CM-AM Global Gold : quel potentiel pour les minières aurifères ?

Après la progression de l’or, quel potentiel reste-t-il aux sociétés minières aurifères cotées ? Valentin Derhy, Responsable commercial à La Française, revient sur les moteurs du marché de l’or et présente le positionnement de CM-AM Global Gold, un fonds investi principalement dans les valeurs minières.
Comment s'est comporté l'or dans un contexte de marchés financiers agités ?
Valentin Derhy : Tout à fait, les marchés cet été ont finalement amplifié des mouvements qui étaient déjà présents, à savoir crise inflationniste, crise géopolitique et taux d'intérêt qui remontent. L'or s'est plutôt bien comporté finalement. Nous oscillons entre 4 500 $ de l'once et 4 000 $ de l'once. Donc c'est plutôt assez positif et ça a tenu finalement la promesse d'amortisseur de choc de volatilité.
Les sociétés minières ont-elles suivi la même évolution ?
Valentin Derhy : Elles ont eu un regain de volatilité parce qu'il faut garder en tête que ce sont des actions. Donc la société minière, par nature, va être plus volatile. Maintenant, quand nous regardons les indicateurs court terme, c'est vrai qu'ils sont plutôt moins bien orientés que l'année dernière. Mais finalement, c'est plutôt les drivers long terme qui viennent pousser les prix sur l'or.
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Quel est le potentiel des sociétés minières à long terme ?
Valentin Derhy : Il faut garder en tête une chose, c'est que nous avons plusieurs fondamentaux. D'une part, le court terme et, d'autre part, le long terme. Sur le long terme, la bijouterie. La bijouterie qui est assez importante et qui tire la demande, d'autant plus que Noël arrive. À côté de ça, évidemment, les banquiers centraux qui achètent énormément d'or pour dédollariser les économies. Et ça, c'est un des drivers fondamentaux de ces 18 derniers mois. À côté de ça, les ETF. Parce que quand nous achetons un ETF, derrière, nous achetons de l'or. Et enfin, les demandes industrielles qui viennent aussi tirer les prix de l'or quand l'offre minière reste stable. Donc tous ces drivers font que nous sommes plutôt bien orientés sur le long terme et sur ce secteur-là.
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Vous êtes venu pour nous parler de votre fonds CM-AM Global Gold qui s'appuie sur tous ces drivers. Quel est son positionnement tout d'abord ?
Valentin Derhy : CM-AM Global Gold, c'est la référence de place. Depuis 1984, nous sommes experts dans ce domaine. CM-AM Global Gold, c'est quoi ? C'est un fonds d'actions. Et c'est important de revenir sur ça. Vous n'achetez pas de l'or en direct, vous achetez des sociétés minières aurifères. Et donc, quand vous achetez et que vous êtes porteur du fonds, vous êtes porteur d'un fonds en actions. Vous allez donc avoir un peu plus de volatilité, mais vous allez surtout avoir accès à ce que nous appelons un effet de levier. Parce qu'il y a une différence entre acheter de l'or et acheter des minières. Un effet de levier autour de 2 à 3.
Où sont cotées ces actions ? Qui sont les gros producteurs ?
Valentin Derhy : Nous parlons d'un univers d'investissement de 150 valeurs. Nous avons une gérante qui fait de la gestion de conviction et du stock-picking, donc nous venons finalement rencontrer les managements et sélectionner 40 à 60 valeurs en portefeuille. Ce sont des sociétés qui sont pour la plupart cotées au Canada, à 85-90 % qui sont cotées au Canada.
Comment votre fonds CM-AM Global Gold est-il investi aujourd'hui ?
Valentin Derhy : Nous avons cette grosse poche or, donc sociétés qui exploitent de l'or, mais nous avons aussi, à titre de diversification, des sociétés argentifères, des sociétés cuprifères, et aussi des sociétés de royauté qui viennent finalement investir au cas par cas sur des mines.
Quelle place voyez-vous pour CM-AM Global Gold dans une allocation ?
Valentin Derhy : C'est vrai qu'aujourd'hui, ça fait du sens d'avoir de l'or en portefeuille pour les clients qui sont capables de supporter le niveau de volatilité. Encore une fois, je pense qu'entre 5 % et 10 %, ça peut être plutôt une bonne idée. Pourquoi ? Parce que ça vient amortir les chocs de marché. Ça, c'est plutôt une bonne chose, parce que vous avez un couple rendement-risque qui est amélioré. Et puis, c'est vrai que depuis quelques années maintenant, les performances sont assez élogieuses et c'est une très bonne chose. Moi, ce que j'aime bien rappeler, c'est que sur 5 ans, donc l'horizon d'investissement est de 5-8 ans, sur 5 ans en annualisé, vous allez avoir 22 % de rendement, ce qui est plutôt très bien. Et sur 10 ans, nous sommes à 13 % de performance annualisée. Donc encore une fois, je pense que c'est un bon moyen d'encaisser les chocs de marché et ça trouvera une légitime place dans les allocations de nos clients.
