Crypto-actifs et diversification patrimoniale : où en est l’adoption ?

La 5e édition du baromètre de l'Adan, réalisée avec Ipsos, décrit un marché français des crypto-actifs entré dans une phase de maturité. La notoriété atteint un niveau record, tandis que la détention se stabilise autour de 11 % de la population, alors que MiCA est désormais pleinement applicable.
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93 % des Français déclarent avoir déjà entendu parler d'au moins un crypto-actif, contre 92 % en 2025 et 77 % en 2022. Une progression de 16 points en 5 ans. Les cryptomonnaies restent le socle de cette connaissance (93 %, +17 points en 5 ans), tandis que les NFT reculent à 40 % (contre 45 % en 2025) après plusieurs années de forte hausse. Les stablecoins, eux, stagnent à 16 % de notoriété.
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Côté détention, 11 % des Français possèdent un crypto-actif, contre 10 % en 2025. 7 % continuent d'en acquérir régulièrement, un niveau stable depuis 3 ans, et plus de 92 % d'entre eux comptent poursuivre leurs achats. En intégrant les 3 % d'anciens détenteurs, 14 % de la population a déjà acquis des crypto-actifs. 32 % des Français se déclarent par ailleurs intentionnistes.
Au niveau européen, la France se situe dans la moyenne avec 93 % de notoriété, à égalité avec l'Allemagne et les Pays-Bas. Le Royaume-Uni et l'Italie affichent 95 %. Sur la détention, l'Allemagne (17 %) et les Pays-Bas (20 %) devancent nettement la France, tandis que le Royaume-Uni recule à 16 % contre 19 % en 2025.
Profil de l'acquéreur crypto en France : 70 % d'hommes, 39 ans en moyenne
Les détenteurs restent à 70 % des hommes, une proportion stable. L'âge moyen des investisseurs s'établit à 39 ans, contre 50 ans pour la population générale. Les 18-34 ans représentent 50 % des acquéreurs, pour un quart de la population générale, et les 35-44 ans en constituent 21 %. L'Île-de-France concentre 26 % des acquéreurs contre 18 % pour l'ensemble des Français, le reste du territoire regroupant 74 % des détenteurs. 50 % des acquéreurs possèdent un diplôme de l'enseignement supérieur long.
Une gestion patrimoniale prudente
Les détenteurs allouent en moyenne 14 % de leur épargne globale aux crypto-actifs, contre 17 % lors de la précédente vague. 80 % des acquéreurs détiennent un portefeuille inférieur à 5 000 €, et pour près de la moitié d'entre eux l'exposition reste sous les 500 €. Près de 6 acquéreurs sur 10 réalisent moins d'une transaction par mois.
Les détenteurs de crypto-actifs sont 2,5 fois plus susceptibles de détenir des actions que l'ensemble des Français (10 % contre 4 %), investissent deux fois plus dans des fonds communs de placement (4 % contre 2 %) et sont 4 fois plus exposés à l'or. Au niveau européen, le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Pays-Bas restent en tête pour la part de l'épargne investie en crypto-actifs (23 %, 20 % et 19 %), contre 14 % en France.
Fiscalité et cadre réglementaire : le point de friction
39 % des Français jugent la France trop restrictive ou insuffisamment engagée sur les crypto-actifs, un chiffre qui grimpe à 77 % chez les acquéreurs. Sur le plan fiscal, seuls 21 % des Français estiment le régime applicable approprié, quand 78 % le jugent trop complexe ou inadapté. Les autres pays européens affichent des niveaux de satisfaction plus élevés, aussi bien chez les détenteurs que dans la population générale.
Bitcoin toujours dominant, Solana en forte progression
Le Bitcoin reste l'actif le plus détenu, par 66 % des acquéreurs (contre 71 % en 2025). L'Ether conserve sa deuxième place avec 38 % de détenteurs. Solana enregistre la plus forte progression de l'édition 2026 : 21 % de détenteurs, soit +9 points en un an, ce qui le place en 3e position. L'USDC talonne Solana avec 20 % de détention. Le nombre moyen de types de cryptomonnaies détenus s'établit à 2,4 en France, contre 3,2 en Belgique et 2,2 aux Pays-Bas.
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Le retour en force des intermédiaires régulés
67 % des détenteurs français conservent désormais leurs actifs exclusivement via un tiers régulé (plateforme d'échange), soit +9 points en un an, au détriment de l'autodétention pure qui recule à 23 %. Les néo-banques et fintechs captent 24 % des usages de conservation. La tendance est inverse au Royaume-Uni, où la part d'acquéreurs conservant leurs actifs uniquement via un portefeuille personnel progresse de 9 points, pour dépasser le tiers des acquéreurs.
Les intentionnistes se montrent les moins satisfaits de leur banque parmi tous les profils interrogés. 43 % d'entre eux se disent prêts à changer d'établissement principal pour une offre crypto robuste et intégrée, et 49 % déclarent vouloir accéder à la DeFi prioritairement via leur banque.
Stablecoins : de l'outil technique à l'usage transactionnel
Les stablecoins indexés sur le dollar dominent encore les usages (70 %), mais l'intérêt pour une version euro progresse : 53 % des utilisateurs de stablecoins ont déjà eu recours à une version euro, et 68 % des connaisseurs se disent intéressés. 68 % des détenteurs de stablecoins les utilisent pour la gestion globale de leur patrimoine, et 23 % pour le règlement de biens ou services.
