Détroit d’Ormuz, Fed, Royaume-Uni : les marchés toujours prudents

Podcast hebdomadaire Décodages de Marina Garlatti chez Tailor AM par Club Patrimoine
La réouverture du détroit d’Ormuz soulage les marchés de l’énergie
On va revenir sur le protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran et ses implications autour du détroit d'Ormuz et de sa réouverture. Qu'est-ce qu'il faut en penser pour l'instant ?
C'est vrai que ça a été assez laborieux, mais là, la situation s'est améliorée puisqu'on a à la fois une reprise progressive du trafic dans le détroit d'Ormuz et une levée temporaire des sanctions sur le pétrole iranien pour une durée de 60 jours. Donc, la conséquence directe de tout ça, c'est qu'on a une baisse des prix du pétrole et des prix du gaz naturel. Ça, c'est particulièrement positif pour l'Europe et pour certains pays asiatiques qui sont un peu plus dépendants des importations d'énergie que les États-Unis, par exemple. Donc l'enjeu maintenant, ça va être de savoir si tout ça sera durable. Parce que si c'est durable, ça pourrait d'une part réduire la pression sur les banques centrales, notamment la BCE, qui pourrait éviter de devoir augmenter ses taux une deuxième fois. Et d'autre part, ça pourrait soutenir la croissance économique après quand même plusieurs mois durant lesquels le choc énergétique a quand même pesé sur la confiance des ménages et sur la confiance des entreprises. D'ailleurs, les PMI publiées hier vont dans le bon sens. Le PMI composite de la zone euro remonte à 49,5 contre 48,5 le mois d'avant. L'activité reste en légère zone de contraction, mais ça devrait s'améliorer sur les prochains mois si jamais la réouverture du détroit d'Ormuz est bien confirmée.
Un peu de prudence quand même de ce côté-là. Je rappelle que les gros points de blocage entre l'Iran et les États-Unis n'ont toujours pas été résolus.
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Fed : un statu quo sur les taux mais une communication plus restrictive
Qu'est-ce qu'il fallait retenir des décisions de la Fed et aussi de la première de Kevin Warsh ?
Pas de grosse surprise, la Fed a maintenu ses taux inchangés. On note quand même un ton un peu plus restrictif qu'attendu. Il n'y avait qu'un vrai point d'attention sur l'inflation. Kevin Warsh a rappelé que l'inflation était supérieure à la cible de 2 % depuis cinq ans et donc que la Fed avait échoué dans sa mission jusque-là.
Au-delà de ça, je pense que ce qu'il faut vraiment retenir de cette réunion, c'est le changement radical au niveau du mode de communication. Donc on a beaucoup moins d'indications sur la trajectoire des taux, les conférences de presse pourraient changer ou en tout cas être moins fréquentes. On a une communication qui sera beaucoup moins riche, ce qui rendra les décisions de la Fed plus imprévisibles et ça, ça pourrait renforcer la volatilité sur les marchés.
Si on regarde justement ce qui s'est passé sur les marchés depuis cette réunion, on a eu un rebond des taux souverains, en particulier des taux courts, avec le ton plus restrictif justement. Un rebond du dollar face à l'euro et une baisse des valeurs technologiques. Là, le Nasdaq perd 3,5 % depuis le début de la semaine. On verra ce soir si les résultats de Micron renversent un peu cette tendance ou pas.
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Royaume-Uni : l’instabilité politique au défi de la crédibilité budgétaire
On va finir avec le Royaume-Uni et une nouvelle démission d'un Premier ministre qui s'enchaîne depuis quelques années, c'est Keir Starmer qui démissionne à son tour.
Quel impact est-ce que ça pourrait avoir pour le Royaume-Uni cette période d'instabilité ?
Le vrai sujet pour les marchés, c'est la crédibilité budgétaire du futur gouvernement, sachant que le Royaume-Uni a une dette élevée, puis surtout une charge d'intérêt élevée, vu le niveau des taux d'intérêt. Je rappelle que les coûts d'emprunt du Royaume-Uni sont les plus élevés des pays du G7. En face de ça, on a une croissance économique qui est plutôt faible depuis plusieurs années, des besoins d'investissement importants. C'est tout ça qui explique la prime élevée des obligations britanniques par rapport aux obligations européennes, malgré un niveau d'inflation qui est assez similaire pour les deux zones. Au Royaume-Uni, on est à 2,8 % de l'inflation.
Donc là, la situation n'est pas vraiment évidente pour le prochain Premier ministre, qui sera effectivement le septième en dix ans. Le candidat le plus probable, c'est Andy Burnham. Il a déjà indiqué qu'il était plutôt pour conserver les règles budgétaires actuelles. Ça, ça a rassuré les marchés. Mais clairement, tout l'enjeu du nouveau gouvernement, ce sera de convaincre vraiment sur la trajectoire budgétaire du pays.
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