“Les marchés restent particulièrement résilients” Marina Garlatti, Tailor AM

Une désescalade fragile autour de l’Iran et des tensions persistantes
Encore et toujours l'Iran au cœur des interrogations. On a eu la semaine dernière une reprise des négociations. Est-ce que cette désescalade est durable ?
Ce qu'on sait pour le moment, c'est que malheureusement, ces négociations ont échoué ce week-end. Les deux camps rejettent un peu la responsabilité sur l'autre. D'après les Américains, le point bloquant serait la question du nucléaire, donc le fait que l'Iran ne souhaite pas abandonner son programme d'armement nucléaire. Il était quand même assez peu probable qu'on arrive à un accord aussi rapidement compte tenu des exigences des deux côtés. Je pense par exemple à la volonté de l'Iran de contrôler le détroit d'Ormuz. Donc là, l'échec des discussions, ce n'est pas une surprise totale. Par contre, Donald Trump accentue la pression en ordonnant un blocus maritime qui vise tous les navires entrant ou sortant des ports iraniens. Là, il y a un objectif qui peut être double.
D'une part, ça permet d'affaiblir l'Iran en coupant une partie de ses revenus. Et d'autre part, ça pourrait inciter des pays partenaires, je pense par exemple à la Chine, à reprendre les négociations, puisqu'il y a quand même un certain nombre de navires qui ont pour destination des pays comme la Chine ou même l'Inde, qui restait jusqu'à maintenant à l'écart de la guerre au Moyen-Orient. Donc oui, là, on est quand même sur un cessez-le-feu qui reste assez fragile. Ceci dit, les deux camps ont quand même intérêt à trouver une solution. C'est assez consensuel, mais on reste sur un scénario de tension avec une reprise des discussions dans les jours à venir. C'est d'ailleurs ce qu'a confirmé Donald Trump hier.
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Des marchés actions résilients malgré les tensions géopolitiques
Après les premières semaines de baisse suite au conflit, les marchés actions ont même rebondi la semaine dernière et se maintiennent en début de semaine. Qu'est-ce qui explique leur résilience ?
C'est sûr que le marché a l'air de vouloir rebondir. Les actions ont en effet été très résilientes. La correction depuis le début du conflit reste quand même assez contenue. Le S&P 500 a même retrouvé son niveau d'avant-guerre. L'Europe et les émergents ont bien rebondi aussi. Ils avaient un peu plus baissé puisqu'ils sont plus dépendants des hydrocarbures en provenance du Moyen-Orient. Mais effectivement, le marché actions, dans sa globalité, n'intègre pas aujourd'hui un scénario de risque extrême. On reste dans cette logique TACO, donc Trump Always Checking Out, où on pense que Trump va faire marche arrière et donc qu'il y a un filet de sécurité américain. D'ailleurs, l'annonce du cessez-le-feu a un peu conforté cette vision-là. C'est une vision que l'on partage, on avait d'ailleurs nous renforcé l'exposition action de nos portefeuilles progressivement sur le mois de mars pour justement pouvoir se positionner en cas d'éventuel rebond. Donc, on reste assez constructif, mais c'est vrai que les marchés actions nous paraissent quand même très complaisants. À noter qu'on entre là en période de publication de résultats.
Est-ce que le marché va un peu se défocaliser de la géopolitique ? C'est ce qu'on verra. En tout cas, là, ce matin, le Luxe corrige, On a eu hier les résultats de LVMH qui étaient assez décevants et ce matin c'est Hermès qui signe la plus forte baisse.
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Inflation, énergie et indicateurs macro : quels signaux pour les marchés ?
Pour terminer, les indicateurs macroéconomiques commencent à s'ajuster, à prendre en compte cette guerre en Ukraine et la hausse des coûts de l'énergie. Qu'est-ce qu'il faut retenir comme indicateur et qu'est-ce que ça dit des prochains mois ?
Tout à fait, donc là on a la forte hausse des prix de l'énergie qui commence effectivement à se refléter dans les indicateurs, avec un ralentissement de la croissance et une hausse de l'inflation. En zone euro, l'inflation est ressortie à 2,5 % en mars, on était à 1,9 % au mois de février. Le constat est identique aux États-Unis, l'inflation S&P qui est passée de 2,4 % à 3,3 % en mars.
Pour information, l'énergie reste une part peu significative dans le calcul de l'inflation totale. C'est à peu près 6 % dans le calcul du CPI aux États-Unis et 9% en zone euro. Ce n'est pas la partie la plus importante. Par contre, il pourrait y avoir des effets de contagion vers les autres composantes de l'inflation et c'est ça qui va vraiment déterminer si le phénomène sera temporaire ou non. Sachant qu'aux États-Unis, on était déjà dans un contexte qui était inflationniste, Donc effectivement, point d'attention là-dessus. La hausse des coûts se répercute aussi sur la demande.
On a eu le PMI des services aux États-Unis qui est passé sous les 50, donc en zone de contraction, pour la première fois depuis janvier 2023. Et la confiance des consommateurs qui chute depuis plusieurs semaines et qui atteint aujourd'hui un niveau historiquement bas.
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