L'usage de l'IA en entreprise : l’analyse de texte et l’IA générative s’imposent

L’Insee dresse le panorama de l’IA dans les entreprises françaises en 2025. 18 % des entreprises de 10 salariés ou plus l’utilisent, contre 6 % en 2023. L’analyse de texte et l’IA générative arrivent en tête des technologies. L’article détaille les écarts selon la taille et le secteur, la comparaison européenne, les usages et les freins. Il met aussi ces chiffres en perspective avec les enquêtes 2026 de la Banque de France et de Bpifrance.
Entre 2023 et 2025, la part des entreprises françaises de 10 salariés ou plus qui utilisent l’intelligence artificielle a été multipliée par 3, d’après l’Insee. Elle est passée de 6 % à 18 %, dont 8 points gagnés sur la seule dernière année. Ces entreprises réalisent désormais 66 % du chiffre d’affaires du champ étudié.
De 6 % à 18 % des entreprises équipées en 2 ans
Le taux d’adoption progresse de 8 points sur 1 an et de 12 points depuis 2023. Le poids économique des utilisatrices grimpe encore plus vite. Elles concentrent 66 % du chiffre d’affaires et 59 % de l’emploi du champ, contre 49 % et 40 % 1 an plus tôt.
L’Insee apporte une précision sur ce dernier chiffre. Il ne signifie pas que 59 % des salariés se servent eux-mêmes de l’IA. La majorité d’entre eux travaillent simplement dans une structure qui l’utilise de manière organisée pour une partie de ses tâches.

Les grandes entreprises nettement en avance
La taille reste le premier facteur d’écart, en raison des coûts fixes liés à l’adoption de ces outils. Le taux d’usage atteint 15 % entre 10 et 49 salariés, 31 % entre 50 et 249 salariés et 58 % au-delà de 250 salariés.
Depuis 2023, il a triplé dans les entreprises de moins de 250 salariés et a été multiplié par 2,8 dans les plus grandes. L’écart en points s’est pourtant élargi : il est passé de 16 à 43 points entre les moins de 50 salariés et les 250 salariés ou plus.
À taille et secteur identiques, faire partie d’une multinationale rend le recours à l’IA 1,6 fois plus probable. Employer plus de 15 % d’ingénieurs et de cadres techniques le rend 1,8 fois plus probable.
L’information-communication, secteur le plus équipé
Avec 59 %, l’information-communication reste loin devant. Viennent ensuite les activités spécialisées, scientifiques et techniques (33 %) et l’immobilier (26 %). Les transports et l’entreposage (9 %), la construction (10 %), l’hébergement-restauration (12 %) et le commerce (13 %) ferment la marche. L’industrie manufacturière, l’énergie-eau-déchets et les services administratifs se situent entre 17 % et 19 %.
Les secteurs les moins avancés rattrapent leur retard. Le taux d’usage triple en 1 an dans la construction. Il fait plus que doubler dans l’industrie manufacturière, l’énergie-eau-déchets et l’hébergement-restauration. Le commerce progresse plus lentement, avec un taux multiplié par 1,3.
Pondéré par l’emploi, le classement change. L’information-communication reste en tête avec 85 % de ses effectifs dans des entreprises utilisatrices, devant l’énergie-eau-déchets (80 %). Les transports et l’entreposage passent de 9 % en nombre d’entreprises à 66 % en part de l’emploi. Les activités scientifiques et techniques (58 %) et l’immobilier (55 %) retombent en position médiane.
La France se rapproche de la moyenne européenne
Dans l’Union européenne, 20 % des entreprises utilisent l’IA en 2025. Le retard français est comblé pour les entreprises de 50 à 249 salariés. Celles de 250 salariés ou plus dépassent même le niveau européen de 3 points. Seules les moins de 50 salariés restent en deçà, de 2 points.
Par secteur, l’écart persiste dans l’information-communication (−4 points), les activités scientifiques et techniques (−7 points) et le commerce (−6 points).
Les pays du nord affichent les taux les plus élevés : de 33 % à 42 % au Danemark, en Finlande, en Suède et au Benelux. L’Allemagne atteint 26 %. L’Italie et l’Espagne sont proches de la France. La Roumanie, la Pologne, la Bulgarie et la Hongrie oscillent entre 5 % et 10 %.
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Analyse de texte et IA générative en tête des technologies
L’enquête distingue 8 technologies. Les entreprises utilisatrices en combinent souvent plusieurs : 59 % en emploient au moins 2 et 36 % au moins 3. Cette dernière proportion monte à 68 % chez les 250 salariés ou plus.
Parmi les utilisatrices, 56 % pratiquent l’analyse automatique de textes. Suivent la génération de texte ou de parole (43 %), la génération d’images, de vidéos ou de sons (41 %) et la transcription automatique de la parole (34 %).
Mesurées en part des effectifs salariés, les entreprises qui analysent du langage écrit emploient 48 % des salariés du champ, contre 27 % en 2024. La génération de langage parlé ou écrit enregistre la plus forte hausse, de 22 % à 45 %. La conversion de la parole en données exploitables gagne 21 points, à 41 %. La génération d’images, de vidéos ou de contenus audio, mesurée pour la 1re fois, atteint 42 %.
Les autres technologies progressent moins vite : apprentissage automatique pour l’analyse de données (39 %), automatisation ou aide à la décision (35 %), reconnaissance d’objets ou de personnes sur images ou vidéos (31 %) et machines se déplaçant selon leur environnement (17 %).
