Emploi américain et tech : les craintes des marchés refont surface

Décodages avec Marina Garlatti chez Tailor AM par Club Patrimoine. Un podcast hebdomadaire, pour faire le point sur les actualités qui influencent les marchés financiers.
Un marché de l'emploi américain toujours solide qui bouscule les anticipations de taux
Commençons par ce qui s'est passé en fin de semaine dernière et l'emploi américain qui a entraîné une légère baisse des marchés.
C'est le chiffre de la semaine dernière, donc 172 000 créations d'emplois sur le mois de mai aux États-Unis. C'est bien plus que ce qui était attendu. Et on a eu en plus de ça des révisions à la hausse des chiffres des mois précédents. Donc un marché de l'emploi particulièrement solide. À première vue, on pourrait penser que c'est une bonne nouvelle pour les marchés. Or là, on est plutôt dans une configuration où les marchés attendent une détente monétaire. Et si l'économie américaine continue de bien résister, la FED aura plus de raison de baisser ses taux rapidement. Sachant que, comme vous le savez, il y a toujours les pressions inflationnistes liées à la hausse des prix de l'énergie en parallèle. Donc là, pour les marchés, good news is bad news, c'est-à-dire que les bonnes nouvelles économiques deviennent des mauvaises nouvelles puisqu'elles repoussent l'espoir d'un assouplissement monétaire. Certains pensent même que la Fed pourrait monter ses taux si jamais l'inflation persiste. Ce n'est pas le scénario principal, le marché price environ 30 % de chance d'avoir une hausse de taux en septembre. Tout ça, ça s'est traduit par une hausse des taux souverains et par une baisse des marchés actions avec une pression surtout sur les valeurs les plus sensibles aux taux. Donc la tech et les semi-conducteurs ont bien reculé vendredi, c'est parce qu'en parallèle on a eu les résultats assez décevants de Broadcom qui ont incité à la prudence vu la forte progression du secteur.
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Les valorisations de la tech et de l'intelligence artificielle sous les projecteurs
En parlant de ces valeurs tech, il y a quand même pas mal de doutes autour des valorisations.
Est-ce que c'est ça aussi qui a entraîné cette baisse ? Oui, c'est sûr que sur le secteur technologique, il y a un emballement depuis quelque temps. Naturellement, la question de la bulle revient souvent. Je pense qu'il y a deux gros points d'attention sur le secteur. Effectivement, les valorisations. Même si aujourd'hui les grands acteurs de l'IA génèrent des bénéfices, il y a des attentes qui sont très élevées et qui sont déjà intégrées dans les cours. Il y a donc une anticipation de croissance extrêmement forte pendant plusieurs années. Forcément, la moindre déception entraîne des réactions importantes. Là, c'est ce qui s'est passé avec Broadcom dont on parlait à l'instant. Le deuxième point, c'est la concentration des indices. Le poids du secteur technologique dans le S&P 500 a quasiment doublé sur les dix dernières années. Et ça, ça risque de ne pas aller en s'arrangeant quand on voit les projets d'IPO avec des montants absolument colossaux. Là, si on prend SpaceX, OpenAI et Anthropic, c'est une valorisation cumulée qui est proche de 4 000 milliards de dollars et ça, ça devrait arriver en bourse prochainement. C'est plus que le PIB français, c'est près de 10 % de la capitalisation totale du S&P 500. Donc effectivement, si ces valeurs entrent dans les indices, on risque d'avoir une concentration d'autant plus forte. Je ne pense pas qu'il faille être absent de la thématique IA pour autant, mais il faut vraiment rester vigilant et puis surtout être bien diversifié.
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Réunion de la BCE : un discours attendu sur la suite du cycle monétaire
On termine avec la BCE. Puisqu'on a parlé un petit peu de la Fed, on va passer de notre côté de l'Atlantique. Qu'est-ce qu'on peut attendre de l'intervention de la BCE demain ?
Demain, réunion de la BCE, la hausse de taux est largement anticipée. L'inflation poursuit sa hausse sur le mois de mai. Elle est passée de 3 à 3,2 %. Ce n'est plus uniquement lié à la hausse des prix de l'énergie. Les services commencent à contribuer également. Je pense qu'il faudra surtout être attentif au discours de la BCE sur la suite du cycle monétaire, parce que le danger en zone euro, c'est qu'on a une croissance qui est déjà faible. Là, les ventes au détail continuent de se replier, donc les ménages ne puisent pas dans leur épargne. On a eu aussi les nouvelles commandes à l'industrie en Allemagne qui sont ressorties en baisse, une dynamique qui s'essouffle déjà, et donc c'est évidemment un élément que la BCE devra prendre en compte avant de trop durcir les conditions financières.
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