53 % des acquéreurs ont déjà réalisé un paiement en crypto-actifs, principalement via une carte de paiement dédiée (27 % des usages). 25 % de la population française, et 66 % des détenteurs, souhaitent une généralisation de ces moyens de paiement chez les commerçants de proximité.
DeFi et tokenisation : des usages encore émergents
50 % des acquéreurs de crypto-actifs ayant connaissance de la DeFi déclarent l'avoir déjà utilisée, pour du staking, du lending ou de l'apport de liquidité. 49 % des Français qui connaissent ou s'intéressent à la DeFi envisagent d'y accéder via leur banque habituelle, contre 49 % qui privilégient les plateformes d'échange chez les acquéreurs de cryptomonnaies.
Sur la tokenisation, 19 % des Français identifient déjà la notion de fonds tokenisés. 55 % des détenteurs actuels s'y montrent intéressés, et 29 % de l'ensemble des Français se disent intéressés par la détention de parts de fonds ou d'obligations sous forme numérique.
Sur l'euro numérique, 42 % des Français se déclarent prêts à l'utiliser, un chiffre qui atteint 72 % chez les acquéreurs de crypto-actifs. 36 % des Français conditionnent toutefois leur adoption à une garantie de confidentialité des données.
Publié le 23/12/2025 :
Bitcoin, Ether, ETF, régulation MiCA, les crypto-monnaies s’imposent progressivement dans le paysage financier. Phénomène de société ou simple effet de mode, quels sont les moteurs de cette adoption et quelle place peuvent occuper les crypto-actifs dans une stratégie patrimoniale ? Avec Jules Rousselet, Associé Fondateur d’Alfines Gestion Privée.
Peut-on encore parler de marché de niche pour les cryptos ?
Jules Rousselet : Question vitale en effet. Ce qu'on peut utiliser, c'est potentiellement le concept de l'adoption d'une vérité de Schopenhauer. Trois étapes. Étape une, elle est ridiculisée. La crypto, c'est pour les geeks. Étape deux, elle est violemment combattue. C'est une arnaque, ça va s'effondrer, ça va disparaître. Étape trois, elle est évidente. Les banques, les entreprises, les États commencent à utiliser la crypto et à la valider. Aujourd'hui, on n'est pas complètement sortis de l'étape deux. On n'est pas complètement rentrés dans l'étape trois. Mais pour répondre à votre question, on est à un niveau d'adoption avancé. On n'est plus dans un marché de niche, mais on est dans un réel phénomène de société.
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Jules Rousselet : Trois grandes raisons. Vous l'avez dit dans votre introduction. Vous avez MiCA en Europe. Vous avez la SEC aux États-Unis qui a approuvé l'ETF Bitcoin. La régulation claire, ça favorise l'adoption. La deuxième grande raison, ce sont les usages clairs et concrets. Vous pouvez investir, vous pouvez payer. Vous pouvez vous identifier numériquement, vous pouvez jouer avec la crypto-monnaie aujourd'hui, vous pouvez emprunter. Donc les usages sont clairs aujourd'hui, les gens commencent à les utiliser. Enfin, la troisième raison, ce sont les institutionnels qui commencent à détenir et à utiliser les crypto-monnaies. Fidelity, BlackRock, certaines banques françaises. Donc forcément, quand les gros commencent à s'y mettre, on change d'échelle au niveau de l'adoption. Ce sont les trois grandes raisons.
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Est-ce encore le bon moment pour investir dans les cryptos ?
Jules Rousselet : Grande question. On va prendre les deux principales. Le bitcoin, cette année, rien que cette année, a eu un bas à 77 000 dollars et son plus haut historique à 126 000 dollars. Aujourd'hui, à l'heure où je vous parle, on est à peu près à 92 000 dollars. L’Ether, on est passé sous la barre des 1 500 cette année et on a dépassé les 4 800 dollars aussi cette année. Aujourd'hui, on est à peu près à 3 100. Les derniers mois ont été très volatiles. Donc pour répondre à votre question, est-ce que c'est le bon moment d'investir ? Oui, non. Il y a des experts qui disent que le bitcoin consolide et va rebondir, d'autres qui disent qu'il va continuer de chuter. Vous avez des experts qui disent que les fondamentaux sont très solides pour l’Ether et donc que ça va continuer de progresser et d'autres qui disent le contraire. Moi, je vous dirais que oui, bien évidemment, il faut investir dans cette classe d'actifs, mais il faut définir son horizon de temps et il faut investir de manière progressive pour lisser son coût de revient unitaire.
Est-ce que votre cabinet propose l'investissement en crypto ?
Jules Rousselet : Oui, nous, on considère depuis maintenant trois ans, depuis la création de notre société, que détenir de la crypto-monnaie c'est fondamental dans une diversification patrimoniale, que se priver justement des crypto-actifs c'est se priver d'un potentiel de croissance patrimoniale. Donc on va travailler avec des opérateurs qui ont bien évidemment l'agrément PSAN, prestataire en service d'actifs numériques, et l'objectif c'est aussi de faire de la pédagogie car c'est une nouvelle classe d'actifs.
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