Les conseillers patrimoniaux affichent une forte conviction pour le Private Equity en France, malgré un climat économique plus incertain

Alors que de nombreux marchés européens abordent les actifs privés avec prudence face à un environnement macroéconomique contrasté, la France se distingue par une conviction particulièrement forte envers le private equity et les stratégies evergreen. Les résultats de l’enquête européenne menée auprès des conseillers financiers montrent en effet que les professionnels français figurent parmi les plus engagés dans l’adoption des investissements alternatifs, même si leur confiance dans l’économie est inférieure à celle observée ailleurs en Europe.
Une adoption du Private Equity déjà bien ancrée
Parmi les 53 répondants français interrogés, 64 % ont déjà recours à des investissements alternatifs dans les portefeuilles de leurs clients. Cette adoption s’accompagne d’une forte intention de poursuivre le mouvement, même si le rythme apparaît légèrement plus mesuré que dans le reste de l’Europe : 32 % prévoient d’augmenter leurs allocations aux actifs alternatifs au cours des douze prochains mois, contre 36 % à l’échelle européenne.
L’intérêt croissant des clients reste un moteur important. Plus d’un tiers des conseillers français (35 %) indiquent que la demande pour ces stratégies s’est renforcée, un niveau certes inférieur à la moyenne européenne (39 %), mais qui confirme une tendance durable vers une plus grande diversification des portefeuilles.
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Le private equity, classe d’actifs favorite des conseillers français
L’un des enseignements les plus marquants de l’enquête concerne l’attrait du marché français pour le private equity. Près de huit conseillers sur dix (79 %) identifient cette classe d’actifs comme leur priorité d’allocation, soit 13 points de plus que la moyenne européenne et le niveau le plus élevé observé parmi tous les marchés analysés.
Cette préférence reflète une conviction de long terme quant à la capacité des entreprises non cotées à générer de la valeur, mais aussi la volonté des conseillers de rechercher des sources de performance moins dépendantes des fluctuations des marchés publics. Dans un contexte économique jugé plus incertain par les conseillers français que dans les autres pays européens sondés, les actifs privés apparaissent comme un outil stratégique de construction de portefeuille plutôt qu’une exposition opportuniste.
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Les fonds evergreen gagnent du terrain
La France se distingue également par son enthousiasme pour les structures evergreen. Selon l’enquête, 81 % des répondants s’attendent à ce que l’exposition de leurs clients aux véhicules evergreen dépasse 11 % des portefeuilles dans les deux prochaines années, contre 66 % en moyenne en Europe. Parmi eux, 21 % anticipent même une allocation supérieure à 15 %.
Cette évolution témoigne de l’intérêt croissant pour des solutions offrant une plus grande flexibilité d’investissement que les fonds fermés traditionnels, tout en permettant un accès facilité aux marchés privés. Alors que la démocratisation des actifs non cotés se poursuit, les structures evergreen pourraient jouer un rôle clé dans l’élargissement de leur adoption auprès d’une clientèle plus large.
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Le véritable défi : la construction de portefeuille
Si l’accès aux produits n’apparaît plus comme un obstacle majeur, les conseillers français identifient un autre enjeu : comprendre précisément le rôle des actifs alternatifs au sein d’un portefeuille global. Ainsi, 67 % des répondants considèrent que la compréhension de l’impact des actifs alternatifs sur la construction de portefeuille constitue leur principal défi. Ce chiffre est supérieur de 13 points à la moyenne européenne et représente le niveau le plus élevé de l’ensemble de l’enquête.
À l’inverse, l’accès aux solutions d’investissement est jugé relativement satisfaisant, avec un niveau comparable à la moyenne européenne. Le sujet n’est donc plus tant celui de la disponibilité des produits que celui de leur intégration optimale dans les allocations stratégiques. Les conseillers recherchent davantage d’outils d’analyse, de modélisation et de compréhension du profil risque-rendement des actifs privés dans un portefeuille diversifié.
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Une approche technologique différente du reste de l’Europe
Autre particularité française : une appétence nettement plus faible pour les outils digitaux orientés vers la communication client. Seuls 21 % des conseillers considèrent les outils numériques d’éducation et de communication comme une priorité, contre 44 % en moyenne en Europe.
Les professionnels français privilégient davantage les outils liés à la gestion de portefeuille, à l’intégration dans les systèmes existants et aux analyses de risque et de performance. Cette hiérarchie des besoins contraste avec celle observée dans d’autres pays européens, où l’accent est davantage mis sur l’engagement et l’éducation des investisseurs finaux.
Une opportunité pour les acteurs du marché
Pour les sociétés de gestion comme pour les plateformes de distribution, le message est clair. La France apparaît aujourd’hui comme l’un des marchés européens les plus réceptifs au private equity et aux structures evergreen. Mais cette forte conviction s’accompagne d’une demande accrue de pédagogie autour de la construction de portefeuille, des analyses de risque et des outils de modélisation.
Dans un environnement où seulement 58 % des conseillers se montrent positifs quant à l’économie locale, contre 68 % à l’échelle européenne, les actifs privés semblent être perçus comme une solution permettant de construire des portefeuilles plus résilients face à l’incertitude, plutôt que comme un simple vecteur de rendement.
Cette dynamique pourrait faire de la France l’un des marchés les plus stratégiques pour le développement des solutions de marchés privés destinées à la clientèle patrimoniale dans les années à venir.
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