PMI : la croissance résiste, l'inflation aussi, le marché anticipe près de 100 pb de hausse

Extrait de la lettre hebdomadaire d'Apicil AM du 28 septembre 2026
Trump-Xi : trêve commerciale prolongée et droits de douane allégés sur 60 Mds $
Autant dire que les rendez-vous diplomatiques étaient scrutés de près, à commencer par l'Assemblée générale des Nations unies. En tête-à-tête avec D. Trump, Emmanuel Macron a défendu l'idée d'une pause dans les attaques contre les infrastructures énergétiques, côté russe comme ukrainien, avant l'arrivée de l'hiver. Sur l'Iran, le président américain croit à un accord… mais pas avant les élections de mi-mandat. À la même tribune, M. Pezeshkian a conditionné toute réouverture du détroit à la levée des sanctions.
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Les relations avec Pékin, elles, se « réchauffent ». Signe d'un dégel mis en scène, D. Trump a accueilli Xi Jinping au pied de l'avion, un geste inédit depuis soixante ans. Au-delà du symbole, la visite a débouché sur du concret. Outre le report à janvier de la fin de la trêve commerciale, les deux pays vont alléger leurs droits de douane sur quelque 60 Mds $ d'échanges, des jouets aux feux d'artifice côté américain, de la viande aux équipements médicaux côté chinois. Les sujets qui fâchent ont été évités, Xi Jinping s'est borné à un avertissement sur Taïwan, et Pékin n'a donné aucun gage sur le dossier iranien.
PMI de septembre : des chiffres largement au-dessus des attentes
Sur les marchés, les statistiques ont toutefois donné le ton. Les indices PMI de septembre ont largement dépassé les attentes. En Zone euro, le composite atteint 53,1 (vs 51,7 attendu). Aux États-Unis, il grimpe à 58,4 (vs 55,3 attendu), au plus haut depuis plus de cinq ans. Une excellente nouvelle en apparence… cependant les prix payés par les entreprises accélèrent nettement, à 70,3 en zone euro et 68,1 aux États-Unis. Seule la France détonne, avec un climat des affaires de l'Insee en recul (96 vs 98 attendu). L'Allemagne tient en revanche la cadence, l'enquête Ifo confirmant l'embellie, portée par la relance budgétaire.
La croissance résiste, l'inflation aussi
De quoi conforter les banquiers centraux dans leur fermeté. Le marché anticipe désormais près de 100 pb de hausses d'ici fin 2027, pour la Fed comme pour la BCE. Côté obligataire, la réaction a été immédiate. Le 10 ans américain repasse au-dessus des 5 %, jusqu'à 5,2 %, et le 30 ans touche 5,5 %, un plus haut depuis 2004. Le Bund grimpe à 3,60 % et l'OAT à 4,7 %. La France reste le maillon faible, la perspective de la présidentielle de 2027 poussant l'écart OAT-Bund jusqu'à 110 pb (contre 95 pb pour l'Italie).
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Le bilan hebdomadaire est nettement plus flatteur du côté des actions
Comme souvent, la technologie a mené la danse, portée par Muse, le nouvel agent IA de Meta, propulsé en tête de l'App Store (Meta +13 %, Nasdaq 100 +3,3 % sur la semaine). L'Europe reste toutefois distancée (Stoxx Europe 600 +7,9 % depuis janvier, contre +13,1 % pour le S&P 500), et l'écart se creuse jusqu'au sein même de la cote américaine (cf. graphique de la semaine).
Détroit d'Ormuz : négociations au point mort, le Brent remonte près de 108 $
Le choc énergétique continue de donner le tempo de cette rentrée, et le détroit d'Ormuz en reste l'épicentre. Côté diplomatique, le dialogue entre Washington et Téhéran fait du surplace. Après avoir menacé l'Iran de destruction, puis renoncé à des frappes de dernière minute, D. Trump a rejeté ce week-end l'offre iranienne de rouvrir le détroit contre l'arrêt des combats, un assouplissement des sanctions et le déblocage des avoirs du pays. Washington juge Téhéran assez affaibli pour exiger davantage, Scott Bessent pronostiquant que l'Iran ne pourra plus vendre son pétrole à la Chine d'ici deux semaines. Téhéran dit toujours privilégier la diplomatie, et les délégations doivent se revoir cette semaine.
Sur le marché de l'or noir, l'espoir a d'abord prévalu
Selon des responsables américains, le trafic dans le détroit aurait retrouvé un plus haut de six mois, avec une soixantaine de navires commerciaux et quelque 22 millions de barils en une seule journée. L'Arabie saoudite a par ailleurs partiellement rouvert son oléoduc Est-Ouest, qui permet de contourner Ormuz. De quoi ramener un temps le Brent sous les 100 dollars. Le répit aura été de courte durée. Le point mort dans les négociations et la frappe d'un navire dans le détroit l'ont renvoyé près de 108 dollars, rappelant qu'une prime de risque élevée restera de mise faute d'accord durable.
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Pour l'Europe, la menace se déplace vers les carburants. Washington cherche à réduire ses exportations de diesel pour contenir les prix à la pompe, un sujet brûlant pour D. Trump tant les agriculteurs, coeur de son électorat, souffrent de la flambée du gazole. Une décision qui soulagerait le consommateur américain, mais compliquerait l'approvisionnement du Vieux Continent, au moment où la Russie maintient ses propres restrictions à l'export. L'écart entre le Brent et le WTI s'est d'ailleurs creusé à 12 $. Les capitales tentent d'amortir le choc. Paris autorise exceptionnellement le gazole « été » jusqu'au 15 novembre et prolonge ses aides aux secteurs les plus exposés (agriculture, BTP, pêche), l'Allemagne et l'Italie emboîtent le pas. Des pansements utiles, mais d'une ampleur limitée compte tenu de marges budgétaires très étroites.
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