"À la géopolitique s'ajoute l’inquiétude sur les taux" Eric Lafrenière, Sunny AM
La semaine dernière, les marchés actions ont continué leur repli. C'est une quatrième semaine de baisse consécutive pour les grands indices américains. Depuis la fin du mois de février, les marchés sont largement dictés par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les variations du prix du pétrole qui sont directement liées au développement du conflit avec l'Iran et sont devenus le véritable moteur des marchés. Vendredi, les indices ont nettement décroché après des déclarations de Donald Trump écartant la possibilité d'un cessez-le-feu. Un changement de ton est toutefois intervenu après la clôture des marchés, laissant entrevoir une possible désescalade, illustrant parfaitement la dépendance des marchés au flux d'actualité.
Le retour du risque de hausse des taux d’intérêt et ses implications pour les investisseurs
Mais au-delà de la géopolitique, c'est un autre facteur clé qui a refait surface les taux d'intérêt. Les investisseurs revoient rapidement leur anticipation avec désormais une probabilité significative de hausse des taux en 2026 alors qu'aucun scénario de ce type n'y était envisagé il y a encore quelques jours. À l'inverse, les attentes de baisse des taux cette année se sont fortement réduites.
Des marchés actions et obligataires fragilisés par la hausse des taux et de l’énergie
Cette combinaison tensions géopolitiques, hausse des prix de l'énergie et remontée des taux pèsent particulièrement sur les segments les plus sensibles au cycle. Le Nasdaq, il faut le rappeler, enchaîne ainsi 9 semaines de baisse sur les 10 dernières, une première depuis 2022, tandis que le Russell 2000 est entré en territoire de correction vendredi soir. Sur le marché obligataire, les mouvements sont tout aussi marquants. Les taux longs ont fortement progressé, les investisseurs intégrant un risque inflationniste plus durable lié à la hausse des prix de l'énergie. Le taux 10 ans américain a atteint la semaine dernière ses plus hauts niveaux depuis l'été dernier.
Dans les points à suivre cette semaine, côté macro et micro, qu'est-ce qu'il faut surveiller ?
Les indicateurs macroéconomiques et publications d’entreprises à suivre cette semaine
La semaine à venir s'annonce relativement calme sur le plan macroéconomique, mais restera dominée par les développements géopolitiques. Côté indicateurs macro, les investisseurs suivront mardi leur rapport ADP sur l'emploi, ainsi que les indices PMI pour évaluer la dynamique de l'économie américaine. Côté entreprises, quelques publications seront à surveiller, notamment Jefferies Financial Group mercredi et Carnival vendredi.
Dans un contexte assez tendu, il y a quand même eu un apaisement après les déclarations de Donald Trump.
Un apaisement fragile autour du conflit Iran–États-Unis et du détroit de Hormuz
Donald Trump a annoncé lundi le report pour une durée de 5 jours des frappes américaines visant les infrastructures énergétiques iraniennes. Cette décision ferait suite à des discussions jugées constructives entre Washington et Téhéran avec l'objectif affiché de parvenir à une désescalade du conflit. Toutefois, la situation reste particulièrement incertaine.
Les autorités iraniennes ont rapidement démenti l'existence de négociations en cours, dénonçant une stratégie américaine visant à gagner du temps tout en maintenant la pression militaire. Ce décalage entre les discours illustre bien la complexité du moment. D'un côté, une volonté affichée d'éviter une escalade majeure. De l'autre, une rhétorique et des actions qui maintiennent un niveau de tension élevé.
Le point central reste le détroit de Hormuz, un passage stratégique par lequel transitent près de 20% des flux mondiaux de pétrole et de gaz. La menace d'attaque sur les infrastructures énergétiques, combinée aux représailles iraniennes sur le trafic maritime, fait planer le risque d'un conflit plus long et plus perturbateur pour l'offre mondiale. Pour autant, l'annonce de ce report a été perçue positivement par les marchés. Mais au fond, les investisseurs restent focalisés sur un point clé, la durée du conflit. Un scénario de guerre prolongée continuerait d'alimenter la hausse des prix de l'énergie, renforcer les pressions inflationnistes et compliquer la tâche des banques centrales. Et c'est précisément ce lien entre géopolitique, inflation et politique monétaire qui reste aujourd'hui au cœur de la dynamique des marchés.
Ecouter/lire aussi :
Chaque jour, nous sélectionnons pour vous, professionnels de la gestion d'actifs, une actualité chiffrée précieuse à vos analyses de marchés.
Statistiques marchés, baromètres, enquêtes, classements, résumés en un graphique ou une infographie dans divers domaines : épargne, immobilier, économie, finances, etc. Ne manquez pas l'info visuelle quotidienne !
Les graphs commentés les plus consultés :
Croissance 2025 : l’Europe à plusieurs vitesses selon Bruxelles
Le cacao à prix d’or : pourquoi le chocolat coûte (beaucoup) plus cher
Un outil pratique mis à votre disposition pour découvrir et vous inscrire aux prochains événements de nos partenaires : webinars, roadshow, formations, etc.

.webp)






.webp)






.webp)




