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Optimiser son allocation en s’exposant à la thématique de l’or : Les sociétés aurifères comme levier
En janvier 2025, l’or a poursuivi sa tendance haussière de 2024, porté par les risques économiques et politiques (guerres commerciales, inflation aux États-Unis, instabilité politique, etc.). Ceci s’est accentué avec le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis, la mise en place de sa nouvelle administration et ses premiers décrets, qui n’ont fait qu’accroître les incertitudes. L’ensemble de ces éléments ont convaincu les investisseurs de revenir sur cette thématique et, en février, l’or enregistre un nouveau plus haut historique à 2 956,2 $ l’once (le 24 février 2025). La demande des investisseurs occidentaux s’accroît, soit au travers des ETF Or, mais aussi via des livraisons d’or physique. En outre, la Chine, en plus des achats de la banque centrale, vient de lancer un programme pilote permettant à certaines compagnies d'assurances d'investir dans l'or dans le cadre de leurs stratégies d'allocation d'actifs à moyen et long terme. Tous les voyants sont au vert et cela devrait soutenir la demande d’or. L’argent n’est pas en reste et progresse de 12,8 % depuis le début de l’année, à 32,6 $ l’once.
Le contexte actuel reste très favorable aux producteurs de métaux précieux
En effet, les bons résultats de 2024, tant en matière de production que sur le plan financier, récemment publiés par les sociétés, ainsi que la hausse continue des prix des métaux et la bonne maîtrise des coûts de production, renforcent la confiance des investisseurs pour 2025. Cela est d'autant plus vrai que ces derniers sont convaincus que le prix de l’or restera élevé cette année.
Le secteur aurifère surperforme largement l’or en ce début d’année
+ 22,3 % pour l’indice Nyse Arca Gold Miners contre + 10,8 % pour l’once d’or (le 07/03/2025 en USD). Ceci s’explique par (i) la qualité des résultats opérationnels délivrés par les sociétés, (ii) la bonne tenue des prix des métaux (iii) un retard de valorisation des sociétés à ce niveau de prix de l’or.
Aujourd’hui, les investisseurs, anticipant une poursuite de la hausse de l’or, recherchent l’effet de levier offert par les sociétés, et des flux d’investissement importants arrivent à nouveau sur le secteur. De plus, les entreprises ont fourni leurs « guidances » pour 2025, et il y a fort à parier qu’avec un prix des métaux aussi élevé, les analystes devront revoir leurs estimations à la hausse, constituant ainsi un autre facteur de soutien pour le secteur. L’ensemble de ces éléments ne sont pas encore intégrés dans les valorisations des sociétés.
Pourquoi investir dans les entreprises du secteur aurifère plutôt que dans l'or physique ?
L’or est souvent perçu comme un actif contre-cyclique, prisé en période de ralentissement économique ou de volatilité des marchés. S’il peut offrir une protection contre l’inflation et améliorer le ratio risque/rendement à long terme, investir dans les entreprises aurifères peut toutefois présenter des atouts supplémentaires par rapport à l’or physique ou aux ETF or.
Ces entreprises (les sociétés aurifères) sont en effet soutenues par des fondamentaux solides et un élan positif du marché. Elles bénéficient directement de la hausse des prix de l'or, avec des coûts de production bien maîtrisés, des marges élevées et en hausse, ainsi qu'une génération de flux de trésorerie positive. De plus, ces sociétés disposent de bilans solides, avec un accent mis sur la restitution de valeur aux actionnaires par le biais de dividendes.
Bien que la hausse du prix de l’or ait entraîné une augmentation de leurs valorisations, ces sociétés sont encore considérées comme relativement bon marché lorsque l'on prend en compte les attentes de bénéfices futurs. Le marché n’a pas encore pleinement intégré la durabilité du rallye actuel du prix de l'or, ce qui signifie que les entreprises minières aurifères pourraient afficher des résultats supérieurs aux attentes.
De plus, le secteur connaît une consolidation accrue, avec de grandes entreprises rachetant des acteurs plus petits et sous-évalués, renforçant ainsi leur potentiel de croissance.
En résumé, investir dans les sociétés aurifères présente l’avantage de bénéficier à la fois de la hausse des prix de l’or et des forces opérationnelles propres à ces entreprises, telles que des flux de trésorerie solides, une gestion efficace des coûts et des stratégies axées sur les actionnaires. Cette combinaison de facteurs peut générer des rendements attractifs dépassant la simple évolution du prix de l’or.
Par Charlotte Peuron, Gérante de fonds spécialisés chez Crédit Mutuel Asset Management
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