Kevin Warsh met les taux longs sous pression

Extrait de la lettre hebdo APICIL AM
La principale nouvelle est tombée vendredi lorsque D. Trump a annoncé Kevin Warsh comme son candidat à la présidence de la Fed.
Cette nomination a déclenché une vente généralisée multi-actifs. Les investisseurs se débarrassent des dossiers les plus « embouteillés » du moment. Les métaux, les minières, les semi-conducteurs, les banques européennes et certains indices comme le Kospi coréen, sont autant d’exemples récents de hausses extrêmes. Les crypto-monnaies poursuivent leur déroute, et les géants de la Tech sont discriminés à la lumière des publications de résultats qui tombent dures.
Les marchés anticipent que Kevin Warsh adopterait un positionnement plus « hawkish » que les autres candidats,
en particulier sur la gestion du bilan, ce qui exerce une pression accrue sur les taux longs. Cette lecture se traduit par un mouvement de pentification des courbes de taux, observable à l’échelle globale. Les investisseurs intègrent notamment l’hypothèse selon laquelle Warsh s’opposerait : à l’activisme monétaire passé de la banque centrale, à toute forme de monétisation de la dette publique, ainsi qu’à une tolérance excessive vis-à-vis de l’inflation.
Ce scénario se traduit par une pression baissière à court terme sur les marchés actions, mais apparaît plus rassurant à long terme pour l’équilibre monétaire, la crédibilité de la Fed et, in fine, pour les actifs américains, en particulier les obligations souveraines et le dollar.
Ancien gouverneur de la Réserve fédérale entre 2006 et 2011, Kevin Warsh, 55 ans, s’est historiquement distingué par son attachement à l’indépendance de la banque centrale et par une approche orthodoxe de la politique monétaire. Préalablement, il a exercé comme banquier en fusions-acquisitions chez Morgan Stanley. Il est désormais chercheur à Stanford University, au sein de la Hoover Institution, et bénéficie à ce titre d’une crédibilité élevée auprès des cercles financiers de Wall Street.
Après une phase d’euphorie marquée par des records historiques et des progressions exponentielles, l’ensemble des métaux, de l’or à l’argent en passant par le cuivre, connaît une phase de correction marquée. Les facteurs explicatifs sont difficiles à hiérarchiser. Le point de départ est sans nul doute un mouvement de prises de bénéfices lié à la nomination de Kevin Warsh et au rebond du dollar consécutif. Ce mouvement est accentué par des nouvelles exigences en appels de marge au sein du CME, dans un contexte de volatilité accrue des métaux et d’un durcissement du cadre réglementaire en Chine sur le marché de l’or. Un regain d’optimisme après l’atténuation du risque de Shutdown, dans un climat de discussions jugées constructives entre la Maison-Blanche et certains élus démocrates, vient également contribuer.
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L’argent a connu sa plus forte chute depuis 1980 de 26%
Après avoir atteint un record à 5 417 $/oz, vendredi, l’or (-9%) a enregistré sa plus forte baisse quotidienne depuis 2013. L’ampleur et la vitesse de la hausse récente rendaient une phase de respiration inévitable. Le RSI de l’or, indicateur de surchauffe et de positionnement, a fait une pointe à 95, pour la première fois de son histoire. Quoi qu’il en soit, les fondamentaux de long terme demeurent solides, portés par une offre contrainte et une demande structurellement soutenue.
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Le S&P 500 a brièvement dépassé le seuil des 7 000 points mercredi, avant de finir la semaine proche du point de départ. Le retournement des actions s’explique en partie par les résultats de Microsoft, qui ont fait chuter le titre de -10 % (cf. le graphique de la semaine). Le message est clair : les investisseurs ne cherchent pas à sortir du marché, mais à identifier la prochaine jambe du « bull market ».
D’un point de vue macroéconomique, la croissance européenne se porte bien en fin de parcours 2025
Le PIB de la zone euro ressort à +0,3 % en glissement trimestriel, supérieur aux attentes, portant à ce stade la croissance 2025 autour de +1,5 %. Des écarts de croissance restent marqués au sein de l’UE. Les économies les plus dynamiques sont la Pologne (+3,6 %), l’Espagne (+2,8 %) et le Portugal (+1,9 %). À l’opposé, l’Allemagne (+0,3 %), l’Italie (+0,7 %) et la France (+0,9 %) affichent des performances modestes. Dans l’Hexagone, la croissance est pénalisée par un ajustement négatif des stocks. La consommation des ménages demeure néanmoins dynamique (+0,3 % contre +0,1 % précédemment), limitant l’ampleur du tassement.
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