Sécurité informatique et administration, premiers usages
La sécurité informatique reste la finalité la plus citée. Les entreprises concernées emploient 39 % des salariés, contre 23 % en 2024. L’organisation des processus administratifs bondit de 21 points, à 38 %, et prend la 2e place. Suivent la R&D et l’innovation (35 %), la production (32 %), le marketing et les ventes (31 %) et la comptabilité-gestion (30 %). La logistique ferme la marche (18 %), malgré un doublement sur 1 an.
Pour 80 % des utilisatrices, l’IA provient de logiciels du commerce prêts à l’emploi. 73 % d’entre elles paient des services de cloud, contre 33 % des entreprises sans IA.
La réduction des coûts est le premier objectif, cité par 73 % des utilisatrices : gain de temps, économie de main-d’œuvre, automatisation des tâches répétitives. Viennent ensuite la qualité et la fiabilité des processus (64 %) et la réalisation de travaux complexes (56 %).
Le manque d’expertise, frein majeur
Parmi les entreprises sans IA, 71 % estiment ne pas en avoir besoin. Ce motif recule à 54 % chez les 250 salariés ou plus. Le manque d’expertise est cité par 54 % des non-utilisatrices, et par 73 % des grandes, pour qui il arrive en tête.
38 % mentionnent l’incompatibilité avec leurs systèmes. La même proportion évoque les risques pour la protection des données, et la même encore le flou juridique. Les coûts sont cités par 32 % et les questions éthiques par 25 %.
Les entreprises équipées rencontrent aussi des obstacles : 53 % pointent le manque d’expertise, 43 % la protection des données, 42 % le manque de clarté juridique et 33 % des coûts trop élevés.
10 % des utilisatrices réunissent près de la moitié des salariés
L’Insee identifie 5 profils. Le plus large, composé à 75 % de structures de moins de 50 salariés, regroupe 1/3 des utilisatrices autour de l’analyse de textes. Un autre, centré sur l’IA générative seule, réunit 1/4 des utilisatrices mais seulement 8 % de leurs salariés.
À l’opposé, les entreprises qui combinent au moins 5 technologies ne représentent que 10 % des utilisatrices, mais emploient 48 % de leurs salariés. Il s’agit plus souvent de grandes structures. Près des 2/3 ont développé leurs outils en interne.
L’enquête TIC 2025 a interrogé 11 000 entreprises sur leur situation au 1er trimestre. Le champ couvre environ 194 000 entreprises de 10 personnes ou plus et 13,5 millions de salariés, hors secteurs agricole, financier et d’assurance. Les usages ponctuels et individuels de l’IA par les salariés ne sont en principe pas comptabilisés.
Et les usages de l'IA en entreprise sur 2026 ?
Des enquêtes menées début 2026 affichent des taux d’adoption bien plus élevés. Elles ne mesurent pas la même chose que l’Insee. L’Insee retient uniquement un usage organisé de l’IA et écarte en principe les initiatives individuelles des salariés.
Etude Banque de France : 67 % des entreprises recourent à l’IA générative
La Banque de France a interrogé environ 7 000 entreprises entre le 25 février et le 3 avril 2026. Parmi celles d’au moins 20 salariés, 67 % déclarent utiliser l’IA générative. Ce taux va de 64 % entre 20 et 49 salariés à 83 % au-delà de 1 000 salariés. L’usage reste le plus souvent expérimental ou limité. Ces outils demandent peu de compétences techniques : les salariés y accèdent par des agents conversationnels ou des suites bureautiques.
L’IA non générative, plus proche des technologies suivies par l’Insee, concerne environ 1/3 des entreprises. Ce taux est de 31 % entre 20 et 49 salariés et de 60 % au-delà de 1 000 salariés.
Les fonctions support concentrent les usages. 74 % des entreprises utilisatrices mobilisent l’IA d’abord pour le marketing, l’administration, la finance ou les ressources humaines, contre 14 % pour la production. Parmi les utilisatrices de l’IA générative, 31 % constatent déjà des gains de productivité. Chez les non-utilisatrices, 49 % citent l’absence de cas d’usage identifiés comme premier frein. L’enquête couvre l’industrie manufacturière, la construction et les services marchands non financiers, hors commerce.
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Bpifrance : 58 % des TPE-PME ont recours à l’IA
Le baromètre Bpifrance Le Lab-Rexecode a été réalisé du 13 au 26 avril 2026 auprès d’entreprises de 1 à 249 salariés. 58 % d’entre elles déclarent recourir à l’IA, générative ou non, dont près de la moitié chaque jour. Le marketing et les ventes arrivent en tête : près de la moitié des TPE-PME y utilisent l’IA.
Dans la majorité des cas, l’IA est utilisée à l’initiative des salariés, sans cadre formalisé. 43 % des dirigeants observent une amélioration de la productivité. La difficulté à repérer des cas d’usage pertinents reste le premier obstacle, cité par 54 % des répondants.
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Un retard persistant sur la zone euro selon l’enquête de la BCE
Une autre analyse de la Banque de France nuance le rattrapage mesuré par l’Insee. Elle s’appuie sur l’enquête SAFE de la BCE de fin 2025. Selon cette enquête, 23 % des entreprises françaises font état d’un usage modéré ou important de l’IA, contre 39 % dans la zone euro. Le taux atteint 46 % en Allemagne, 44 % en Espagne et 27 % en Italie.
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L'usage de l'IA en entreprise : l’analyse de texte et l’IA générative s’imposent
Selon l’Insee, le taux d’usage de l’IA dans les entreprises françaises a triplé entre 2023 et 2025. Technologies, secteurs, usages et freins.
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