“Entre shutdown américain et tensions françaises” Julien Quistrebert, Tailor AM


Un marché américain encore peu affecté par le shutdown
Le shutdown aux États-Unis se poursuit, on arrive au huitième jour. Quelles conséquences pour les marchés américains ? Et à moyen terme, quelles conséquences macroéconomiques ?
Pour l'instant, le marché en tout cas semble assez immune au sujet du shutdown. Mais c'est vrai que les discours sont assez agressifs, en tout cas du côté du gouvernement Trump, avec des salaires qui ne pourraient pas être payés et éventuellement des licenciements. En tout cas, c'est une menace en direction des démocrates. Si vous poursuivez le blocage, on pourrait licencier des gens. Le 15 octobre semble être une date quand même assez importante, puisque c'est le paiement des salaires des militaires. Et donc là, ça pourrait en tout cas pousser à bouger les lignes. Mais la conséquence, évidemment, c'est le marché de l'emploi, difficile. Donc on n’a plus de statistiques officielles, bien entendu. Les chiffres de l'ADP de la semaine dernière étaient quand même assez négatifs, 32 000 destructions d'emplois. Assez cohérent avec un ISM manufacturier ou des services à partie « nouvelles commandes » qui étaient plutôt dans le sens d'une dégradation. La seule bonne nouvelle, c'est toujours l’IA, toujours la locomotive en termes d'investissement : 4 % du PIB, mais 92 % de la croissance américaine sur le premier semestre. Et donc c'est là évidemment que tous les regards sont tournés, notamment sur l’aspect soutenabilité, les sujets classiques, monétisation, mais aussi l'accès à l'électricité, puisqu'avec la multiplication des data centers, on a un vrai sujet de production électrique qui pourrait apparaître aux États-Unis.
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Des tensions politiques et financières en France avec l’écartement du spread
On a parlé d'instabilité, ça nous ramène à la France, avec des conséquences déjà sur le spread français.
Effectivement, les spreads continuent de se tendre. Le spread français est passé au-dessus du spread italien. Donc, beaucoup d'attentes aujourd'hui sur le corps nu et les dernières rencontres qu'il pourrait y avoir pour former un gouvernement, peut-être avec les socialistes. La mauvaise nouvelle pour le déficit, c'est qu’en balance, ce serait la réforme des retraites qui pourrait être abandonnée et donc des déficits additionnels à la clé. Toujours la même chose en France : beaucoup de difficultés à se réformer. On ne veut pas voir la réalité en face. On a beaucoup d'imagination, comme pour faire le concours LEPI, pour créer de nouveaux impôts, mais il y a un environnement qui reste extrêmement compliqué. On a toujours la BCE qui sera là pour soutenir, évidemment, s'il y a un écartement trop important des spreads, mais on voit que la zone, en tout cas le passage de crête, est assez complexe, alors même qu'en Europe, la fonction se maintient. Donc la BCE devrait maintenir son statu quo, et aussi bien les ventes de détail que les commandes à l'industrie en Allemagne pèsent un petit peu sur les perspectives.
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Le Japon entre dans une nouvelle ère politique et économique
On va finir avec le Japon, qui a une nouvelle Première ministre avec une approche assez marquée. Qu'est-ce que ça peut changer pour l'économie japonaise qui stagne un peu depuis quelques années ?
Écoutez, déjà, c'est la première fois que le Japon a une femme comme Première ministre, donc c'est effectivement un changement. Au niveau politique, on a une approche assez « trumpiste », puisque même idée : augmenter les déficits publics pour faire de la relance. Critique de la Banque du Japon, notamment avec la normalisation de la politique monétaire et le retour de l'inflation. La conséquence logique, c'est qu'on voit les taux longs se tendre, un peu comme chez Trump d’ailleurs. On a l'impression qu'il y a une difficulté à faire la différence entre les politiques des banques centrales qui concernent les taux courts et les taux longs, qui eux sont effectivement assez négatifs pour l'économie et notamment pour le marché immobilier.
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