Livret A : une remontée du taux au 1er août 2026

Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a confirmé le 30 juin que le taux du Livret A augmentera à compter du 1er août 2026. Si le niveau exact sera annoncé à la mi-juillet après la recommandation du nouveau gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, le scénario d'une hausse apparaît désormais acquis. Pour les quelque 58 millions de détenteurs de Livret A, soit 83 % des Français, cette revalorisation intervient après plusieurs mois de décollecte et dans un contexte de regain d'inflation. Reste une question : jusqu'où le Gouvernement appliquera-t-il la formule réglementaire ?
Pourquoi le taux du Livret A va augmenter
Le taux du Livret A est révisé deux fois par an selon une formule qui prend en compte la moyenne semestrielle de l'inflation hors tabac et celle du taux interbancaire €STR.
Après plusieurs mois de baisse, l'inflation est repartie à la hausse au printemps, principalement sous l'effet des tensions sur les prix de l'énergie. Dans le même temps, les taux monétaires sont restés à des niveaux élevés. Cette combinaison conduit mécaniquement à une revalorisation du Livret A après un cycle de baisse qui avait ramené son rendement de 3 % début 2025 à 1,5 % depuis février 2026.
Un taux compris entre 1,7 % et 1,8 % reste le scénario le plus probable
Selon Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'Épargne, l'application de la formule conduit à un taux proche de 1,8 %. Le niveau exact dépend toutefois des chiffres définitifs de l'inflation de juin, qui seront publiés le 10 juillet par l'Insee.
Les premières estimations ont réservé une surprise avec un ralentissement plus marqué que prévu de la hausse des prix, notamment grâce au recul des cours du pétrole et des carburants. La formule réglementaire pourrait ainsi aboutir à un taux compris entre 1,7 % et 1,8 %, selon les données définitives retenues.
La moyenne du taux €STR sur le premier semestre étant désormais connue, l'inflation constitue désormais la principale variable susceptible de faire évoluer le résultat final.
Pourquoi la hausse du Livret A reste une décision politique
Si la formule de calcul constitue la règle, elle n'est pas pour autant automatique. Le gouverneur de la Banque de France remet une recommandation au ministre de l'Économie, qui conserve la possibilité de s'en écarter pour tenir compte de circonstances exceptionnelles. Le Gouvernement aurait ainsi pu choisir de différer cette hausse en invoquant le ralentissement attendu de l'inflation après la réouverture du détroit d'Ormuz. À l'inverse, un coup de pouce supplémentaire afin de porter le taux à 2 % paraît peu probable.
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Une telle décision améliorerait certes le rendement de l'épargne réglementée, mais augmenterait également le coût de financement des banques et de la Caisse des Dépôts, tout en risquant d'encourager davantage l'épargne au détriment de la consommation, l'un des principaux moteurs de la croissance.
Ce que cette hausse change pour les épargnants
Le rendement du Livret A redeviendrait plus proche du niveau de l'inflation. Pour un encours moyen estimé à 7 800 euros, une hausse du taux à 1,8 % représenterait un gain annuel d'environ 23 euros. Pour un Livret A au plafond de 22 950 euros, le supplément de rémunération atteindrait près de 69 euros sur une année complète.
Cette revalorisation pourrait également mettre fin à la série de 5 mois consécutifs de décollecte enregistrée depuis le début de l'année 2026, soit près de 5 milliards d'euros retirés au total. En mai, la décollecte atteignait encore 630 millions d'euros, malgré un encours total qui demeure élevé à 444,6 milliards d'euros.
Quel taux pour le Livret d'épargne populaire ?
La hausse du Livret A devrait logiquement entraîner celle du Livret d'épargne populaire (LEP). Le scénario privilégié par le Cercle de l'Épargne conduit à un taux de 2,8 %, contre 2,5 % actuellement. Toutefois, plusieurs options restent ouvertes. Le Gouvernement peut maintenir le coup de pouce accordé depuis 2023, ce qui pourrait conduire à un taux compris entre 2,8 % et 2,9 %, voire atteindre 3 % selon certains scénarios évoqués par MoneyVox. À l'inverse, il pourrait limiter cette revalorisation en conservant un taux de 2,5 %.
Une hausse qui a aussi un coût pour les banques et le logement social
Près de 60 % des dépôts sont centralisés à la Caisse des Dépôts afin de financer notamment le logement social. Les 40 % restants sont conservés par les banques pour financer les entreprises et les collectivités territoriales. Une hausse de 0,3 point du taux représenterait un surcoût annuel d'environ 1,3 milliard d'euros, dont 800 millions d'euros pour la Caisse des Dépôts et 500 millions d'euros pour les établissements bancaires.
