“Marchés sous tension : vers un point d’entrée pour les investisseurs ?”

Guerre au Moyen-Orient : un choc énergétique centré sur le détroit d’Ormuz
L'événement qui occupe toutes les attentions, c'est les opérations américaines et israéliennes en Iran. Pour commencer et pour résumer, quelles implications économiques ont cette intervention ?
L'enjeu central, c'est évidemment le pétrole avec ce fameux détroit d'Hormuz qui est fortement perturbé.
Pour rappel, c'est un axe maritime stratégique puisqu'environ 20% du pétrole mondial transite par là. Aujourd'hui, le trafic est largement interrompu. Plusieurs compagnies ont suspendu leur transit dans la zone pour des raisons de sécurité, puisque plusieurs bateaux ont été touchés par des frappes ou par des attaques de drones. Naturellement, le coût des assurances est envolé. En plus de ça, les Iraniens ripostent à l'attaque américaine en bombardant des infrastructures énergétiques dans la région. Lundi, ils ont visé l'une des plus grandes raffineries d'Arabie Saoudite, donc beaucoup de perturbations. Qatar Energy a annoncé aussi avoir arrêté sa production de gaz naturel liquéfié, donc de GNL. C'est quand même 20% de la production mondiale qui s'arrête, sachant que l'Europe et puis l'Asie surtout sont particulièrement dépendants des importations de GNL, donc vulnérables à la hausse des prix. On a une hausse des prix de l'énergie qui, à la fois, est un risque inflationniste, sachant qu'aux États-Unis, on avait déjà une inflation qui était assez résiliente. En zone euro, on a eu hier l'inflation qui est ressortie au-dessus des attentes à 1,9%, donc ce n'était pas forcément le bon moment, et un risque de ralentissement de la croissance, un possible scénario de stagflation si jamais le conflit perdure. En fait, l'impact économique dépendra vraiment de l'ampleur du conflit.
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Volatilité accrue sur les marchés financiers et correction des actions
Côté marché, quelle a été la réaction ?
Côté marché, on a cette incertitude, donc une forte hausse de la volatilité forcément. L'or, qui aurait pu profiter de tout ça, est en baisse. Les taux n'ont pas non plus joué leur rôle d'amortisseur puisque ce risque inflationniste va diminuer les marges de manœuvre des banques centrales pour baisser leurs taux et ça, ça a entraîné un rebond des taux souverains. Par contre, le dollar, lui, s'est nettement renforcé face à l'euro. Là, on est autour de 1,16. Les actions, évidemment, une correction de façon généralisée, moins 5, moins 6 environ pour les actions européennes depuis le début de la semaine. Là, ça se calme ce matin puisque Trump a annoncé hier que les États-Unis pourraient fournir des garanties financières pour que le commerce maritime reprenne et que la marine américaine pourrait même escorter des pétroliers. Donc, on a une volonté de sécuriser le détroit d'Ormuz qui rassure les marchés ce matin.
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Une correction des marchés qui pourrait constituer un point d’entrée
Comment est-ce que vous voyez la situation évoluer ? Est-ce que ça a des conséquences sur votre positionnement ?
C'est sûr qu'à ce stade, on ne peut pas exclure le scénario d'un conflit long, mais ce n'est pas notre scénario central. On pense que le plus probable, ce sera une solution diplomatique qui serait trouvée dans les prochaines semaines. Pourquoi ? Déjà parce que Donald Trump a peu d'intérêt, de notre point de vue, à prolonger le conflit. Là, on approche des mi-termes, ce serait mal vu de la part de l'opinion publique, surtout qu'une de ses promesses de campagne, c'était de rapatrier toutes les troupes au sol. Au-delà de ça, l'Iran ne dispose pas d'un nombre de missiles illimités. Là, s'ils continuent à ce rythme, ils ne pourront pas tenir longtemps. A priori, ils auraient déjà réduit de moitié leur capacité balistique. Et puis, ils ont très peu de soutien. Au contraire, même les potentiels alliés ont intérêt à ce que ça se termine vite. Je pense surtout à la Chine qui est un importateur majeur de pétrole et de GNL. Environ 30% de ses importations de GNL proviennent du Qatar. Donc là, il commence à mettre la pression sur le gouvernement iranien pour qu'il rouvre le détroit d'Hormuz. Donc en partant de ce scénario-là, nous, on se dit que la correction des marchés pourrait constituer un point d'entrée progressif pour se réexposer. En tout cas, l'histoire a plutôt montré que la correction des marchés liés à des tensions géopolitiques est le plus souvent temporaire, sauf vrai choc macroéconomique durable. Donc nous, de notre point de vue, plutôt un point d'entrée.
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