Or : pourquoi autant de volatilité ?

Qu'est-ce qui explique l'engouement sur l'or ces 3 dernières années ?
Vincent Priou : On parle toujours de 2, 3 dernières années. Mais en réalité, c'est un cycle beaucoup plus long pour l'or. C'est vrai qu'il y a un fort engouement. Il faut comprendre que l'or est toujours une valeur refuge et surtout un instrument de liquidité pour les banques centrales. Et depuis plusieurs années, les banques centrales ont racheté massivement de l'or pour plusieurs raisons :
Déjà, la dédollarisation du monde. C'est-à-dire que beaucoup de pays veulent dédollariser leurs actifs. Donc ils achètent de l'or, même si c'est libellé en dollars. Mais ça leur évite d'acheter des dettes publiques ou des dettes d'État américaines.
Deuxièmement, il va y avoir un stress sur la dette américaine. Il faut savoir que plus de 30% de la dette américaine va être remboursée en 2026. Vous avez un stress également sur le financement de la guerre en Iran. Comment ça va se faire ? Pas de hausse d'impôts. Bessent l'a dit. Il y aura pas de financement par la hausse d'impôts. Donc ça sera la dette. Et si c'est la dette, Il y a un stress sur tous ces actifs qui n'étaient pas risqués à l'époque, et donc on se réfugie sur l'or.
Comment expliquer cette volatilité sur l'once d'or depuis le début de la guerre en Iran ?
Vincent Priou : Ça s'est traduit, à chaque fois qu'il y a un conflit, il y a un stress de liquidité. Pourquoi ? Parce que dans les pays où il y a la guerre, en réalité, il y a énormément d'expatriés, surtout, ça a été le cas au Qatar, aux Émirats arabes unis, au Koweït, où beaucoup d'expatriés qui s'étaient installés dans ces pays, ont fui finalement ces pays et ont repris leurs actifs.
Donc qu'est-ce que font les banques centrales de ces pays-là ? Généralement, elles font immédiatement de la liquidité. Et elles vendent quoi ? Elles vendent ce qui est le plus liquide, ce qui a rapporté le plus ces dernières années, le stock d'or. Donc elles ont vendu massivement de l'or. Quand vous vendez de l'or, ça fait baisser les prix. Donc il y a un stress. Et l'or avait chuté de plus de 20% en l'espace de trois semaines de conflit, ce qui est considérable. Sans parler des mines d'or qui ont perdu, elles, 35%. Donc c'est aussi très important, la chute qu'on a eue au mois de mars.
Lire aussi : Faut-il profiter de la volatilité de l’or ?
Pourquoi la thématique de l'or au travers des mines aurifères ?
Vincent Priou : Parce que quand vous investissez dans des mines, en réalité vous investissez dans des entreprises cotées. Donc elles ont un chiffre d'affaires, elles ont un résultat et quand on regarde la structure financière de ces sociétés, généralement elles sont peu endettées. Elles font énormément de résultats ces dernières années grâce à la hausse de l'or. Pour vous donner un exemple, elles ont un prix d'extraction à peu près de 1500-1600 dollars l'once. C'est faible. Donc quand l'once d'or est à 2000 dollars, elles font un peu de bénéfice mais pas énorme. L'once d'or est montée à 5400 dollars avant la crise iranienne. Vous imaginez les stocks de bénéfices, de résultats qu'elles ont accumulés. Ce qui fait qu'aujourd'hui c'est un des actifs les moins chers.
Malgré tout, elles ont plus baissé que l'once.
Vincent Priou : Oui, elles sont d'autant plus bon marché. Et quand on regarde les résultats annoncés pour 2026, ce sont des entreprises qui se payaient 16-17 fois sur 2025 et elles vont se payer, à cause de la hausse des cours, elles vont se payer que 10 fois. Entre 9 et 10 fois de 2026, si on prend les plus grosses de la cote. Donc très intéressant.
La tendance sur ces mines d'or cotées, chute de 35% depuis le début de la crise en Iran. Qu'est-ce que ça donnait avant ?
Vincent Priou : On était sur des plus hauts historiques, très clairement. On a fait plus de 110-120% de performance sur les mines d'or l'année dernière, en 2025. Le début d'année était absolument fabuleux puisqu'on était à plus 30% sur les mines d'or sur les deux premiers mois de l'année. Là, ça a complètement rechuté, c'était à zéro. Et là, ça reprend gentiment.
Il faut quand même se rappeler deux choses :
1973, premier choc pétrolier. L'or chute, il remonte de 85%.
En 1978, deuxième choc pétrolier. L'or remonte de plus de 100%.
En 2008, crise de Lehman Brothers, faillite. L'or chute de 20%. Rapidement, en l'espace de quelques semaines elle rebondit de 40% 3-4 mois après.
En 2020, chute de 12% de l'or. Rebond dans les trois mois d'après, plus de 20%.
Et on peut citer toutes les crises.
On va jusqu'à 2022. 2022, chute de l'or immédiate quand il y a la guerre en Ukraine. Et en trois mois, on a récupéré ce que ça avait perdu.
Voir aussi : « Les mines d’or figurent parmi les classes d’actifs les plus performantes de l’année »
Lire aussi : 2014-2024, une décennie d’investissements chahutée et riche d’enseignements
Donc est-ce que c'est judicieux de s'exposer aux mines d'or ?
Investir dans les mines d’or : les opportunités malgré la volatilité
Vincent Priou : Je dirais oui. Parce que c'est un actif qui aujourd'hui, ce sont des entreprises qui se payent peu cher déjà. La visibilité de l'or, c'est qu'il y a beaucoup d'acheteurs et les banques centrales vont continuer à acheter de l'or parce que c'est une valeur refuge, c'est une valeur hyper liquide, donc au détriment des dettes d'Etat parce que les Etats, on ne sait pas trop comment elles vont rembourser leurs dettes. Et pour finir, si elles ont chuté de 30-35%, c'est intéressant de revenir. Comme il y a beaucoup de volatilité, il y a une volatilité de 40% à peu près annuelle sur les mines d'or, nous ce qu'on préconise c'est de rentrer un tiers, voire 40% aujourd'hui. Vous laissez 60% de réserve dans vos investissements.
Lire aussi : L’importance des mines aurifères au sein d’une allocation stratégique
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