Actions internationales : quelles perspectives pour 2026 ?

Une Fed plus accommodante et un soutien durable des banques centrales
L’année 2026 pourrait réserver des opportunités sur les marchés actions, en dépit de l’essoufflement de dynamiques porteuses. Le changement à la tête de la Fed pourrait ébranler son indépendance… au profit d’une politique plus accommodante, davantage au service de la croissance américaine. Les banques centrales, et plus particulièrement la Fed, continueront de nourrir les marchés en liquidités, à la fois par de nouvelles baisses de taux mais aussi par la reprise des achats d’actifs. L’intronisation du nouveau président à la tête de l’institution, prévue pour mai 2026, s’annonce très politique, et laisse entrevoir une Fed davantage alignée sur les priorités de l’administration Trump.
Le dollar devrait rester structurellement sous pression, pénalisé par une politique budgétaire expansionniste entraînant une hausse du déficit américain, une banque centrale accommodante, ainsi qu’une politique commerciale instable.
La dynamique favorable des pays émergents devrait se poursuivre, avec des pays combinant des attentes de croissance des bénéfices supérieurs aux pays développés, des valorisations attractives, et une dynamique de flux favorable. La faiblesse du dollar offre un soutien supplémentaire, atténuant les pressions financières et améliorant la compétitivité économique des pays émergents, généralement débitrices nets en dollars et exportateurs de matières premières.
Un contexte porteur pour les marchés européens
L’Europe pourrait tirer parti d’un cocktail favorable : des valorisations attractives, un plan de relance allemand ambitieux et une politique monétaire souple, dans un environnement où l’inflation se maintient à 2 %. L’option d'une résolution du conflit russo-ukrainien s’afficherait comme soutient sur la zone. Un possible règlement du conflit Russie–Ukraine réduirait la prime de risque géopolitique et devrait soutenir les actifs de la zone.
Lire aussi : Taux des banques centrales : pourquoi une baisse devient décisive pour les marchés en 2026
Le retour potentiel des secteurs délaissés
Les secteurs délaissés ces derniers mois pourraient soutenir la progression des marchés. En 2025, la performance des marchés actions a été largement portée par la technologie, dopée par la thématique de l’IA. Cette dynamique a relégué au second plan des secteurs traditionnellement défensifs, tels que la santé ou le luxe. Nous anticipons qu’en 2026, ces segments pourraient bénéficier d’un regain d’intérêt, soutenu par des valorisations attractives, des fondamentaux solides et une moindre sensibilité aux aléas macroéconomiques.
Nous pensons néanmoins qu’une partie du chemin est déjà faite. Les baisses de taux sont majoritairement derrière nous, l’obsession IA montre des signes d’essoufflement, le rattrapage de la Chine est en partie consommé, et la flambée des matières premières – en particulier de l’or – sera difficile à reproduire dans cette ampleur en 2026.
Les principaux vents porteurs attendus en 2026
Quels pourraient être les vents porteurs ?
Le déploiement effectif des plans de relance américain et européen constitue un puissant moteur de croissance pour leur zone respective. Aux États-Unis, le One Big Beautiful Act vise à prolonger et élargir les baisses d’impôts pour les ménages et les entreprises, tout en finançant des dépenses ciblées dans la défense et la sécurité. Les montants engagés incluent une hausse du plafond de la dette de 5 000 milliards de dollars et environ 300 milliards de dollars de nouvelles dépenses. En Allemagne, le plan historique de 500 milliards d’euros voté en 2025 vise à moderniser ses infrastructures, soutenir la transition énergétique et renforcer la compétitivité industrielle. Un doute subsiste néanmoins quant au déploiement effectif des sommes prévues, ainsi que sur leur impact réel sur l’économie européenne.