Les prochaines étapes avant le 1er août
Le calendrier est désormais connu :
- 10 juillet : publication de l'inflation définitive de juin par l'Insee ;
- mi-juillet : recommandation du gouverneur de la Banque de France et annonce du nouveau taux par le ministre de l'Économie ;
- 1er août 2026 : entrée en vigueur des nouveaux taux du Livret A, du LDDS et du LEP.
Sources : Cercle de l'Epargne, Les Echos, Moneyvox, La Tribune
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Le 5 novembre 2025, nous avions partagé ces anticipations :
Une hausse du taux du Livret A dès le 1er août 2026 ?
Alors que son rendement est fixé à 1,5 % depuis le 1er février 2026, plusieurs économistes anticipent désormais une hausse du taux dès le 1er août prochain. Selon les projections actuelles, le taux pourrait être porté autour de 1,8 %, voire 2 % dans certains scénarios. Cette évolution serait directement liée au regain inflationniste observé depuis le printemps, dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de hausse des prix de l’énergie.
Depuis la réforme entrée en vigueur en 2021, le taux du Livret A repose sur une formule intégrant deux paramètres : la moyenne semestrielle de l’inflation hors tabac et celle du taux €ster, principal taux monétaire de court terme de la zone euro. Or, après un début d’année marqué par une inflation particulièrement faible, la dynamique des prix s’est nettement accélérée. L’inflation est ainsi passée de 0,3 % en janvier à 0,9 % en février, avant de remonter à 1,7 % en mars puis 2,2 % en avril. Les projections pour mai et juin évoquent désormais un niveau proche de 3 %.
Sur le volet monétaire, le taux €ster reste également orienté à un niveau élevé, autour de 1,93 % sur les premiers mois de l’année. En appliquant mécaniquement la formule réglementaire, le taux du Livret A ressortirait ainsi autour de 1,8 %.
Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne, estime qu’un rendement à 1,8 % est désormais crédible, tandis qu’un scénario à 2 % ne peut être totalement écarté si les tensions inflationnistes se prolongent.
La décision finale sera particulièrement scrutée cette année car elle interviendra dans un contexte institutionnel inédit. Sous réserve de confirmation, Emmanuel Moulin, actuel secrétaire général de la Présidence de la République, devrait succéder à François Villeroy de Galhau à la tête de la Banque de France. À la mi-juillet, le futur gouverneur devra transmettre sa recommandation au ministre de l’Économie concernant les taux du Livret A, du LDDS et du LEP. Cette première décision sera hautement symbolique. D’un côté, la formule réglementaire milite pour une hausse afin de préserver le pouvoir d’achat des épargnants face au retour de l’inflation. De l’autre, l’exécutif pourrait privilégier une certaine stabilité afin d’éviter une remontée du coût du crédit.
Une hausse du Livret A qui poserait un problème économique et budgétaire
Le gouvernement pourrait en effet hésiter à relever trop fortement le rendement du Livret A. Une augmentation du taux aurait plusieurs conséquences macroéconomiques immédiates. D’abord, elle renchérirait le coût du financement du logement social, les prêts accordés aux bailleurs sociaux étant largement indexés sur le Livret A. Ce point devient particulièrement sensible alors que l’exécutif souhaite soutenir la construction et relancer l’investissement immobilier. Ensuite, une hausse du Livret A pourrait pousser les banques à relever certains taux de crédit ou à maintenir des conditions de financement plus restrictives. À l’inverse, le gouvernement cherche actuellement à favoriser la consommation et l’investissement plutôt qu’une accumulation d’épargne de précaution. Enfin, l’exécutif conserve la possibilité de s’écarter de la formule réglementaire. Entre 2023 et 2025, plusieurs décisions de gel ou de revalorisation partielle avaient déjà été prises afin de limiter l’impact budgétaire d’une hausse des taux réglementés.
Un traitement différencié entre Livret A et LEP reste possible
Une autre option pourrait consister à limiter la hausse du Livret A tout en augmentant davantage le taux du Livret d’Épargne Populaire (LEP). Le LEP bénéficie en effet d’une formule protectrice garantissant un rendement au moins égal à l’inflation ou supérieur de 0,5 point au taux du Livret A lorsque cela est plus favorable aux épargnants modestes. Dans ce scénario, le taux du Livret A pourrait être maintenu proche de 1,5 % ou 1,7 %, tandis que celui du LEP pourrait être porté autour de 3 % dès le mois d’août.
Le choix final dépendra largement de l’évolution du conflit au Moyen-Orient et de ses conséquences sur les prix de l’énergie dans les prochaines semaines. Une détente rapide des cours du pétrole pourrait convaincre les autorités monétaires de privilégier une approche prudente et temporaire.
