61 % des dirigeants de sociétés de gestion estiment que l’IA va accroître leur sécurité d’emploi

L’intelligence artificielle est-elle une menace pour l’emploi dans la gestion d’actifs ? Une majorité des dirigeants interrogés semble considérer l’inverse. Selon une étude commandée par Clearwater Analytics, 61 % des dirigeants seniors de sociétés de gestion estiment que l’IA augmentera leur sécurité d’emploi. À l’opposé, 28 % pensent qu’elle la réduira et seulement 1 % envisagent un remplacement complet de leur fonction par cette technologie.
L’enquête a été réalisée en mars 2026 par PureProfile auprès de 178 dirigeants seniors de sociétés de gestion en Europe, aux États-Unis et en Asie. L’échantillon comprend notamment des dirigeants issus de sociétés de gestion pour le compte d’assureurs, de hedge funds, des marchés privés et de gestionnaires généralistes. Ces résultats mesurent donc la perception d’un échantillon de cadres dirigeants du secteur et non celle de l’ensemble des salariés de la gestion d’actifs.
61 % des dirigeants interrogés voient l’IA comme un facteur de sécurité pour leur emploi
Le résultat tranche avec les interrogations sur les conséquences de l’automatisation pour les métiers financiers. Dans l’échantillon interrogé, la perspective dominante n’est pas celle d’une disparition des fonctions exercées. Près de 9 répondants sur 10 se répartissent toutefois entre 2 visions différentes : 61 % anticipent une amélioration de leur sécurité d’emploi grâce à l’IA, tandis que 28 % craignent au contraire sa dégradation.
Les gains de productivité déjà constatés permettent de mieux comprendre cette perception. 45 % des répondants déclarent économiser entre 1 et 2 heures de travail par semaine grâce à l’IA et 16 % entre 3 et 4 heures. Un tiers évalue le temps gagné entre 31 et 59 minutes par semaine, tandis que 6 % évoquent un gain compris entre 1 et 30 minutes.
L’IA apparaît ainsi déjà présente dans le quotidien professionnel des dirigeants interrogés. L’étude ne permet toutefois pas d’en déduire que ces gains de temps conduiront nécessairement à une hausse de l’emploi. Elle montre en revanche qu’une majorité des répondants associe actuellement l’utilisation de l’IA à une amélioration de sa propre position professionnelle plutôt qu’à sa disparition.
Formation, mobilité, nouveaux postes : les sociétés de gestion adaptent leurs équipes
Les réponses apportées par les entreprises à l’arrivée de l’IA constituent l’autre enseignement de l’étude. 70 % des sociétés représentées proposent des formations de sensibilisation et d’acculturation à l’intelligence artificielle.
La transformation va au-delà de la formation. 63 % investissent dans des dispositifs de mobilité interne et de redéploiement des collaborateurs. Près de la moitié, 49 %, redessinent certains postes afin d'intégrer une collaboration entre l’humain et l’IA, tandis que 47 % recrutent des profils disposant de compétences complémentaires à celles de l’intelligence artificielle.
Ces données apportent un éclairage sur le chiffre de 61 %. La perception positive de la sécurité de l’emploi intervient dans des organisations qui, pour une part importante d’entre elles, accompagnent parallèlement le déploiement de l’IA par des formations, des mobilités internes ou une évolution des fonctions.
« Job security has traditionally come from being hard to replace. Here, it's coming from a different direction entirely », explique Souvik Das, CTO de Clearwater Analytics. Selon lui, cette confiance repose notamment sur l’investissement des entreprises dans leurs collaborateurs à mesure que l’IA prend davantage de place dans le travail quotidien.
L’IA gagne déjà les fonctions clés de la gestion d’actifs
Ces résultats sur l’emploi interviennent alors que les mêmes dirigeants anticipent une accélération importante de l’utilisation de l’IA dans leurs métiers.
Une précédente publication tirée de cette même étude indiquait que 62 % des répondants anticipaient une transformation majeure de la production et de la synthèse de données par l’IA au cours des 12 mois suivants. Ils étaient 58 % à prévoir un impact majeur ou transformateur sur l’aide à la décision et les recommandations de portefeuille et 57 % sur la modélisation prédictive et les stress tests.
L’effort financier accompagne cette évolution. 95 % des sociétés interrogées avaient augmenté leurs budgets consacrés à l’IA au cours des 12 mois précédents et 85 % prévoyaient de les augmenter d’au moins 50 % supplémentaires au cours des 12 mois suivants.
Les usages sont également déjà mesurables. 73 % des répondants jugeaient efficaces les agents utilisant le langage naturel pour interroger des plateformes d’investissement riches en données, notamment dans la gestion des risques et le rapprochement de données. 63 % déclaraient utiliser avec succès l’IA pour automatiser des tâches répétitives, comme la génération quotidienne de rapports.
Voir aussi : Gestion d'actifs et IA : de l’importance de la gouvernance
Une transformation des métiers davantage qu’un scénario de remplacement
Le sondage ne permet pas de prédire l’évolution future des effectifs dans la gestion d’actifs. Il fournit en revanche une photographie de la manière dont 178 cadres dirigeants du secteur appréhendent aujourd’hui l’arrivée de l’intelligence artificielle.
À ce stade, leur perception reste majoritairement positive : 61 % pensent que l’IA renforcera leur sécurité d’emploi et 1 % seulement anticipent le remplacement complet de leur fonction. Dans le même temps, les entreprises développent la formation, organisent des mobilités internes, redessinent certains postes et recrutent de nouvelles compétences.
Le contraste est notable alors que l’IA gagne progressivement des fonctions directement liées aux processus d’investissement. Pour les dirigeants interrogés, son développement semble aujourd’hui davantage associé à une évolution du contenu des métiers et des compétences nécessaires qu’à leur disparition. Une perception qui devra néanmoins être confrontée, dans la durée, à l’évolution effective des organisations et des effectifs du secteur.
Sources : Clearwater Analytics via Financial IT, Financial Investigator, Professional Paraplanner
Voir aussi : IA, conformité, consolidation : pourquoi la donnée devient l’actif stratégique des CGP
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