Kevin Warsh à la Fed : quels enjeux pour les marchés financiers ?
Le récap de la semaine du 26 janvier 2026 : regain de volatilité
Oui, donc la semaine dernière a été marquée par un net regain de volatilité sur les marchés actions. Au final, le S&P termine légèrement dans le vert tandis que le Nasdaq finit tout juste en territoire négatif. Jusqu'à mercredi, le climat était plutôt stable. La FED a maintenu ses taux inchangés conformément aux attentes, sans surprise majeure dans sa communication. Mais le ton a changé jeudi, avec la forte sanction boursière de Microsoft après ses résultats, le titre a chuté d'environ 10 %, effaçant près de 350 milliards de dollars de capitalisation. Un rappel de la sensibilité extrême du marché aux attentes sur les grandes valeurs technologiques. Et vendredi, un mouvement spectaculaire sur les métaux précieux. L'argent a décroché de plus de 30 % en une séance, sa pire séance depuis plusieurs décennies. Le catalyseur a été la nomination de Kevin Warsh, perçu comme plus restrictif sur le plan monétaire. Mais la correction reflète aussi un excès de hausse préalable sur les dernières semaines.
Quels sont les événements à suivre cette semaine du 2 février 2026 ?
Oui, donc côté macro, la tension la semaine dernière s'était portée sur la FED. Mais le vrai point clé arrive cette semaine avec le rapport mensuel sur l'emploi américain. Le marché attend des créations de postes modestes et un taux de chômage stable. C'est un test important pour confirmer le scénario d'atterrissage progressif du marché du travail.
En parallèle, on aura aussi l'ISM industriel et services, ainsi que la confiance des consommateurs qui donneront une lecture actualisée de la dynamique d'activité.
Côté micro, la semaine de résultats démarre solidement. Environ trois quarts des sociétés ont battu les attentes de bénéfices. Cette semaine se concentre donc sur quelques publications majeures. Palantir et Disney ont ouvert le bal lundi, suivi d'AMD et Merck, puis Alphabet et Eli Lilly. Point d'orgue, Amazon en fin de semaine, rendez-vous clé pour la tech, la consommation et le cloud.
Le profil de Kevin Warsh, futur patron de la Fed
Passons à l'homme de la semaine même puisque c'est Kevin Warsch. Pour commencer, quel est le profil du futur patron de la Fed ?
Kevin Warsh n'est pas un inconnu, c'est un ancien gouverneur de la Fed pendant la crise financière de 2008. Il est également proche du milieu des marchés, proche de Wall Street. Il est historiquement considéré comme ayant un profil dit faucon, donc très attentif aux risques inflationnistes et critique des périodes de taux bas maintenus trop longtemps. Mais le point clé aujourd'hui, ce n'est pas seulement son passé, c'est l'évolution récente de son discours. Kevin Warsh parle désormais de changement de régime pour la Fed. Il critique l'approche très dépendante des statistiques conjoncturelles sous l'ère Jérôme Powell et estime que la Banque centrale est trop focalisée sur les indicateurs retardés en sous-estimant le rôle de la masse monétaire et des dépenses publiques dans la dynamique d'inflation.
Comment réagissent les marchés à sa nomination ?
Concrètement, les marchés anticipent aujourd'hui deux axes majeurs. Un premier axe, une orientation plus favorable à des baisses de taux à court terme, en ligne avec les souhaits de la Maison-Blanche, afin de soutenir le crédit et l'activité. Et le deuxième axe, c'est une réduction plus déterminée du bilan de la Fed, c'est-à-dire moins d'actifs détenus et moins de liquidités structurelles dans le système, avec l'idée que la politique économique doit revenir davantage vers le trésor que vers la banque centrale. Pour les investisseurs, l'enjeu n'est pas de savoir si Warsch est Colombe ou Faucon, mais jusqu'où ira son indépendance réelle vis-à-vis de l'exécutif ? Trop de souplesse monétaire pourrait fragiliser la crédibilité des actifs américains, compliquer le financement d'une dette publique en forte hausse et créer de la volatilité sur le dollar et les taux longs.
À l'inverse, un pilotage crédible et discipliné pourrait faire baisser la prime de terme obligataire, autrement dit détendre les taux longs sans relancer l'inflation. La première réaction des marchés a d'ailleurs été révélatrice. Le dollar s'est renforcé, les taux longs sont restés stables, l'or a fortement corrigé. C'est un signe que certains investisseurs voient dans cette nomination un facteur de crédibilité plutôt que d'instabilité. Mais attention, le président ne décide pas seul. La politique monétaire est votée par un comité. Walsh devra convaincre et composer avec plusieurs membres encore prudents sur les baisses des taux tant que l'inflation reste au-dessus de la cible. Le vrai test sera donc politique. Son degré d'indépendance déterminera l'évolution des taux, du dollar et de la volatilité obligataire dans les prochains mois.
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