Private Equity : comment LBO France s'adapte à un marché plus sélectif ?

Dans un contexte où les leviers financiers sont plus limités et où les investisseurs attendent davantage de distributions, LBO France poursuit une stratégie sélective. Johan Didouche, Directeur de la distribution externe de LBO France et Dalila Houd, Investor Relations Director de LBO France, reviennent sur l'évolution du marché du private equity, le lancement du quatrième millésime White Caps Selection et du premier fonds Evergreen de la société.
Pourriez-vous déjà nous rappeler quel est le positionnement de LBO France dans l'univers du private equity ?
Johan Didouche : LBO France, c'est une vieille maison depuis 1985. C'est une maison qui a beaucoup évolué depuis une vingtaine d'années. C'est une véritable plateforme, présente à peu près sur tous les métiers du capital-investissement, le private equity bien évidemment en majeur, mais aussi l'immobilier et le venture capital sur des stratégies un peu ciblées, notamment la santé digitale et la PropTech.
Pourquoi le contexte actuel favorise une sélection plus exigeante des investissements
Johan Didouche : Nous en avons déjà un peu parlé ensemble, mais nous allons redonner les principaux metrics. Nous sommes sur un marché qui est plus difficile à travailler, tout simplement parce qu'aujourd'hui, les leviers financiers ne sont plus forcément à notre main. Les multiples sont beaucoup plus rationalisés. Nous sommes aussi sur des leviers d'endettement qui sont plus faibles puisque la dette a un vrai coût. Aujourd'hui, pour aller chercher de la croissance, il faut aller la chercher directement dans les entreprises, sur leur développement. Cela a un impact puisque, techniquement parlant, cela peut amener des portefeuilles, ou en tout cas des calendriers, qui s'étirent. Dans cet environnement, l'attente des investisseurs est aussi d'avoir des retours sur les fonds, donc des fonds qui restituent du capital à la suite de cessions. Nous avons donc un marché qui attend de voir dans quelle mesure nous allons performer et tenir nos calendriers.
Comment est-ce que LBO France navigue dans cet environnement ?
Dalila Houd : LBO France reste plutôt actif, même très actif, si l'on fait le bilan de l'année 2025 et du début de l'année 2026. Comme le disait Johan, l'importance aujourd'hui pour les investisseurs, c'est le DPI, donc l'argent que l'on doit leur restituer. Nous avons été actifs puisque, sur 2025, nous avons rendu plus de 350 millions d'euros à nos investisseurs. Nous poursuivons les distributions sur le premier semestre 2026 puisque nous venons de réaliser trois cessions complémentaires, dont deux avec des multiples supérieurs à deux fois. C'est pour la partie distribution. Sur la partie déploiement, qui reste également un sujet important pour nos investisseurs, nous sommes aussi très actifs, même si nous restons très sélectifs chez LBO France. L'année dernière, nous avons étudié plus de 80 dossiers et réalisé seulement deux investissements. Nous restons donc très sélectifs. En revanche, nous avons réalisé plusieurs build-up sur des participations déjà présentes dans les fonds.
C'est le quatrième millésime White Caps et c'est aussi votre premier fonds Evergreen. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ces deux produits ?
Dalila Houd : Chez LBO France, nous travaillons par millésimes. Nous ne lançons jamais un nouveau fonds tant que nous n'avons pas investi entre 60 % et 70 % du fonds précédent. Le fonds précédent ayant été déployé à plus de 70 %, cela nous a permis de lancer le quatrième millésime de White Caps Selection, actuellement en cours de commercialisation. Cela nous a également permis de lancer un premier fonds Evergreen, commercialisé cette fois dans les contrats d'assurance-vie français, avec un premier référencement chez Generali. La collecte a plutôt bien démarré puisqu'en quelques mois nous avons levé un peu plus de 5 millions d'euros. Un nouveau référencement chez un autre assureur devrait par ailleurs être annoncé à Patrimonia.
Pourquoi LBO France considère que le contexte reste favorable aux investisseurs en private equity
Johan Didouche : Comme nous l'avons dit, nous sommes aujourd'hui sur un marché très rationalisé, ce qui en fait un bon marché pour les acheteurs. Nous bénéficions d'un très beau deal flow avec de nombreuses opérations actuellement à l'étude. Nous pensons donc que c'est un bon moment pour entrer dans ces véhicules et nous serons ravis d'en discuter avec les partenaires qui souhaiteraient nous rejoindre.
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