Sources : Cercle de l'Epargne , Capital
Retour sur les dernières baisses de taux du Livret A :
Le Livret A baisse sa rémunération à 1,5% au 1er février 2026
Le rendement du placement préféré des Français va de nouveau reculer. Le gouverneur de la Banque de France a proposé jeudi 15 janvier de fixer le taux du livret A à 1,5 %, contre 1,7 % jusqu’à présent. Ce nouveau taux entrera en vigueur le 1er février 2026, après validation par le ministre de l’Économie, Roland Lescure. Il s’éloigne nettement des 3 % encore appliqués en janvier 2025, dans un contexte marqué par le ralentissement de l’inflation.
Très attendu par les épargnants, le taux du livret A concerne près de 57 millions de Français. Il résulte du calcul opéré par la Banque de France à partir des données définitives de l’inflation de décembre 2025, publiées le matin même par l’Insee. Celle-ci s’est établie à 0,8 % sur un an. Quelques minutes après la recommandation de la Banque de France, le ministre de l’Économie a confirmé la fixation du taux à 1,5 %.
Dans un communiqué, Roland Lescure a souligné que le livret A demeure un support d’épargne privilégié pour les ménages. Il a insisté sur le fait que ce nouveau taux reste supérieur à l’inflation, permettant selon lui de préserver le pouvoir d’achat tout en contribuant au financement du logement social, deux priorités mises en avant par le gouvernement.
La baisse du taux s’explique par la formule réglementaire qui combine deux paramètres, la politique monétaire de la Banque centrale européenne et l’inflation hors tabac observée sur le second semestre 2025. Le ralentissement marqué des prix en France, favorable au pouvoir d’achat, pèse mécaniquement sur la rémunération du livret A. Le gouverneur de la Banque de France dispose toutefois d’un pouvoir de dérogation, qui peut lui permettre d’atténuer la baisse, sans y être contraint.
Dès la veille, le ministre de l’Économie avait préparé les esprits, évoquant une baisse « légère » sur France Inter, tout en assurant que le rendement resterait « significativement supérieur » à l’inflation. Plusieurs économistes anticipaient un taux autour de 1,4 %, ce qui rend la décision finale légèrement plus favorable qu’attendu.
Cette nouvelle diminution intervient alors que le livret A traverse une période plus délicate. En 2025, de nombreux épargnants se sont tournés vers l’assurance-vie, dont les rendements apparaissent plus stables, voire orientés à la hausse en ce début d’année 2026. À l’inverse, la baisse du taux du livret A constitue une bonne nouvelle pour le logement social, dont les conditions de financement sont indexées sur ce produit, ainsi que pour les banques, qui voient le coût de l’épargne réglementée s’alléger.
Le taux du livret A, également applicable au LDDS, est révisé deux fois par an, en janvier et en juillet, pour une application respectivement au 1er février et au 1er août. Il avait déjà été abaissé en 2023, passant de 3 % à 2,4 %, puis à 1,7 %.
Les autorités mettent en avant, en parallèle, le livret d’épargne populaire, destiné aux ménages modestes. Rémunéré à 2,7 % jusqu’à présent, son taux a été recommandé à 2,5 % par la Banque de France à compter du 1er février, une proposition validée par le ministre de l’Économie. Ce niveau reste nettement supérieur à celui du livret A.
Roland Lescure a évoqué un « coup de pouce supplémentaire », soulignant que le taux du LEP aurait dû être fixé à 1,9 % selon la formule réglementaire. L’objectif affiché est de préserver l’attractivité de ce produit, encore largement sous-utilisé, avec 11 millions de LEP ouverts alors que 30 millions de Français y seraient éligibles.
Sources : Le Figaro
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Le Livret A voit son taux diminué à 1,70% en août 2025
Au 1er août 2025, le taux du Livret A a été abaissé de 2,4 % à 1,7 %, conformément à la recommandation du gouverneur de la Banque de France et à l’application stricte de la formule réglementaire par le ministre de l’Économie Éric Lombard. Cette baisse s’expliquait par le net ralentissement de l’inflation, tombée à 0,88 % au premier semestre, tout en maintenant une rémunération de l’épargne supérieure à la hausse des prix. Le gouvernement avait également justifié cette décision par le rôle central du Livret A dans le financement de l’économie, notamment du logement social, de la politique de la ville ainsi que des crédits accordés aux PME. La diminution du taux devait ainsi permettre aux bailleurs sociaux de récupérer près d’un milliard d’euros de capacités d’investissement sur deux ans grâce à l’allègement du coût de leur dette indexée sur le Livret A. Dans le même temps, le taux du Livret d’épargne populaire avait été ramené de 3,5 % à 2,7 %, alors que la formule réglementaire aurait conduit à un taux de 2,2 %. Le gouvernement avait alors choisi de déroger à cette formule afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages modestes éligibles au LEP.
Sources : Economie.gouv
Lire aussi : Les impacts de la baisse du taux du Livret A au 1er août
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