Marchés américains : l’emploi ralentit, les taux longs restent sous pression”

Comme tous les mardis, Eric Lafrenière chez Sunny AM fait le point sur les marchés américains dans notre podcast Good Morning America.
Emploi américain : 29 000 créations en septembre, les taux longs restent élevés
Les marchés américains ont terminé la semaine dernière sur une note contrastée. Le Nasdaq Composite a progressé d'environ 0,5 % sur la semaine, tandis que le S&P 500 recule de 0,3 % et le Dow Jones de 1,3 %. Le Nasdaq signe ainsi une nouvelle semaine de hausse, alors que les indices plus larges restent davantage pénalisés par la remontée des taux longs.
Le principal événement de la semaine était bien évidemment le rapport sur l'emploi américain de septembre publié vendredi. L'économie américaine n'a créé que 29 000 emplois, très loin des quelque 90 000 attendus. Les créations des deux mois précédents ont également été révisées à la baisse et le taux de chômage remonte à 4,2 %. Du côté des salaires, la progression n'est que de 0,1 % sur le mois, soit 3 % sur un an. Ce rapport confirme donc un ralentissement progressif du marché du travail américain, sans pour autant signaler à ce stade une véritable rupture de l'économie. Pour les marchés, la conséquence a été immédiate. Les anticipations d'une nouvelle hausse de taux de la Fed en octobre ont fortement reculé, autour de 20 %, contre plus de 60 % une semaine auparavant. Les valeurs les plus sensibles aux taux, notamment les small caps et l'immobilier, ont logiquement bénéficié de cette évolution. Mais le paradoxe reste que malgré le ralentissement de l'emploi, les taux longs demeurent très élevés. Le 10 ans américain évolue autour de 5,30 %, tandis que le 30 ans reste à des niveaux historiquement élevés. Les marchés doivent donc composer avec un scénario assez complexe : une économie qui commence à ralentir, mais une inflation et surtout des taux longs qui restent suffisamment élevés pour limiter la marge de manœuvre de la Fed.
Agenda de la semaine : minutes de la Fed et résultats de PepsiCo et Delta Air Lines
Cette semaine donne un calendrier macroéconomique beaucoup plus léger. Mercredi, place aux minutes de la réunion de la Fed au cours de laquelle les taux ont été relevés de 25 points de base à 3,75 %-4 %. Les investisseurs chercheront surtout à comprendre jusqu'où la Fed est prête à aller si le ralentissement du marché du travail se confirme. Enfin, vendredi, l'indice de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan permettra de mesurer la solidité du consommateur américain alors que le moral des ménages reste relativement dégradé. Sur le front microéconomique, la semaine sera également relativement calme. Aujourd'hui, nous aurons Constellation Brands qui publiera ses résultats avec une attention particulière portée au volume, au pricing et aux marges. Lamb Weston et RPM International seront également à suivre. Demain, nous aurons Applied Digital, qui sera intéressant dans le contexte actuel des investissements massifs dans les infrastructures nécessaires à l'intelligence artificielle et aux data centers. Levi Strauss publiera également ses résultats. Jeudi, ce sera au tour de PepsiCo. Les investisseurs regarderont notamment si le groupe continue à compenser la pression sur les volumes par le pricing et quelle est l'évolution de ses marges. Enfin, vendredi, Delta Air Lines donnera des indications importantes sur la demande de voyage, les recettes unitaires et l'impact du coût des carburants.
Pourquoi le mois d'octobre a-t-il mauvaise réputation en Bourse ?
Oui, on pense immédiatement aux deux grands krachs de Wall Street en 1929 et en 1987. Pourtant, une étude récente suggère que ce n'est probablement pas la véritable explication. Le phénomène serait davantage lié au calendrier des publications de résultats et surtout à la manière dont les investisseurs interprètent ces informations. Janvier, avril, juillet et octobre, qui correspondent aux premiers mois de chaque trimestre, concentrent traditionnellement les publications des grandes entreprises américaines. Ces résultats donnent au marché une vision relativement complète de la santé de l'économie et peuvent provoquer des mouvements importants. Mais les chercheurs mettent en évidence un phénomène de surréaction. Lorsque les premiers résultats du trimestre donnent une direction au marché, les investisseurs auraient tendance à prolonger ce mouvement au cours des semaines suivantes, alors même que les publications apportent progressivement moins d'informations nouvelles. Cette dynamique peut ensuite être partiellement corrigée au début du trimestre suivant, et c'est ce qui rend octobre particulièrement intéressant. Historiquement, la performance du premier mois d'un trimestre a tendance à être négativement corrélée à celle du deuxième mois du trimestre précédent. À titre d'exemple, le S&P 500 a progressé de 2,6 % en août alors que la performance mensuelle moyenne est proche de 0,7 %. Si la relation historique se vérifiait, cela pourrait donc constituer un facteur statistiquement défavorable pour octobre. Mais attention, cela ne signifie évidemment pas qu'il faut vendre ses actions en octobre. L'enseignement de cette étude est plutôt intéressant pour l'allocation d'actifs. Le marché ne réagit pas seulement aux informations fondamentales, mais également à la manière dont les investisseurs les interprètent, voire les surinterprètent.
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