CAC 40 en 2025 : une performance positive mais largement distancée

La Bourse de Paris a clos l’année 2025 sur une note contrastée. Après un recul de 2,15 % en 2024, le CAC 40 affiche une progression de 10,42 % sur douze mois, à 8.149,50 points. Une performance qui, sur le papier, marque un redressement appréciable. Dans les faits, l’indice phare parisien reste toutefois à la traîne de la majorité des grands marchés actions mondiaux, européens comme américains ou asiatiques.
La dernière séance de l’année, écourtée, a illustré cette tonalité mitigée. Le CAC 40 a reculé de 0,23 % le 31 décembre, dans un contexte de volumes faibles et d’absence de catalyseurs. Sur les 40 valeurs de l’indice, 31 ont terminé dans le rouge, malgré quelques progressions isolées, notamment LVMH, Eiffage ou Accor. Pour Stephen Innes, de SPI AM, le marché a évolué sans réel moteur, dans l’attente de nouveaux éléments susceptibles d’animer les premières semaines de 2026.

Une sous-performance marquée face aux grands indices internationaux
Comparée à celle de ses principaux pairs, la performance du CAC 40 apparaît nettement en retrait. En Europe, l’IBEX 35 espagnol s’est envolé de 49,3 % en 2025, tandis que le FTSE Mib italien a progressé de 31,5 % et le DAX 40 allemand de 23 %. Même le FTSE 100 britannique, souvent perçu comme plus défensif, affiche une hausse de 21,5 %.
À l’international, le décalage est tout aussi marqué. En Asie, le Nikkei 225 japonais a gagné 26,2 %, le CSI 300 chinois 17,7 % et le Kospi sud-coréen a enregistré une envolée spectaculaire de plus de 75 %, porté par ses valeurs technologiques. À Wall Street, le S&P 500, qui n’avait pas encore achevé son exercice au moment du bilan, affichait déjà une progression supérieure à celle du CAC 40, autour de 17 %.
Même en intégrant les dividendes réinvestis, à travers le CAC 40 GR, la hausse se limite à 14,3 %, confirmant l’écart avec les autres grandes places financières. Autre élément révélateur, alors que de nombreux indices mondiaux ont enchaîné les records tout au long de l’année, le CAC 40 a dû attendre la fin du mois d’octobre pour inscrire de nouveaux plus hauts historiques, avec seulement trois records en séance et un seul en clôture sur l’ensemble de l’exercice.
Le risque politique, un frein durable pour la place parisienne
La principale explication de ce retard tient au retour du risque politique sur le devant de la scène. Depuis la chute du gouvernement Bayrou en septembre, les incertitudes entourant la trajectoire budgétaire française ont pesé sur les actifs tricolores. Les débats autour du budget ont été particulièrement complexes, conduisant l’exécutif à recourir à une loi spéciale afin de reconduire temporairement le budget 2025 en 2026, dans l’attente de l’adoption d’une véritable loi de finances.
Cette situation a nourri un climat d’attentisme sur les marchés. UBS estime que l’incertitude politique restera un élément clé des perspectives macroéconomiques françaises au moins jusqu’à l’élection présidentielle de 2027. Plusieurs secteurs emblématiques du CAC 40 en ont fait les frais, à commencer par les concessions autoroutières, Vinci et Eiffage, visées par des propositions d’alourdissement de leur fiscalité.
Les banques ont également été pénalisées par cet environnement instable, même si Société Générale se distingue nettement avec la meilleure performance de l’indice en 2025, en hausse de plus de 150 %. Les groupes de défense, comme Thales, ont eux aussi souffert des incertitudes budgétaires, les retards d’adoption du budget ayant un impact direct sur les prises de commandes, notamment au premier trimestre.
Le poids des grands secteurs et les déceptions de certaines valeurs majeures
La structure sectorielle du CAC 40 explique également sa sous-performance. En 2025, les banques et la défense figurent parmi les secteurs les plus performants en Europe. Or, ces compartiments pèsent relativement moins dans l’indice parisien que dans d’autres indices comme l’IBEX 35, le FTSE Mib ou même le DAX 40, ce qui a mécaniquement limité le potentiel de hausse du CAC 40.
Par ailleurs, plusieurs poids lourds de l’indice ont affiché des performances décevantes. Schneider Electric, première pondération du CAC 40, a reculé de 2,49 % sur l’année, pénalisé par des attentes élevées autour de ses activités liées à l’intelligence artificielle et à l’efficacité énergétique. LVMH, de son côté, termine 2025 tout juste dans le vert, après une première moitié d’année difficile marquée par un net recul du secteur du luxe, avant un redressement progressif à partir de l’été.
TotalEnergies a limité sa progression à un peu plus de 4 %, affecté par la baisse des cours du pétrole et par des interrogations sur sa capacité à financer sa politique de retour à l’actionnaire sans accroître son endettement. Sanofi figure parmi les plus fortes baisses de l’indice, avec un recul de près de 12 %, en raison de résultats cliniques inférieurs aux attentes et de décisions défavorables de l’autorité sanitaire américaine sur certains projets clés.
Quelles perspectives pour le CAC 40 en 2026
À l’aube de 2026, les perspectives pour le CAC 40 restent prudentes. Antoine Andreani, chef de la recherche chez XTB France, estime que l’indice parisien pourrait avant tout continuer à évoluer dans le sillage de Wall Street, sans afficher de dynamique propre marquée. D’un point de vue technique, une zone autour de 8.800 points constitue un objectif potentiel, sous réserve d’un environnement macroéconomique et politique plus lisible.
Les marchés actions mondiaux abordent néanmoins la nouvelle année après un exercice 2025 marqué par une succession de records, nourris par l’enthousiasme autour de l’intelligence artificielle et par la solidité de certaines économies, notamment aux États-Unis et en Asie. Pour la place parisienne, la capacité à combler une partie de son retard dépendra largement de l’évolution du contexte politique national et de la capacité de ses grands groupes à retrouver une dynamique bénéficiaire plus soutenue.
Sources : TradingSat, Les Échos
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