complexe. » Leur rôle est également structurant. « Notre présence auprès des instances nationales, européennes et des autorités de tutelle est déterminante pour expliquer, valoriser et pérenniser nos métiers », complète Pascale Gloser. Cet accompagnement impose aussi une vigilance renforcée. « Nous assurons un accompagnement réglementaire de nos adhérents, indépendamment du contexte économique et géopolitique, sans influer sur leurs conseils d’investissement. Ce rôle diffère de celui d’un groupement, insiste Philippe Feuille, président de la Compagnie des CGP. Pour autant, dans des contextes perturbés, notre responsabilité est d’inviter à la vigilance face aux solutions atypiques et à leurs effets potentiels à moyen et long terme. »

Enfin, la démarche des associations s’inscrit dans le temps long et contribue pleinement à la souveraineté européenne, notamment dans le cadre de la construction du marché unique des capitaux. « Nous faisons le pont entre une régulation européenne exigeante et des conseillers qui doivent l’appliquer dans leur pratique quotidienne, avec un objectif : qu’elle reste à la fois protectrice et applicable », conclut Yves Mazin.

Par Carole Leclerq pour Club Patrimoine

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Talk#1 Souveraineté européenne : un enjeu stratégique au cœur des investissements

"Saisir les opportunités de la souveraineté européenne"

Souveraineté, Défense, investir face au retour des enjeux géopolitiques

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