Le plan quinquennal chinois s’inscrit dans une politique budgétaire proactive destinée à soutenir la croissance. Le plan met notamment l’accent sur les « nouvelles forces productives de qualité », avec une priorité donnée aux technologies à forte valeur ajoutée, orientant les investissements vers les secteurs des technologies de l’information, des communications et de l’industrie. Par ailleurs, le pays prévoit de conserver un déficit budgétaire élevé en 2026 (au moins 4 % du PIB), avec un objectif de croissance du PIB à 5 %. Enfin, lors de la Central Economic Work Conference en fin d’année, Pékin a clairement affiché son ambition de stimuler la consommation des ménages, marquant une inflexion vers des réformes axées sur la demande intérieure. Le recentrage des politiques vers le soutien à la consommation pourrait marquer un tournant pour le marché, améliorant le sentiment des investisseurs à l’égard des actions chinoises.
Un dollar plus faible profite aux exportateurs américains et aux pays émergents. La baisse du dollar rend les exportations américaines plus compétitives. Pour les pays émergents, il réduit le coût de la dette libellée en dollars et attire davantage de capitaux. Les producteurs de matières premières en bénéficient aussi, un dollar plus bas tend à faire monter les prix de ces dernières, et tout particulièrement les sociétés minières, or et cuivre, sur lesquelles nous sommes positionnés.
Les principaux points d’attention pour les investisseurs
Quels sont vos principaux points d’attention ?
L’agenda politique américain s’annonce chargé, avec les élections de mi-mandat au centre des enjeux. Prévues en novembre 2026, ce scrutin sera déterminant pour la composition du Congrès et pourrait rebattre les cartes du pouvoir, influençant la capacité de l’exécutif à déployer ses priorités économiques et budgétaires. Les débats, et gros titres, porteront notamment sur la politique fiscale, entre la tentation d’une relance supplémentaire et le risque de blocage budgétaire ; et la politique commerciale, avec en toile de fond la question de la légitimité des hausses tarifaires. L’augmentation du déficit américain et ses modalités de financement constituent, à moyen terme, une source d’inquiétude pour les marchés. Enfin, le gouvernement fait face à un défi majeur : préserver une croissance durable alors que les consommateurs les moins fortunés montrent des signes de faiblesse.
L’environnement électoral en Amérique du Sud. Le scrutin présidentiel d’octobre 2026 au Brésil s’annonce comme source de volatilité. L’annonce de la candidature de Flávio Bolsonaro le 5 décembre 2025 a provoqué une chute de 4,2 % de l’Ibovespa et une dépréciation du réal[1]. Les investisseurs privilégient Tarcísio de Freitas, perçu comme plus favorable au marché, face à Lula et Bolsonaro. L’incertitude du résultat et la fragmentation du camp conservateur devraient entraîner des épisodes de volatilité sur les actifs brésiliens à mesure que la campagne progresse.
Les attentes élevées de croissance des bénéfices, particulièrement aux États-Unis. Les entreprises américaines ont remarquablement bien résisté aux hausses tarifaires, affichant des croissances de bénéfices supérieures à la moyenne historique. Les attentes pour 2026 restent élevées, avec une progression des bénéfices par action anticipée à +13 %[2]. Cet objectif semble atteignable, mais la marge de manœuvre est étroite : la moindre déception pourrait déclencher des corrections rapides sur les marchés.
La dynamique autour de l’IA pourrait continuer à s’essouffler après une année exceptionnelle. L’une des rares certitudes pour les marchés au sujet de l’IA est l’ampleur des investissements dans ce domaine, notamment dans la construction d’infrastructures comme les centres de données. En parallèle, il reste difficile d’évaluer le retour sur investissement de ces dépenses. Le principal risque est que la croissance des utilisateurs et les revenus — autrement dit, la monétisation — soient décevants. De plus, les liens financiers croissants entre différents acteurs de l’IA introduisent un risque d’interdépendance : une inquiétude touchant une entreprise pourrait facilement se propager aux autres. Pour autant, la thématique pourrait trouver un relais de croissance, avec une transition de l’infrastructure, prépondérante en 2025, vers le logiciel et les applications. Ce glissement devrait s’accompagner d’une meilleure visibilité sur le ROI[3], d’une montée en puissance des plateformes et d’une diffusion plus large des cas d’usage, renforçant la capacité de monétisation.
[1] Source : Bloomberg, 28/11/2025.
[2] Source : Royal Bank of Canada, Décembre 2026.
[3] Retour sur investissement
Lire aussi :
L’IA reste-t-elle un moteur des marchés après le reality check de 2025 ?
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