Vacances 2026 : l’épargne au cœur des arbitrages des Français

Sur fond de tensions internationales et de hausse des coûts de l’énergie, Alliance France Tourisme présente, avec l’Ifop, une enquête consacrée aux intentions de départ des Français pour l’été 2026. Les vacances restent un moment désiré, mais leur représentation évolue : moins tournées vers l’évasion lointaine et l’exposition, elles s’inscrivent davantage dans une logique de proximité, de sobriété et de recentrage.
Les résultats confirment un ralentissement significatif :
68% des Français prévoient de partir au moins une semaine, soit une baisse de 9 points vs 2025
37% se déclarent certains de partir, contre 50% en 2025
Ce recul s’explique à la fois par les tensions internationales, qui influencent les choix de destination, et par la hausse des coûts, notamment des transports, directement liée à l’augmentation des prix de l’énergie.
Les écarts restent marqués selon les niveaux de revenus : 84% des catégories aisées envisagent un départ, contre seulement 58% des catégories modestes, confirmant que les vacances s’inscrivent de plus en plus comme un marqueur social.
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Budget vacances : un repli qui traduit la pression sur le pouvoir d’achat
La contrainte budgétaire s’intensifie nettement en 2026. Les budgets les plus faibles progressent, avec 35% des Français prévoyant moins de 1000€, contre 31% en 2025. À l’inverse, les budgets supérieurs à 3000€ reculent à 11%, contre 15% un an auparavant.
Le budget moyen s’établit à 1530€, en baisse d’environ 150€, illustrant un resserrement global des capacités de dépense.
Face à ces contraintes, les arbitrages sont clairs : 51% des Français comptent réduire leur budget vacances, en jouant d’abord sur la durée ou la fréquence des séjours, puis sur les dépenses sur place et la recherche d’offres plus économiques.
Malgré ce contexte, les vacances restent un moment attendu : 48% des Français expriment un besoin de prendre l’air et 47% évoquent un sentiment de bonheur. Mais les signaux de fragilisation se multiplient : 19% mentionnent des contraintes budgétaires et 18% déclarent que les vacances ne leur évoquent rien de particulier, un niveau en forte hausse. Les vacances oscillent ainsi entre nécessité psychologique et arbitrage économique.
L’épargne devient un indicateur clé des arbitrages
Dominique Marcel, Président de l’Alliance France Tourisme souligne : « Cette étude montre qu’il n’y a pas d’effondrement des intentions de départ des Français, qui restent très attachés aux vacances, mais que les premiers effets de la situation actuelle commencent à se faire sentir, sous l’effet conjugué des préoccupations de sécurité et du renforcement des contraintes budgétaires. Elle met en évidence que ces contraintes pèsent désormais de manière plus marquée dans les choix de vacances. Dans un contexte de tensions internationales et de hausse des prix, notamment énergétiques, le recours croissant à l’épargne des ménages en constitue un signal tangible. Cette évolution appelle à repenser les leviers d’une politique touristique à la fois ambitieuse et inclusive, capable de préserver l’accès aux vacances pour tous tout en soutenant une industrie stratégique pour notre économie. »
86% des français déclarent utiliser leur épargne pour financer leurs vacances
Un des enseignements de l’étude réside dans le mode de financement des vacances. 86% des Français déclarent utiliser leur épargne pour financer leurs séjours, tandis que les autres solutions, chèques vacances, aides ou crédit, restent largement minoritaires. Ce recours massif à l’épargne traduit une évolution structurelle : les vacances ne sont plus financées par des revenus “courants”, mais reposent sur une capacité préalable à épargner. Ce phénomène accentue mécaniquement les inégalités d’accès, tout en révélant une transformation des comportements financiers, où l’épargne devient un amortisseur face aux dépenses de loisirs.
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Tourisme 2026 : 71% choisissent la France
Dans ce contexte, les Français privilégient des destinations perçues comme accessibles et sécurisées. 71% choisissent la France, en hausse par rapport à 2025, contre 23% pour l’Europe et seulement 9% pour les destinations lointaines. Cette évolution s’explique par la hausse des coûts de transport, mais aussi par une recherche de stabilité dans un environnement international incertain.
Les modes de transport confirment cette tendance : 68% des Français utilisent leur véhicule personnel, tandis que le recours à l’avion recule à 24%, le train restant stable à 18%.
Les choix d’hébergement illustrent également les contraintes à l’œuvre. Si les locations saisonnières restent dominantes, leur dynamique ralentit, avec un recul des plateformes comme Airbnb. Parallèlement, l’hébergement gratuit progresse fortement, atteignant 32% pour les courts séjours et 31% pour les longs séjours. Le camping connaît également un regain marqué.
Étude Ifop pour Alliance France Tourisme menée auprès de 1 002 personnes représentatives de la population française, interrogées en ligne du 17 au 20 mars 2026.
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