Sextant Regatta 2031 : une stratégie High Yield à échéance pour gagner en visibilité

Alors que les marchés obligataires ont connu plusieurs épisodes de volatilité ces derniers mois, le segment du High Yield continue d’offrir des rendements attractifs. Olivier Becker, Responsable de la Gestion obligataire chez Amiral Gestion, décrypte l’impact du contexte macroéconomique sur les obligations d’entreprises et explique pourquoi le fonds Sextant Regatta 2031 conserve, selon lui, un potentiel d’investissement intéressant.
Commençons cette interview par un point sur le marché
Un marché marqué par le retour des tensions inflationnistes
Olivier Becker : C'est vrai que la guerre en Iran, c'est surtout un choc inflationniste, puisqu'avec la fermeture du détroit d'Ormuz, ça s'est traduit par une formidable hausse du prix de l'énergie, du pétrole en particulier, qui est passé d'à peu près 60 $ à 100 $ aujourd'hui. Et donc, ça a fait ressurgir les craintes inflationnistes. Et pas que des craintes. D'ailleurs, dans la réalité, l'inflation en Europe dépasse désormais 3 %. Donc, face à ce choc, traditionnellement, nous avons des banques centrales qui doivent agir. Pour donner un exemple très concret avec la BCE, nous n'attendions rien de la BCE en 2026. Et désormais, nous nous attendons à ce qu'elle hausse ses taux 3 fois cette année. Donc, un changement majeur de politique monétaire.
Voir aussi : « High Yield : saisir un point d’entrée pour les fonds à échéance »
Sextant Regatta 2031 : une stratégie obligataire High Yield à échéance 2031
Olivier Becker : Sextant Regatta 2031, comme son nom l'indique, c'est un fonds à échéance avec une maturité fixe de 2031. Et l'ensemble des obligations qui sont dans ce portefeuille ont une contrainte de maturité, c'est-à-dire qu'elles sont au maximum avec une durée jusqu'en 2031. Nous avons un univers d'investissement qui est celui des entreprises à haut rendement européennes. Ce sont des entreprises qui donnent un peu plus de rendement, une rémunération supérieure aux très grandes entreprises que nous pouvons trouver dans le CAC 40, par exemple. Pour autant, ce sont des entreprises de très bonne qualité que nous connaissons tous probablement et que nous avons dans notre quotidien : Betclic, Golden Goose, Renault ou Free, par exemple. Aujourd'hui, le portefeuille est constitué d'une centaine de ces entreprises, donc très diversifiées, avec un rendement proche de 6 %.
Comment s'est comporté le fonds Sextant Regatta depuis son lancement ?
Olivier Becker : Le portefeuille a été lancé il y a 1 an et demi. Il a fait une très belle première année en 2025. Effectivement, il a été soumis à un peu de volatilité au mois de mars, dans le contexte que vous avez décrit au début. La valeur liquidative a un peu baissé, mais elle a déjà retrouvé son niveau d'avant-crise. Nous avons eu un rebond très net de la performance en avril et en mai, et cela se poursuit aujourd'hui. Pendant cette période de turbulence, nous sommes restés très actifs. Nous avons évidemment vérifié que nous avions des entreprises capables de s'adapter et de traverser cette crise inflationniste. L'avantage, c'est que nous connaissons ces entreprises depuis très longtemps. Nous les avons vues traverser le Covid, nous les avons vues traverser 2022.
Nous sommes restés aussi assez actifs sur le marché primaire, c'est-à-dire les nouvelles obligations émises par les entreprises. À titre d'illustration, parce que la Coupe du monde est sur le point de commencer, nous avons investi dans une entreprise qui s'appelle Egis, une société française mais très internationale, qui conçoit et exploite des infrastructures. C'est la première société qui avait construit un stade entièrement démontable à partir de conteneurs maritimes à l'occasion du mondial de foot au Qatar. C'est ce genre de choses que nous faisons malgré les turbulences du marché.
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Est-ce que c'est toujours le bon moment d'investir dans un fonds à échéance ?
Olivier Becker : Un des avantages d'un fonds à échéance, c'est sa visibilité, c'est le fait de connaître le point d'entrée et le point d'arrivée. Dans ces périodes où il y a encore de l'incertitude, avoir une solution d'investissement qui donne de la visibilité est clairement un atout. Deuxième élément : nous avons des entreprises dans le portefeuille que nous connaissons très bien, que nous analysons au quotidien et qui sont robustes. Enfin, le rendement est proche de 6 %, un niveau assez rarement observé dans l'histoire du High Yield. Avec des entreprises de qualité, nous pensons qu'effectivement, c'est toujours le bon moment.
Episode 1 de la série Sextant Regatta 2031 : Sextant Regatta 2031 : la stratégie du ballon de rugby
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