Jusqu’à 19,6 % des emplois menacés par l’IA dans le monde

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graphique % d'emplois vulnérables à l'IA par pays

Le développement rapide de l’intelligence artificielle redessine les perspectives du marché du travail à l’échelle internationale. Les données issues de l’étude menée par Coface et l’Observatoire des emplois menacés et émergents mettent en évidence une forte disparité entre les économies développées. Certains pays apparaissent particulièrement exposés. Le Royaume-Uni atteint ainsi un niveau de 19,6 % d’emplois vulnérables, suivi de près par les Pays-Bas. D’autres grandes économies comme le Canada, l’Allemagne ou la Pologne se situent autour de 17 % à 18 %. À l’inverse, des pays comme l’Espagne, le Japon ou encore la Turquie présentent une exposition plus limitée.

En France : 16,3 % des emplois potentiellement menacés par l'IA

Rapporté au marché du travail français, ce niveau d’exposition représente près de 5 millions d’emplois susceptibles d’être affectés d’ici la fin de la décennie. Un chiffre à mettre en perspective avec les 2,5 millions de chômeurs actuellement recensés.

« près de 5 millions d'emplois en France sont menacés d'ici à la fin de la décennie. Or le pays compte environ 2,5 millions de chômeurs aujourd'hui. L'IA aura donc un impact macroéconomique »

Aurélien Duthoit, économiste chez Coface

À ce stade, l’impact reste encore limité. Selon l’étude, 3,8 % de l’emploi est aujourd’hui fragilisé par le déploiement des outils d’intelligence artificielle générative dans les entreprises. Ces usages concernent principalement les chatbots ou les modèles de langage encadrés.

graphique % des emplois vulnérables à l'IA dans le monde

IA agentique : l'accélération du risque pour l’emploi

La rupture pourrait intervenir avec l’entrée dans une nouvelle phase de développement, celle de l’IA dite agentique. Ces systèmes, capables de prendre des décisions de manière autonome et d’apprendre de leurs interactions, devraient accélérer les gains de productivité et la substitution de certaines tâches humaines.

À ce jour, seule une minorité d’entreprises a engagé ce type de transformation.

« On n'y est pas encore puisque seules un tiers des grandes entreprises ont entamé des projets d'IA agentique », souligne Axelle Arquié.

Cette transition reste toutefois attendue à horizon de quelques années. Des incertitudes persistent néanmoins sur la fiabilité et la compréhension de ces systèmes.

« On ne peut pas confier à une IA la régulation de la température dans une usine chimique sans pouvoir vérifier son raisonnement. Or aujourd'hui, l'IA est une boîte noire que les laboratoires essaient de comprendre », précise l’économiste.

Lire aussi : IA générative, un marché qui devrait peser quelques 100 milliards de dollars dans le monde en 2026

Quels métiers sont les plus menacés par l’intelligence artificielle ?

L’une des principales ruptures induites par l’intelligence artificielle réside dans la nature des emplois concernés. Contrairement aux précédentes vagues d’automatisation, ce sont désormais les métiers qualifiés, souvent bien rémunérés et concentrés dans les grandes métropoles, qui apparaissent les plus exposés.

Les secteurs du droit, de la comptabilité, de la finance, de l’assurance, de l’édition ou encore de l’informatique pourraient voir plus d’un quart de leurs effectifs disparaître au cours des prochaines années. Les journalistes eux-mêmes ne sont pas épargnés.

« Tous les métiers qui ont une forte composante cognitive […] qui répondent à une demande d'expertise formalisée et qui traitent de l'information sont en danger »

Axelle Arquié, fondatrice de l’Observatoire des emplois menacés et émergents

Le critère déterminant repose sur la capacité de l’IA à automatiser les tâches. Les chercheurs considèrent qu’un métier devient vulnérable dès lors que 30 % de ses tâches peuvent être automatisées.

Lire aussi : IA : quels secteurs sont vraiment menacés ?

Industrie et IA : quels impacts sur les emplois industriels ?

L’industrie, souvent perçue comme un secteur déjà largement automatisé, n’échappe pas à cette transformation. Dans les pays développés, elle intègre une forte dimension cognitive, notamment à travers les métiers d’ingénieurs et les activités de recherche et développement.

« Dans les pays développés, l'industrie est très riche en tâches cognitives, comme les métiers d'ingénieurs, et est intensive en recherche et développement », souligne Aurélien Duthoit.

Cette caractéristique explique une exposition plus élevée dans des économies industrielles comme l’Allemagne.

Lire aussi : IA : trop d’investissements en 2026 ?

Quels métiers sont les moins vulnérables à l’IA aujourd’hui ?

À l’inverse, les métiers nécessitant une présence physique ou des interactions humaines directes apparaissent moins vulnérables. Les secteurs du bâtiment, du tourisme, de l’hôtellerie ou de la restauration figurent parmi les moins exposés à ce stade. Cette évolution inverse les logiques traditionnelles du marché du travail, en fragilisant davantage les emplois qualifiés que les métiers manuels.

Lire aussi : Le coût social de l’intelligence artificielle : un tabou dans les entreprises

L’IA va-t-elle détruire des emplois ou transformer le marché du travail ?

Si certains scénarios évoquent une disparition massive d’emplois, d’autres analyses appellent à nuancer ces projections. Les travaux récents d’Anthropic suggèrent une transformation progressive du marché du travail, davantage marquée par une érosion des tâches que par une suppression brutale des postes.

L’exemple de certaines entreprises, qui ralentissent leurs recrutements tout en renforçant la formation interne, illustre cette phase d’adaptation. Les gains de productivité liés à l’IA peuvent atteindre des niveaux significatifs, parfois multipliés par deux ou trois selon les cas.

Dans ce contexte, les effets réels sur l’emploi restent incertains. La rapidité d’évolution des technologies d’intelligence artificielle et le manque de recul historique rendent difficile toute projection définitive. L’IA apparaît ainsi comme un facteur de recomposition profonde du marché du travail, dont l’ampleur dépendra des usages, des régulations et des stratégies d’adaptation mises en place.

Sources : Les Echos, Le Monde, Franceinfo

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