La hausse des métaux industriels s’étend au-delà de l’or et de l’argent

L’envolée spectaculaire de l’or et de l’argent au cours des derniers mois a largement occupé le devant de la scène médiatique. Mais derrière cet engouement pour les métaux précieux, les métaux industriels, moins prestigieux mais essentiels à l’économie mondiale, ont eux aussi enregistré des performances remarquables. Cuivre, aluminium et nickel ont ainsi atteint des sommets records ou pluriannuels, parfois sans que les fondamentaux ne semblent pleinement justifier de tels niveaux de prix.
Une dynamique commune aux métaux précieux et industriels
Plusieurs facteurs structurels expliquent la vigueur actuelle des métaux de base. La demande chinoise joue un rôle central, qu’il s’agisse d’une augmentation des importations ou d’un resserrement des exportations. Mais au-delà de ces éléments tangibles, les métaux industriels semblent également bénéficier d’une dynamique plus spéculative, similaire à celle observée sur l’or et l’argent.
Dans un contexte marqué par les incertitudes économiques et géopolitiques, notamment liées aux orientations politiques du président américain Donald Trump, les investisseurs privilégient les actifs réels. Cette recherche de protection contre l’instabilité alimente la hausse des prix sur l’ensemble du complexe des métaux.
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Le rôle du dollar dans la hausse des prix
L’affaiblissement du dollar américain contribue également à la progression des cours. Toutefois, cette explication ne suffit pas à elle seule. Les prix des métaux ont également bondi dans les autres grandes devises mondiales, ce qui suggère une tendance globale, au-delà du simple effet de change.
L’or au comptant a ainsi atteint un nouveau record à 5 400,91 dollars l’once mercredi, en hausse de 39 % par rapport à son point bas de 3 886,02 dollars observé le 28 octobre. L’argent affiche une progression encore plus spectaculaire, avec un gain de 158 % depuis son creux de 45,51 dollars l’once fin octobre, jusqu’à 117,41 dollars mercredi, à proximité immédiate de son record historique.
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L’argent sous tension face aux contraintes chinoises
Au-delà de la dynamique spéculative, l’argent bénéficie également d’inquiétudes liées aux règles d’exportation chinoises. Pékin a restreint le nombre d’entreprises autorisées à exporter le métal, avec seulement 44 sociétés habilitées cette année et l’an prochain. Si aucune restriction formelle n’a encore été mise en œuvre, la Chine a tout de même expédié environ 5 100 tonnes métriques d’argent l’an dernier, un niveau inédit depuis 2008.
La crainte réside désormais dans une possible priorité accordée à la consommation domestique, notamment en raison de l’utilisation croissante de l’argent dans les panneaux solaires, ce qui pourrait réduire les volumes disponibles à l’exportation.
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Aluminium et cuivre portés par l’offre et la demande chinoises
La Chine pèse également lourdement sur le marché mondial de l’aluminium. Les exportations d’aluminium brut et de produits transformés ont reculé de 8 % en 2025, à 6,13 millions de tonnes. La diminution de l’offre en provenance du premier producteur mondial a soutenu les prix, les contrats londoniens étant en hausse continue depuis avril.
Depuis un point bas de 2 805 dollars la tonne atteint en novembre, l’aluminium a progressé de 16,1 % pour atteindre 3 257 dollars, son plus haut niveau depuis avril 2022.
Le cuivre affiche une performance encore plus marquée. Les contrats à terme londoniens ont gagné 24 % depuis début novembre, atteignant 13 086,50 dollars la tonne, à proximité de leur record historique. Les importations chinoises ont progressé, notamment en fin d’année 2025, avec 437 000 tonnes importées en décembre. Toutefois, une partie de cette hausse s’explique par les flux vers les États-Unis, sur fond de craintes de droits de douane finalement limités à certains produits.
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Le nickel, un cas à part dans un marché excédentaire
Le nickel n’est pas en reste, avec une hausse de 27,5 % depuis son point bas de novembre, pour atteindre 18 270 dollars la tonne mercredi, proche de son plus haut niveau depuis vingt et un mois. Pourtant, les perspectives fondamentales demeurent moins favorables que pour le cuivre ou l’aluminium.
La majorité des analystes considère en effet que les marchés du cuivre et de l’aluminium devraient rester relativement équilibrés en 2026, tandis que le nickel devrait continuer d’évoluer en situation de surabondance.
Une hausse davantage spéculative que fondamentale ?
La question centrale pour les marchés reste donc de savoir si la récente envolée des métaux industriels peut être durablement soutenue par les fondamentaux de l’offre et de la demande, ou si elle reflète principalement une extension du rallye des métaux précieux.
À ce stade, tout porte à croire que cuivre, aluminium et nickel suivent la trajectoire haussière initiée par l’or et l’argent, portés par un environnement d’incertitude généralisée et par l’appétit des investisseurs pour les actifs tangibles.
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