“Le secteur technologique à l’épreuve des résultats et des valorisations” Marina Garlatti, Tailor AM

Le profil de Kevin Warsh et la réaction des marchés à sa nomination
Parlons de l'homme de la semaine, on peut l'appeler comme ça. C'est Kevin Warsh qui est le futur patron de la Fed. Quel est son profil et quelle était la réaction à sa nomination ?
Ça a été assez surpris, j'ai l'impression, puisque c'est vrai que Kevin Warsh est considéré comme quelqu'un d'assez attentif aux risques inflationnistes et donc potentiellement moins favorable à des baisses de taux, en tout cas à des baisses de taux précipitées. D'ailleurs, après l'annonce, les marchés ont réajusté leurs anticipations de baisse de taux sur l'année de 3 à moins de 2. Ça a eu un impact significatif déjà sur le dollar qui est passé de 1,20 à 1,18 face à l'euro. Mais surtout sur les métaux précieux, on a eu vendredi des prises de profit sur l'or et puis sur l'argent. C'est une correction qui était extrêmement violente, qui a été amplifiée par des éléments techniques, je pense notamment à la hausse des marges requises sur les contrats à terme, qui a contraint les investisseurs à réduire davantage leurs positions. Clairement, le marché considère que le risque autour de l'indépendance de la Fed s'éloigne, ça c'est plutôt une bonne nouvelle.
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La politique monétaire américaine face à une économie résiliente
Concernant le futur de la politique monétaire américaine, on a un environnement aujourd'hui qui ne justifie pas forcément de nouvelles baisses de taux. C'est d'ailleurs ce que Powell a expliqué la semaine dernière lors de la réunion de la Fed. Le marché du travail se détériore, mais de façon assez marginale. L'inflation reste au-dessus de la cible et puis l'économie est résiliente. On a eu cette semaine l'ISM manufacturier qui est ressorti largement au-dessus des attentes grâce aux nouvelles commandes notamment.
Par contre, il y a quand même un élément à prendre en compte, c'est que la confiance des consommateurs est en fort repli à 84,5, sachant, juste à titre de comparaison, qu'on était à 85,7 pendant le COVID, donc on est passé en dessous des niveaux COVID. Et ça, c'est un facteur que Trump va devoir prendre en compte, sachant que les midterms approche et qu'il va probablement vouloir regagner en popularité d'ici là.
Le secteur technologique face à une sous-performance et à l’arbitrage sur l’IA
On va maintenant parler du secteur de la tech qui avait déjà fini l'année dernière un peu en retrait par rapport à d'autres classes d'actifs. Est-ce que les publications de résultats qu'on a eues depuis deux semaines confirment un peu cette tendance avec un peu de recul du secteur technologique ?
D'ailleurs depuis le début de l'année, on a un S&P 500 équipondéré qui surperforme le S&P 500 classique. Pourquoi ? Parce qu'il est moins concentré sur les mégacaps de la tech et on a effectivement cette sous-performance du secteur technologique, qui est d'autant plus marquée cette année.
Mais au sein même du secteur, on a de gros écarts de performance. Le marché commence à décider qui vont être les gagnants et les perdants du développement de l'IA. Pour l'instant, ce sont les entreprises de software qui souffrent le plus.
La sanction des déceptions de résultats et la question du retour sur investissement
L'autre constat, c'est que le marché sanctionne très fortement les déceptions sur les résultats.
C'est assez cohérent compte tenu des niveaux de valorisation. L'exemple le plus parlant, c'est Microsoft la semaine dernière qui perd 10 % sur une séance après sa publication, malgré des résultats pas si mauvais en soi, mais ce qui a été sanctionné, c'est le ralentissement dans le cloud et la hausse de 66 % des CAPEX. En fait, on est passé d'un marché qui récompensait l'investissement à un marché qui aujourd'hui se pose vraiment la question du retour sur investissement.
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La réunion de la BCE et l’absence de justification pour une action immédiate
On finit en revenant sur les banques centrales, mais cette fois côté européen avec la réunion de la BCE ce soir. Qu'est-ce qu'il faut en attendre ?
Pas grand-chose. On a eu les chiffres d'inflation hier en baisse à 1,7 %. La croissance est résiliente, d'ailleurs elle est ressortie au-dessus des attentes au T4 2025 à plus 0,3 au lieu de plus 0,2, au total plus 1,5 sur l'année. La consommation se tient plutôt bien, elle est soutenue par la croissance des salaires réels. Pareil pour l'investissement grâce à de meilleures conditions de financement et donc tout ça, ça a permis de compenser les incertitudes géopolitiques et commerciales.
Alors on a toujours des disparités au sein de la zone, l'Espagne se démarque avec une croissance qui a été de plus 0,8 au T4. Et alors la bonne nouvelle provient de l'Allemagne qui affiche des chiffres meilleurs qu'attendu. Donc on a enfin une accélération alors que le plan de relance n'est pas totalement utilisé. Donc peut-être même que finalement l'impact de ce plan de relance a été sous-estimé par le consensus. Donc ça c'est plutôt une bonne nouvelle et qui ne justifie pas en tout cas d'action de la BCE aujourd'hui.
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