"Verglas ? Mais les marchés ne dérapent pas !" Christian Bito (ESSEC et SLGP)


Un climat géopolitique tendu mais des marchés sereins
L'actualité géopolitique internationale aurait pu inquiéter les investisseurs en ce début d'année. Tempête, neige et verglas. Il semble pourtant que l'optimisme l'emporte. Le VIX, indicateur de tension reflété dans les prix des options sur le S&P 500, n'a presque pas bougé.
Il a même terminé la semaine dernière sous 15 %.
Des indicateurs économiques européens encourageants
En fait, les premières hausses des bourses en ce début janvier sont alimentées par des nouvelles économiques positives. L'inflation en zone euro baisse à plus de 2 %, en première estimation à 2,3 % pour l'inflation core. Les commandes à l'industrie allemande mesurées sur le mois de novembre bondissent de plus 5,6 % par rapport à octobre. L'indicateur ZEW d'ailleurs pour l'Allemagne monte de 38,5 % à 45,8 % en décembre.
Des signaux positifs en provenance des États-Unis
Outre-Atlantique, l'ISM américain des services monte encore de 52,6 % à 54,4 % en décembre. L'indice de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan s'apprécie à nouveau à 54 pour le mois de janvier. Et le déficit commercial américain poursuit sa décrue. Pour son dernier chiffre publié d'octobre, il totalise 29,35 milliards de dollars, soit le mois le plus faible depuis juin 2009.
Un marché de l’emploi plus faible soutient les anticipations de politique monétaire
Enfin, les chiffres de l'emploi américain ont clôturé la semaine avec 50 000 créations seulement, soit une moyenne en 2025 de 49 000 créations d'emploi par mois. En 2024, la moyenne s'établissait à 166 000 créations mensuelles. Les marchés interprètent une fois de plus positivement ce chiffre, car la faiblesse du marché du travail des États-Unis devrait conforter la Fed dans la poursuite de sa politique accommodante.
L'institution observera néanmoins que le taux de chômage reste bas, redescendant à 4,4 % en décembre et que le taux horaire moyen des salaires est encore en progression de plus 3,8 % par an, c'est-à-dire supérieur à l'inflation CPI actuelle. Les taux à 10 ans américains sont revenus vers 4,17 %.
Le retour progressif du soutien de la Réserve fédérale
Outre les taux directeurs de refinancement passés de 4,50 à 3,75 en 2025, l'institution a entamé la modification de sa politique. Les liquidités ont repris leur croissance puisque la masse monétaire au sens M2 est montée de 21 500 milliards de dollars en décembre 2024 à 22 429 milliards de dollars en décembre 2025. Le total des actifs détenus par la Fed a repris sa hausse, modestement encore. Depuis le 3 décembre, il est passé de 6 535 milliards à 6 573 ce 7 janvier.
Ces orientations, encore modestes, témoignent d'un retour du soutien de la Banque centrale américaine et sont de nature à rassurer les marchés financiers, éviter qu'ils dérapent.
Attention à la neige tout de même, à la semaine prochaine.
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