"Tout le monde en prend pour son gallon !" Christian Bito (ESSEC et SLGP)


Le choc sur l’essence déclenche une chute historique de la confiance des ménages
Pour la première fois, le prix d'un gallon d'essence dépasse 4 dollars aux États-Unis. Un gallon, c'est environ 3,8 litres. Cela ferait donc, chez nous, un litre d'essence à 1 euro. Mais c'est tout de même une hausse violente, de près de 30 en quelques jours. L'impact se voit déjà dans l'inflation s&p de mars, qui bondit de 2,4 à 3,3 % et touche donc la confiance des consommateurs. L'indice préliminaire d'avril de l'Université du Michigan pour les ménages américains chute de 53,3 à 47,6. Il faudrait remonter au choc de 1979 pour se retrouver aussi bas. Attention, néanmoins, cet indice est très volatile et sensible aux événements politiques et aux craintes générées par le conflit impliquant les États-Unis.
Malgré l’inflation, les taux longs reculent et les marchés résistent
Les taux à long terme ont d'ailleurs assez peu réagi aux mauvais chiffres d'inflation puisque le taux à 10 ans américain est passé de 4,25 % à 3,34 % vendredi dernier. En parallèle, le pétrole a amorcé un retour sous 100 dollars à 96 pour le baril de Brent vendredi. Les marchés tiennent car le contexte de ce choc est différent de 2022.
Des tensions inflationnistes moins durables qu’en 2022 grâce au ralentissement des salaires
En effet, les salaires américains montaient à l'époque de plus de 9,5 par an, mesurés au mois de janvier, et l'inflation atteignait déjà 7,5 %. Les ruptures dans les chaînes d'approvisionnement en 2021-2022 suite au boom de la sortie du COVID étaient déjà présentes avant l'attaque russe sur l'Ukraine. L'inflation américaine avait alors bondi de 7,5 à 9,1 sur les six premiers mois de 2022. Aujourd'hui, le marché du travail n'est plus sous cette tension. Les salaires ont progressé de 4,26 aux États-Unis depuis un an, 3 en zone euro. Le scénario actuel de la BCE ou de la FED est donc moins négatif. Mais l'ouverture des négociations réservera encore bien des rebondissements, car nous ne sommes pas dans la confinance, mais il apparaît subsister des points majeurs de désaccord. Le nucléaire, les proxys, surtout le détroit d'Ormuz pour citer les principaux. Seul élément qui pourrait faire avancer rapidement la conclusion des pourparlers sans la reprise du conflit armé. Donald Trump en a pris pour son galon.
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Le risque politique américain pourrait devenir le principal facteur de marché
Le coût et la durée du conflit l'impact grandissant sur l'économie mondiale, donc américaine, risque de le mettre en fâcheuse position pour les élections mid-term de novembre. N'oublions pas que les ménages américains bénéficient tout de même de nombreux avantages depuis le début de l'année. Sa big and beautiful bill, sa loi, avec des remboursements d'impôts et des cadeaux fiscaux. D'ailleurs, les chiffres de consommation de février aux États-Unis sont encore bons, à plus 3,7 % sur un an glissant. Mais il ne faudrait pas que cela dure trop longtemps, sinon les marchés aussi en prendront pour leur galon.
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